Aménagement

Un quartier centré sur le Rhin entre Strasbourg et Kehl

Cinq équipes de conception inspireront l’urbanisation des anciennes emprises douanières françaises et allemandes, sur quatre hectares de part et d’autre du Rhin à Strasbourg et Kehl.

Pour se ménager la possibilité de marier plusieurs équipes de conception urbaine susceptibles de transformer leur ancienne cour douanière, Strasbourg et Kehl ont choisi le droit allemand. Présidé par Henri Bava, fondateur de l’Agence TER, le jury d’urbanisme transfrontalier a décerné quatre prix, dont deux premiers ex-aequo, à l’issue de sa réunion du 17 janvier. Les rémunérations atteignent 35 000 euros pour les deux champions, 15 000 et 10 000 pour les troisième et quatrième prix. Les deux maîtres d’ouvrage ont acheté les idées d’une cinquième équipe pour 5000 euros.

 

Des différences légitimées

 

« J’avoue avoir connu des moments d’angoisse, en mesurant la différence entre nos deux identités : en Allemagne, un village dense au bord du Rhin ; en France, une grande ville autour de l’Ill. Cette procédure allait-elle aboutir ? » Roland Ries, maire de Strasbourg, ne cache ni ses états d’âme, ni les fossés culturels et géographiques qui séparent les deux rives du Rhin. « A l’élan d’enthousiasme caractéristique des concours d’architecture et d’urbanisme français, l’Allemagne oppose sa culture du consensus et du compromis, qui donne une dimension plus bureaucratique à ce type de consultation », commente Henri Bava. La topographie des lieux complique l’approche conjointe : alors qu’une digue protège Kehl du fleuve, Strasbourg se réserve la possibilité d’un front urbain directement connecté au Rhin.

L’unanimité s’est finalement constituée autour de la proposition d’un palmarès avec deux co-leaders, formulée par Gunther Petry, maire de Kehl. Les cinq équipes retenues répondent à des exigences complémentaires, tant du point de vue de la nature des opérations que de leur calendrier. La commune allemande continuera à piloter des études détaillées associant chacun des lauréats.

 

Epicentre d’une agglomération transfrontalière

 

Ce dénouement découle du programme national Ecocités, décliné dans la capitale alsacienne à travers un dossier défendu conjointement par les deux communes riveraines du Rhin, associées à la Communauté urbaine et au port autonome de Strasbourg. Thème du concours d’urbanisme jugé le 17 janvier, les emprises douanières en constituent l’épicentre. Elles donnent un contenu urbain à une démarche engagée au début des années 2000 sous un angle paysager, avec le Jardin des Deux Rives inauguré en 2004 au sud des cours douanières. Sur la rive française, les résultats du concours faciliteront la mise en cohérence de plusieurs projets déjà engagés ou prêts à démarrer : une crèche franco-allemande, un programme de 400 logements et une clinique privée.

L’emprise du projet se situe à l’extrémité orientale du schéma directeur des deux rives, dessiné par l’urbaniste Bernard Reichen avec le paysagiste Alfred Peter, sur les 195 hectares de friches qui séparent le centre de Strasbourg et la gare de Kehl. Ce schéma concrétise la mutation historique d’une ville qui a longtemps tourné le dos à ses voisins allemands et à son fleuve. D’ici à la fin 2013, une Zac Multisites marquera une étape opérationnelle majeure dans la mise en œuvre de cette vision. Jusqu’en 2017, la construction du tramway transfrontalier catalysera l’approche urbaine conjointe des deux villes.

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