Bâtiment

Un prototype d’extension de façade à l’Insa Strasbourg

Mots clés : Architecte - Conception - Conservation du patrimoine - Politique énergétique - Rénovation d'ouvrage

L’école d’architectes et d’ingénieurs de Strasbourg a livré, sur son site, une extension en porte-à-faux qui a mobilisé les étudiants de ses différentes disciplines pour concilier rénovation thermique et préservation d’un patrimoine architectural.

L’Insa Strasbourg a désormais vue sur la ville. L’école d’architectes et d’ingénieurs vient d’installer son «balcon», en fait une extension en porte-à-faux au deuxième étage de la façade Sud de son bâtiment. Modeste en surface et en coût (un peu moins de 100 000 euros), l’ouvrage recueille toutefois l’attention et justifie la fierté de l’établissement par sa relecture de la conservation d’un élément du patrimoine et l’exemplarité du travail interdisciplinaire entre les deux familles d’étudiants, architectes et ingénieurs.

L’enjeu consistait à rendre conforme à la réglementation thermique actuelle les façades Sud datant de 1955. Dans ce contexte, les baies vitrées d’origine semblaient vouées à disparaître. Mais l’école a souhaité les conserver en raison de leur intérêt patrimonial, générateur d’un avantage singulier sur le plan énergétique: ces baies basculantes sont constituées d’une double vitre séparée par un store, ce qui optimise les apports solaires jusqu’à créer un effet de serre, très agréable en hiver, voire excessif en été ! «Le projet de balcon a proposé une solution de rénovation énergétique alternative à l’isolation par l’extérieur, qui privilégie l’apport solaire», décrit Franck Guêné, enseignant-chercheur en architecture à l’Insa, à l’origine du projet.

 

«Greffe habitable»

 

Sur une ossature principale en acier et secondaire en aluminium, l’extension combine deux portes en vitrage simple et deux façades latérales en double vitrage. «Elle crée un effet d’échange thermique. En outre, la solution telle qu’agencée laisse la voie ouverte aux évolutions techniques qui pourront émerger dans le futur», ajoute Franck Guêné. Et ce cube de 12 m2 au sol (dalle béton) et 3,50 mètres de haut peut se prêter à tout type d’usage imaginable, d’où son nom de «greffe habitable».  

La réalisation a représenté un coût d’environ 90 000 euros qui a été financé à plus de 80% par la fondation Arconic (ex-Alcoa) et le groupe EDF/ES (Electricité de Strasbourg).

Née sur les bancs du département d’architecture de l’Insa, l’idée a très vite associé les deux autres formations de l’école, le génie climatique/énergétique et le génie civil, pour aboutir à un travail interdisciplinaire que l’établissement souhaite reproduire autant que possible. Au total, une centaine d’étudiants ont participé, de manière plus ou moins intense, pendant trois ans.

Vingt-cinq propositions ont débouché sur cinq projets qui ont été approfondis. Deux ont été retenus au final: cette «greffe habitable» et une double peau de verre acrylique incrustée de copeaux métalliques récupérés. Il reste à trouver le financement pour la mise en œuvre de ce second projet.

Pour des raisons de responsabilité, le projet s’est appuyé sur des professionnels pour le porter officiellement. Ainsi, la maîtrise d’œuvre associe le bureau d’études structure Capem au cabinet d’architecture Urbane Kultur qui a accueilli deux étudiants en stage puis embauché une des étudiantes.

 

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  • - Le

    Blague?

    Bonjour comment est ce que 12 m² à un peu moins de 100 000 € deviennent une solution modeste?
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  • - Le
    Je sais, suite à une visite faite dernièrement à Strasbourg que l’INSA est proche des préoccupations de l’ONU. Cela me rapproche d’autant plus de l’INSA que je suis un ancien de cette école d’ingénieurs qui s’appelait à l’époque l’ENIS Ce projet m’intéresse et je pense pouvoir aider si l’on me communique plus de détails sur ce projet Balendard octobre 2016
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