Profession

«Un projet réussi est un projet réfléchi plus que dispendieux en termes de matériaux», Christophe Sonnendrucker, président de l’Apump

Mots clés : Maîtrise d'ouvrage - Métier de la construction

Forts d’un partenariat initié en 2008, l’association des professionnels de l’urbanisme de Midi-Pyrénées (Apump), Les Urbanistes du Languedoc-Roussillon (ULR) et l’association des professionnels de l’urbanisme d’Aquitaine (Apua) organisent ce jeudi 1er décembre à Toulouse la cinquième édition des «Echanges urbains». Loin de tout palmarès, cette manifestation destinée aux élus, techniciens et professionnels de l’urbanisme et du cadre de vie se veut un espace de rencontre et de découverte de 40 projets du Grand Sud-Ouest et d’Espagne récemment réalisés ou en cours d’étude. Pendant toute la journée, maîtres d’ouvrage et maîtres d’œuvre présenteront ensemble ces projets, en 40 minutes.

Christophe Sonnendrucker, président de l’Apump depuis 2011, explique la thématique de cette cinquième édition.

 

Comment se présente cette nouvelle édition des «Echanges urbains» ?

Christophe Sonnendrucker : Nous espérons rassembler une fois encore près de 500 participants venus écouter la présentation des 40 projets sélectionnés. La manifestation, que nous organisons depuis 2008, tous les deux ans, est aujourd’hui bien installée. Elle a montré qu’elle répond aux attentes. Loin d’un palmarès, notre manifestation cherche à mettre en avant les enseignements tirés de la pratique de projets en cours ou réalisés et de dégager ainsi les évolutions, les tendances et les problématiques liés au cadre de vie dans nos villes et villages. Ces échanges nous incitent à améliorer, avec modestie, nos propres pratiques. Comme les années précédentes, nous avons essayé de trouver un équilibre régional et par thématique. La configuration du centre des congrès Pierre-Baudis nous permet de présenter en parallèle quatre projets et, ainsi, de traiter des sujets différents : projets de territoire et politique de l’habitat, renouvellement urbain, nouveaux quartiers, espaces publics, nature en ville et préservation de la ressource, démarches de participation, méthodes. Cette année, nous ferons un focus sur l’intelligence des moyens. Dans un contexte économique plus difficile, il est important de montrer qu’un projet réussi est un projet réfléchi plus que dispendieux en termes de matériaux.

 

Pourquoi avoir créé ces rencontres ?

C. S. : En 2008, nous avions le sentiment, dans l’ex-région Midi-Pyrénées, d’avoir du retard par rapport à nos voisins sur la question du pilotage des projets urbains et sur celle de la qualité de l’espace public. La manifestation est née de l’envie de créer une dynamique et de donner à voir ce qui se passe sur une échelle interrégionale. Nous l’avons donc montée avec le soutien de l’association des professionnels de l’urbanisme du Languedoc-Roussillon, tout en l’ouvrant à l’Aquitaine et à l’Espagne. L’urbanisme ne se fait pas à coup de réglementations, mais plutôt dans le cadre d’échanges d’expériences. Notre ambition est de faire progresser la qualité de l’urbanisme dans nos régions.

 

L’Apump fête ses 20 ans cette année. Quel bilan faites-vous ?

C. S. : Avec l’association des urbanistes du Languedoc-Roussillon (ULR), nous sommes l’association qui compte le plus grand nombre d’adhérents avec une centaine de membres. Composée d’un cercle actif d’urbanistes militants et volontaires, l’Apump est une émanation de la démarche de professionnalisation du métier d’urbaniste. D’ailleurs, un de ses membres fondateurs, l’urbaniste Louis Canizares, est aussi fondateur de l’OPQU. La raison d’être de l’Apump est de faire vivre la profession, de promouvoir la qualité urbaine auprès des maîtres d’ouvrage par des actions et enfin, de faire le lien entre les différents modes d’exercice. Cela passe par les Echanges Urbains, des conférences, des expositions, des balades urbaines. Nous avons installé un partenariat durable avec Toulouse Métropole sous forme de convention-cadre qui intègre d’ailleurs la manifestation des «Echanges urbains». En 2017, nous avons le projet d’organiser au printemps ou à l’automne «Les journées de la ville » sur l’ensemble du territoire des 37 communes membres de Toulouse Métropole. Nous nous adressons au grand public pour lui montrer qui fait la ville. Cette année, pour la première fois, nous avons établi un partenariat avec l’Agence de l’eau Adour-Garonne. Il s’articule autour de trois axes : la rédaction d’un guide sur l’eau et l’urbanisme, visites de projets d’aménagement autour de l’eau, la conduite d’actions ciblées sur les trames bleues, la gestion de la ressource, etc. Ainsi, le 14 octobre dernier, nous avons organisé ensemble une journée d’échanges à Montauban autour de la thématique de l’eau et de l’urbanisme et avons poursuivi avec une visite de l’aménagement des berges du Tarn puis de la renaturation de celles du ruisseau du Grand Mortarieu, situé en milieu urbain au nord de la commune.

 

Comment se porte la profession ?

C. S. : Les adhérents de l’Apump, une centaine, sont des urbanistes installés en libéral, des salariés d’agences privés, de collectivités, d’organismes publics ou parapublics comme les CAUE. Il est pourtant difficile de motiver les urbanistes du secteur public et la majorité, actuellement, est issue du privé. Ils souffrent tous d’une tendance générale de baisse des coûts des études alors que les exigences des prestations et compétences demandées croissent et se complexifient. Pourtant les urbanistes innovent et apportent des solutions pragmatiques qui permettent de réaliser des économies dans les investissements publics. L’adhésion à l’Apump est individuelle et ce choix est important. Nous sommes d’abord une association où on a le plaisir de se retrouver et d’échanger. La priorité est la convivialité, mais nous sommes des professionnels et il y a des moments où on nous fait remonter des pratiques ou des appels d’offres choquants. Dans ce cas, tant que possible, nous alertons le maître d’ouvrage. On le fait avec les moyens du bord. Personnellement, je milite pour une qualification et une déontologie, et je soutiens les actions du Conseil français des urbanistes (CFDU) et de l’Office de qualification des urbanistes (OPQU).

Le programme et le livret de présentation des projets sont téléchargeables sur www.apump.org.

 

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