Paysage

Un potager sur un toit de l’hôtel de ville de Paris

Mots clés : Eau de pluie - Etanchéité - Toiture

Le potager inauguré le 18 octobre sur une toiture de l’hôtel de ville de la capitale consacre une alliance entre les compétences du paysage, de l’agriculture urbaine, de l’étanchéité du bâtiment et de la gestion des eaux pluviales. Quatre entreprises s’engagent pour une expérimentation de trois ans.

« Délicieuses et sucrées » : Pénélope Komitès, adjointe à la maire de Paris chargée des espaces verts, ne cache pas son plaisir, en savourant les fraises produites sur le toit du potager de la caserne Napoléon, dépendant de l’hôtel de ville. Une émotion atavique saisit Marc Loiseleur, P-DG de l’entreprise de paysage éponyme : « Je produis des fruits et légumes à deux pas des Halles, où mon grand-père livrait ses fleurs ».

 

Récoltes attendues en 2017

 

L’aventure humaine se conjugue avec l’expérimentation scientifique, autour du potager de près de 1 000 m2, installé sur une toiture plate des bâtiments municipaux situés au 4 rue Lobau, dans le IVe arrondissement. Choisies par la Ville en 2012, les quatre entreprises partenaires ont investi sur leurs propres deniers les 60 000 euros nécessaires à l’aménagement d’une surface de près de 1 000 m2, dont les trois quarts dédiés au potager et aux pieds de vignes, encadrés dans des bacs. Une pelouse synthétique occupe le reste de la surface. Le calendrier des travaux d’aménagement, achevés en juin, n’a encore permis de réaliser à ce jour qu’une partie non significative des plantations.

« Nous avons la chance de pouvoir mener cette expérimentation dans la durée », se réjouit Marc Loiseleur. Les quatre partenaires se donnent trois ans pour répondre aux questions d’adéquation entre substrats et plantations, de comestibilité, de qualité gastronomique et d’impact du jardin sur les pics de température, qui, avant l’aménagement, avoisinaient les 45°C. Ils bénéficient de l’accompagnement scientifique de l’Etat, à travers le Centre d’études et d’expertise sur les risques, la mobilité et l’aménagement (Cerema). Outre l’entreprise de paysage, le groupement comprend Nidaplast pour la gestion et le stockage des eaux pluviales, Siplast pour la fourniture des produits d’étanchéité et Urbagri, spécialiste de l’agriculture urbaine, pour la coordination du projet lauréat d’une consultation de la ville de Paris sur la végétalisation innovante.

 

L’étanchéité d’abord

 

Sur la toiture non accessible à l’origine, les travaux ont d’abord mobilisé l’entreprise Couvertex, pour la pose d’une étanchéité résistante aux charges et aux racines. Siplast a fourni les membranes de sa gamme Silver, équipées de puces connectées par radio pour en mémoriser l’origine, dans le cadre d’une garantie de 20 ans. Les structure alvéolaires en nid d’abeille de Nidaplast filtrent l’eau dans des bassins enterrés qui stockent jusqu’à 100 l/m2 sous le potager. Alimentée par les pluies longues ou importantes collectées depuis les verrières voisines et les bacs de plantation, cette nappe phréatique artificielle alimente les plantes en période sèche, via des nappes textile.

 

Enquête technique nouvelle

 

« Il s’agit de la première expérimentation du système Wateroof, développé avec Siplast, dans un potager de toiture extensif », souligne Luc Nuttens, chargé du marketing et du développement chez Nidaplast. Cette partie de l’expérimentation a suscité une enquête technique nouvelle menée par Socotec, une étape qui pourrait aboutir à la délivrance d’un avis technique. En aval, la recherche sur les substrats fait la part belle au recyclage : « Les essais s’inscrivent dans une dynamique d’économie circulaire », se réjouit Marc Loiseleur.

 

Marché prometteur et ouvert

 

A l’issue de cette expérimentation, les quatre partenaires espèrent contribuer à ouvrir le marché des toitures des promoteurs et des bailleurs sociaux. L’impulsion de la ville de Paris connaîtra une prochaine étape le 3 novembre, avec la publication des lauréats de l’appel à projets sur les « parisculteurs », qui a suscité 140 candidatures pour 40 sites, dont le toit de l’Opéra Bastille. Sur ce même thème, dix appels d’offres municipaux en cours pour des végétalisations de toiture ont ouvert un nouveau champ aux entreprises du paysage : dans trois cas sur 10, le maître d’ouvrage souhaite confier le mandat à l’une d’entre elles, plutôt qu’à l’étancheur.

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