Transport et infrastructures

Un pont ferme chaque jour en France

Mots clés : Conservation du patrimoine - Établissements industriels, agricoles, ICPE - Ouvrage d'art

Christian Tridon tire le signal d’alarme. Pour le président du Syndicat national des entrepreneurs spécialistes de travaux de réparation et renforcement de structures (Strres), il devient aujourd’hui urgent de se pencher au chevet des ouvrages d’art, un patrimoine construit, pour l’essentiel en France, dans les années 1950.

« Un pont ferme chaque jour en France. Et encore, ce chiffre est en deçà de la réalité… » Quelques semaines après la tenue, à Paris, du premier Sommet mondial de l’entretien et de la préservation du patrimoine routier et du recyclage, Christian Tridon, le président du Syndicat national des entrepreneurs spécialistes de travaux de réparation et renforcement de structures (Strres), enjoint, à son tour, les pouvoirs publics à prendre au sérieux le vieillissement des ouvrages d’art, un patrimoine plus que demi-séculaire en France. « Prolonger la vie de ce patrimoine est une nécessité ! », rappelle Christian Tridon. « En une soixantaine d’années, nous avons pu forger une solide expertise concernant les processus de vieillissement à l’œuvre et les pathologies des structures. Les laboratoires français sont à la pointe dans ce domaine », ajoute-t-il.

La construction neuve pâtissant de la conjoncture économique actuelle, le marché de l’entretien et de la réparation devient un refuge pour bon nombre d’entreprises qui se spécialisent sur ce secteur. « Faire de la réparation d’ouvrages d’art est un vrai métier. Les gestionnaires ont besoin d’ingénieurs spécialisés capables de diagnostiquer l’état de vétusté d’un pont et d’engager des travaux de réparation si besoin », fait savoir le président du Strres. Selon le syndicat, le budget optimal pour maintenir le patrimoine à un niveau de service satisfaisant est de 25 euros par m² (de tablier de pont) par an, et la valeur neuve des 200 000 ouvrages français est d’environ 200 milliards d’euros.

 

« L’état des ouvrages d’art en France se rapproche de la ligne rouge »

 

Pour corriger les processus courants de vieillissement et de dégradation des structures – ou tout au moins en retarder au maximum les effets –, des solutions techniques existent déjà. Les bétons fibrés à ultra-hautes performances (BFUHP) présentent, par exemple, le double avantage d’offrir des résistances mécaniques remarquables (environ 200 MPa) tout en économisant l’emploi de matières premières. L’utilisation de matériaux composites collés est également une voie à explorer, notamment en ce qui concerne la réparation des viaducs à travées indépendantes et à poutres précontraintes (VIPP). Toutefois, le bon sens et le sens de la mesure semblent être promis à un bel avenir. « Qui dit ouvrages sophistiqués, dit pathologies sophistiquées », résume Christian Tridon.

« L’état des ouvrages d’art en France se rapproche de la ligne rouge », insiste le président du Stress. « Il est malheureusement à craindre que les pouvoirs publics ne s’aperçoivent de la situation que lorsqu’il y aura des accidents… », poursuit-il. Pour sensibiliser l’ensemble des parties prenantes, le Stress, en collaboration avec l’Association française de génie civil (AFGC), organisera son vingtième colloque « Le Pont » à Toulouse, les 14 et 15 octobre prochains, dont le thème sera « La gestion des ouvrages d’art d’hier et de demain » (avec une visite du viaduc de Millau). L’occasion pour les acteurs de faire le bilan de 20 années et d’esquisser des pistes pour les 20 ans à venir.

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  • - Le

    Au tour de la France

    le cas américain, avec plus de 70000 ponts menacant de s´écrouler à tout moment, a créer un véritable ras de marée aux USA, qui viennent ainsi de contracter le tout premier ouvrage sur la base du cycle de vie des matériaux. En effet, le Nevada n´a PAS choisi l´offre la moins chère pour la première fois aux USA. Nous nous croyons élevés au dessus de ces problèmes, il n´en ait rien: les ponts francais sont en aussi mauvais état.
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