Transport et infrastructures

Un pont bois et béton connecté sur la RN19 à Lure, en Haute-Saône

Mots clés : Béton - Bois - Ouvrage d'art

Le pont en structure mixte bois/béton qui franchit la déviation de la RN19, près de Lure, (Haute-Saône), sert de test grandeur nature à la rédaction d’un guide méthodologique pour ce type de construction, peu développée en France.

C’est un ouvrage d’art comme il n’en existe qu’une vingtaine en France. Un pont mixte, en structure bois et béton, se construit sur le chantier de la déviation de la RN19 entre Amblans-et-Velotte et Lure (Haute-Saône). Il assurera la continuité du passage de la faune et de l’activité sylvicole en forêt de Bouhans. Les poutres en lamellé-collé de pin douglas ont été posées en décembre dernier. Le tablier en béton sera coulé au milieu de ce mois de février par les équipes d’Eiffage.

Son maître d’ouvrage, la direction régionale de l’environnement, de l’aménagement du logement (Dreal) de Bourgogne – Franche-Comté, et son maître d’œuvre, la direction interdépartementale des routes de l’Est (DIR), ont invité mercredi 1er février leurs techniciens et ingénieurs, les élus locaux, des entreprises des travaux publics et de la filière bois pour leur faire découvrir la future réalisation.

L’initiative découle d’une proposition du Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement (Cerema) de connecter le pont afin de collecter des données sur le comportement de ce type d’ouvrage et vérifier ses préconisations techniques. Les ingénieurs de ses laboratoires de Metz (Moselle) et d’Autun (Saône-et-Loire) sont en effet en train de rédiger deux guides pratiques. L’un, destiné à la maîtrise d’ouvrage et à la maîtrise d’œuvre, porte sur la conception des ouvrages d’art en bois et béton, l’autre destiné aux entreprises livre des calculs.

 

Des poutres de plus de 30 mètres

 

Le cas de ce pont de franchissement de route nationale est particulièrement intéressant. Réalisées par Arbonis (Groupe Vinci) dans ses ateliers de Verosvres (Saône-et-Loire), les quatre poutres qui serviront d’assise au tablier en béton ont été fabriquées d’un seul tenant de 31,40 mètres, une longueur encore jamais atteinte. Larges d’1,20 m et hautes d’un 1 m, elles pèsent 25 tonnes chacune. Elles reposent sur un pilier trapézoïdal central et deux culées formées de poteaux habillés de gabions.

«Le bois est moins rigide que l’acier; il génère de la souplesse sur les points de connexion que des capteurs vont mesurer régulièrement», explique Bruno Vincent, chargé d’études «ouvrages d’art» au Cerema de Metz. Ces capteurs ont été installés dans les ateliers d’Arbonis sur les différentes faces des poutres et à leur extrémité, en même temps que les ferrures. Ils mesureront la température, l’hygrométrie ainsi que les déformations liées aux circulations, car même s’ils seront peu nombreux, des grumiers d’une quarantaine de tonnes emprunteront le pont.

 

Mesurer dans la durée pour rassurer

 

L’observation doit s’effectuer tous les deux à trois mois, sur une durée totale de trois à cinq ans. «Cette instrumentation sur un long terme vise à apporter des informations rassurantes à toute la chaîne d’un projet car la méconnaissance de ce type de construction n’incite pas à son développement», poursuit Bruno Vincent.

Le choix du bois plutôt que l’acier initialement prévu n’a guère renchéri l’ouvrage, indique Michel Laurent, chef de projet à la Dreal. Son coût se monte à environ un million d’euros sur une enveloppe totale de projet de 39,4 millions, financée aux trois quarts par l’Etat avec le concours du conseil régional de Bourgogne – Franche-Comté et du conseil départemental de la Haute-Saône. Le projet global comprend un linéaire de 3,3 km sur deux fois deux voies (réalisé par le groupement Peduzzi et Colas Est) et cinq ouvrages d’art.

 

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  • - Le

    Beau projet, attention ne pas confondre longueur et portée

    Très belle réalisation, le bois est parfaitement à sa place dans ce type de réalisation. Je regrette toute fois la confusion entre portée et longueur de poutre : Plus de 30m de longueur n’est pas un exploit en lamellé-collé. Le pont de Cognin possède des poutres de 40m de longueur et 20m de porté, il est lui aussi un ouvrage d’art bois-béton. Le fait qu’il soit équipé de système de mesure c’est génial ! Ce système ne demande qu’à se développer.
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