Energie

Un plan local énergie pour la métropole du Grand Paris

L’Atelier parisien d’urbanisme (Apur) s’est attelé à l’élaboration d’un plan local énergie pour la métropole du Grand Paris. Objectif visé: fournir aux décideurs un outil territorialisé leur permettant de rationaliser leur politique d’énergie.

En juillet  2013, l’Atelier parisien d’urbanisme (Apur), avec de nombreux partenaires publics et privés, s’est engagé dans une démarche très ambitieuse: l’élaboration d’un plan local énergie (PLE) pour la métropole du Grand Paris. Objectif visé: participer à la mise en place d’une stratégie énergétique territorialisée pour atteindre le facteur 4 (réduction de 75% des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050) en optimisant l’adéquation entre ressources énergétiques, besoins locaux et réseaux vis-à-vis du stock bâti. Celui-ci atteint 360 millions de m2 à l’échelle de la métropole et 146 millions de m2 à Paris.

 

Des actions adaptées aux territoires

 

Présentés le 19 novembre, les travaux de l’Apur prennent la forme d’un système cartographique croisant les typologies bâties de Paris et des départements de petite couronne, les réseaux (électricité, gaz, chaleur/froid) et les gisements locaux d’énergies renouvelables et de récupération (solaire, géothermie profonde et de surface, déchets, eaux usées, eaux grises, biomasse, etc.).

Cette carte de synthèse propose une diversité d’actions selon les territoires : l’essor des solutions EnR locales (géothermie de surface, solaire, valorisation des eaux grises) en lien avec la rénovation thermique pour l’individuel ; un verdissement énergétique par les réseaux en sus de la rénovation thermique pour le collectif, à travers notamment, la densification, voire l’extension des réseaux de chaleur là où ils sont présents ; et l’émergence de boucles locales qui pourraient être basées sur de la géothermie de surface, la mixité neuf/existant ou activités/résidentiel, ou autres ressources fatales ponctuelles (les data center par exemple). Les décideurs locaux disposent ainsi d’un outil territorialisé leur permettant de rationaliser leur politique d’énergie, d’orienter leur choix de planification, de construction et de réhabilitation.

 

Une transition délicate

 

«La ville de demain ne sera pas si différente de celle d’aujourd’hui, souligne Dominique Alba, directrice générale de l’Apur. Ce que l’on propose, c’est une transition délicate, non contraignante, par la mise en place d’une multitude de petites actions, très simples, qui articulées, regroupées, mutualisées conjugueront leurs efficacités». Pour illustrer ces propos, l’Apur a pris l’exemple de trois quartiers parisiens : République (XIe arrondissement), Porte de Bagnolet (XXe arrondissement) et Censier (Ve arrondissement) et montre, en fonction des caractéristiques de chaque îlot, quelles pourraient être les mesures mises en œuvre.

 

Une estimation des gisements d’énergies renouvelables et de récupération

 

La fabrication de cette carte de synthèse constitue une première étape très importante. L’Apur veut maintenant approfondir un certain nombre de points: mieux cerner les besoins énergétiques du secteur tertiaire ; parvenir à une estimation plus fine des EnR&R en intégrant davantage les contraintes techniques et économiques et peaufiner la question de la mutualisation énergétique à l’échelle de l’îlot. L’atelier veut aussi étendre à l’échelle de la métropole le travail de modélisation fine de l’enveloppe du bâti déjà réalisé pour Paris.

 

Focus

Trois scénarios pour la rénovation du bâti résidentiel parisien

Dans le cadre de ses travaux sur le plan local énergie pour la métropole du Grand Paris, l’Apur s’est attaché à étudier trois scénarios de rénovation thermique du bâti résidentiel parisien à l’horizon 2050: ambitieux, médian et minimal.

Dans le premier cas, l’isolation thermique par l’extérieure (ITE) est effectuée sur la totalité des murs parisiens antérieurs à 1990, à l’exception des façades sur rue des bâtiments anciens (d’avant 1949) qui sont isolées par l’intérieur. Dans ce cas, on atteint une baisse des consommations d’énergie d’un facteur 2,7.

Le scénario médian prend en compte la difficulté de réhabiliter le patrimoine ancien, notamment les héberges et les façades sur rue. Seuls sont traités en ITE les murs des cours et les pignons. Sur les immeubles construits entre 1949 et 1975, un effort important est consenti, la totalité des murs sont traités en ITE. Résultat ? Une baisse des consommations d’un facteur 2,4.

Enfin, le scénario minimal reprend les hypothèses d’intervention sur le bâti ancien. Concernant le bâti de 1949-1990, seule une moitié du parc est rénovée, ce qui permet de prendre en compte certaines difficultés d’intervention (liées aux ponts thermiques notamment). Seules les gains d’énergie les simples sont recherchés et dans ce cas, la réduction est de 2, soit le strict respect du schéma régional du climat, de l’air et de l’énergie d’Ile-de-France.

 

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X