Aménagement

Un plan de modernisation pour le littoral d’Occitanie

Mots clés : Architecte - Gouvernement - Réglementation

Le Premier ministre Bernard Cazeneuve a signé vendredi 10 mars, avec la région Occitanie et la Caisse des dépôts, un accord-cadre sur le «Plan Littoral 21». Ce projet de développement pour le littoral de l’Occitanie mobilisera plus d’un milliard d’euros d’ici à 2020. Trois experts — les architectes Elizabeth et Christian de Portzamparc et la négociatrice des accords de Paris sur le climat, Laurence Tubiana — ont été chargés d’une mission de réflexion pour donner cohérence au projet et définir les outils de sa mise en œuvre.

«Cinquante ans après la mission Racine qui a conduit l’aménagement du littoral Languedoc-Roussillon, une autre révolution est nécessaire. Notre grande région a besoin d’un nouvel élan pour gagner son statut de puissance maritime européenne.» C’est en ces termes que Carole Delga, présidente de la région Occitanie, a présenté l’accord-cadre sur le Plan Littoral 21 signé vendredi 10 mars avec l’Etat et la Caisse des dépôts. «L’aménagement du littoral a sorti le Languedoc-Roussillon de sa dépendance vis-à-vis de la viticulture, analyse Carole Delga. Il a créé de la richesse économique mais aussi de la densité urbaine. Il a eu un impact sur un environnement fragile et entraîné un manque de cohésion entre le littoral et son arrière-pays. Si rien n’est fait, l’attractivité de notre littoral est menacée.»

Le Plan Littoral 21 a pour ambition de proposer une vision stratégique à l’horizon 2050. Il comporte une série de propositions regroupées autour de trois orientations:

– pour une vitrine française de la résilience écologique et de la valorisation patrimoniale,

– pour une économie innovante qui irrigue tout le territoire,

– pour un littoral symbole d’attractivité, d’accueil et de «vivre ensemble».

    Le projet fera l’objet d’un contrat territorial négocié d’ici à la fin de l’année 2017 et devrait mobiliser plus d’un milliard d’euros sur la période 2017-2020.

    Bernard Cazeneuve a salué «un projet décisif de modernisation et de préservation du littoral languedocien». « Notre pays, qui compte 1 700 km de côtes, n’a jamais pensé ses atouts maritimes à hauteur de ce qu’ils étaient en réalité», regrette-t-il.

     

    Abandonner les projets pharaoniques

     

    Pour donner sens et cohérence au projet, l’ex-Premier ministre, Manuel Valls, avait confié, en juillet 2016, une mission de réflexion à trois experts reconnus: les architectes Christian et Elizabeth de Portzamparc et la négociatrice des accords de Paris sur le climat, Laurence Tubiana. Leur rapport devrait être rendu «dans une vingtaine de jours». Elizabeth et Christian de Portzamparc ont néanmoins déjà présenté quelques «directions d’étude». «Le principe de base qui guide nos propositions consiste à partir des potentiels existants, précise Elizabeth de Portzamparc. Il faut abandonner les projets pharaoniques qui sont liés à des effets de mode pour développer des choses pérennes.» La priorité, estime l’architecte, consiste à définir une «identité». «En superposant les différentes couches de réalités locales, qu’il s’agisse du patrimoine naturel, bâti, historique, contemporain ou immatériel, on obtient un ensemble extrêmement riche et divers et extrêmement cohérent.»

    Christian de Portzamparc, insiste pour sa part sur la nécessité de lutter contre l’étalement urbain et le mitage du territoire. Il propose un développement en «archipel», ménageant des espaces préservés entre des zones plus denses. Pour concilier l’initiative locale et la cohérence d’ensemble, il suggère la création d’un pool d’urbanistes — «un parlement de l’urbanisme, à l’image du parlement de la mer» — qui interviendraient individuellement auprès des collectivités mais s’accorderaient sur une méthode globale et des principes généraux. Les trois experts formulent une série de propositions: obtenir le classement par l’Unesco du patrimoine immatériel de l’Occitanie; aménager, densifier et urbaniser les stations pour en faire de vraies villes capables de vivre toute l’année; mettre les musées en réseau; utiliser la romanité comme élément fédérateur; développer un chapelet de fondations «art et nature» pour mettre en valeur les sites classés de la région.

    «L’Occitanie, estime Bernard Cazeneuve, constitue un territoire idéal pour inventer un nouveau type de développement du littoral. Il y a possibilité d’en faire en une dizaine d’années un modèle conciliant écologie et tourisme durable.»

     

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X