Réalisations

Un lycée Bepos 100% énergies renouvelables signé Forma6

Mots clés : Démarche environnementale - Education - Energie renouvelable - ERP sans hébergement

Au nord de Nantes, l’agence Forma6 vient de réaliser son premier lycée. Et pas n’importe quel bâtiment ! Le nouveau lycée de Carquefou, labellisé Bepos, est le premier de la région à être 100% énergies renouvelables.

«Nous avions des références dans l’enseignement, de la petite enfance à l’université en passant par le collège, mais cela faisait 25 ans qu’on essayait d’avoir un lycée. C’est chose faite» déclarait Xavier Bouanchaud, architecte associé de l’agence Forma6, qui travaille actuellement avec Rudy Ricciotti sur le vaste chantier de la gare de Nantes.

Lancé par l’ancien exécutif de la région des Pays de la Loire très mobilisé, sur les questions de développement durable, ce projet, implanté sur 3 ha dans la zone sud de la plaine de jeux de la Mainguais, visait l’excellence en matière d’architecture comme en matière d’environnement. «Dès l’entrée, le parti pris environnemental du bâtiment est affirmé avec force grâce à l’affichage des performances du bâtiment, à la cheminée thermique et la verrière photovoltaïque» expliquent les architectes.

Cette opération de 11 500 m2 de surface plancher a été réalisée par Sogea Atlantique (Vinci Construction France) en entreprise générale pour environ 38,5 millions d’euros HT de travaux.

 

Le défi de la cheminée thermique

 

Les architectes ont abordé la performance énergétique du bâtiment en deux temps. Le premier a consisté à réduire les besoins à leur strict minimum par un travail intelligent d’orientation, d’enveloppe et de stratégies passives, reposant sur des principes bioclimatiques. Ainsi, 2 300 m2 d’isolation en laine de verre ont par exemple été posés en deux couches de 100 mm pour une résistance thermique R=6,20 m2K/W.

Le deuxième temps a été celui de la production de l’énergie nécessaire aux besoins résiduels. Le lycée est chauffé à 100 % par les énergies renouvelables. En plus des panneaux photovoltaïques classiques, 1037 m2 de capteurs hybrides produisent à la fois de l’électricité et de la chaleur. Ils se composent d’un capteur solaire thermique (chauffe-eau solaire) sur lequel sont disposées des cellules photovoltaïques. Leur rendement est ainsi trois fois plus élevé qu’un panneau photovoltaïque classique de surface équivalente. La boucle d’eau est couplée à deux pompes à chaleur, qui restituent les calories au système de chauffage. Elle est également raccordée à trois bâches verticales (180m3) qui stockent l’énergie thermique durant la journée. « Ce système permet au lycée d’être autonome en chauffage au moins pendant une semaine en plein hiver » assure-t-on chez Egis qui a réalisé les études chauffage et ventilation. La production d’eau chaude sanitaire est également produite par les capteurs hybrides. Enfin, une chaudière à granulés de bois (250 kW) assure l’appoint.

En hiver, des centrales double flux récupèrent les calories contenues dans l’air extrait et préchauffe l’air pulsé. L’été, une cheminée solaire crée une dépression dans le hall et assure une ventilation naturelle efficace. Concrètement, un conduit, intégré au bâtiment et orienté au sud, capte les rayons du soleil et chauffe l’air. Celui-ci s’élève et, naturellement, il aspire l’air frais en dessous. «Le défi le plus difficile à relever a été sans nul doute celui de la cheminée thermique, explique Cécile Trouvé, responsable du bureau d’études de l’agence nantaise de Soprema Entreprises en charge du lot étanchéité et bardage métallique. En effet, la mise en œuvre pour assurer la continuité de l’étanchéité de l’enveloppe du volume chauffé au niveau des jonctions des façades avec le plancher et la toiture était particulièrement complexe car la zone n’était pas facile d’accès.» Autre particularité, l’eau de pluie est récupérée pour l’arrosage et pour les toilettes, soit une substitution de 44 % des besoins en eau potable. Petit plus, les canalisations des eaux grises (douches de l’internat, lavabos, etc.) sont en contact avec les canalisations d’eau froides d’alimentation, ce qui permet de préchauffer l’eau.

 

Façades Pantone

 

Côté façades, les volumes singuliers se parent de panneaux de bardage métallique, lisses, brillants, aux couleurs vives et chatoyantes. Dégradés de rouge, bleu et jaune-vert aux accents futuristes, ce ne sont pas moins de 21 couleurs Pantone qui ont été choisies par l’architecte et qui se marient avec le bardage de bois qui habille les linteaux et les allèges le long des bandeaux de fenêtre des bâtiments principaux. Au total, le lycée intègre 477 m3 de bois (bardage, charpente, logements à ossature bois, etc.), soit plus de 38 dm3/m2shon. Bref, par sa technique ou son architecture, le nouveau lycée de Carfefou, surnommé le lycée du futur, est loin de laisser indifférent.

 

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage: région Pays de Loire

Architecte mandataire: Forma6

Ingénierie : Egis (BE structures, études chauffage et ventilation, accompagnement HQE)

Entreprise générale: Sogea (Vinci Construction France)

Montant des travaux: 38,5 millions d’euros HT

Surface de plancher: 11 5OO m2

Certification-label: Bepos 1OO% EnR

 

Découvrez le projet en vidéo:

 

 

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