Entreprises de BTP

Un guide travaux pour des installations électriques sûres

Le conseil national de l’équipement électrique publie un guide travaux pour la mise en sécurité électriques des logements existants. En France, près de 7 millions de logements présentent des risques.

Les quatre organisations professionnelles représentatives des installateurs électriciens (Capeb, Fedelec, FFIE, Serce), regroupées au sein du CNEE (Conseil national de l’équipement électrique), viennent de présenter un «guide travaux pour la mise en sécurité électriques des logements existants». Il s’appuie sur la norme XP C 16-600 (le référentiel utilisé par les diagnostiqueurs immobiliers) qui recense les anomalies rendant une installation potentiellement dangereuse. Et le danger existe !

Absence d’entretien régulier sur les installations


Selon le Consuel, en 2008, un quart du parc de logement (soit 7 millions) est en situation d’insécurité électrique. Sur ces 7 millions, près d’un tiers sont particulièrement dangereux et présentent des risques électriques graves. «Des risques électriques que les usagers ne perçoivent pas», assure Michel Faure, directeur général de Consuel, déplorant une absence quasi-générale d’entretien périodique et des extensions anarchiques des installations.
Le 1er janvier dernier est entré en vigueur le décret (n°2008-384 du 22 avril 2008) rendant obligatoire un diagnostic électrique en cas de vente d’un logement dont l’installation a plus de quinze ans (en l’absence d’attestation de conformité visée par Consuel de moins de trois ans). En théorie, le diagnostiqueur doit informer le propriétaire de l’état de l’installation, l’alerter sur la nature des risques encourus en cas d’utilisation de l’installation (électrisation, électrocution, incendie…) et lui conseiller de faire réaliser les travaux de mise en sécurité nécessaire à la levée des anomalies constatées. C’est précisément à quoi est destiné le guide travaux du CNEE.
«Ce guide est pratico-pratique, souligne Philippe Goj, président de Fedelec. Il préconise des solutions d’amélioration dans le plus grand respect des installations existantes». «Un guide avec des spécifications équilibrées, complète Francis Bouquillon, directeur général du Serce. Outre l’aspect technique, il y a une composante psychologique de la démarche que l’installateur électriciens doit maîtriser. A savoir motiver le client à engager les travaux sans l’inquiéter». «Dès lors qu’ils sont sensibilisés, les clients sont très conscients des enjeux et très favorables à la réalisation des travaux de sécurité», assure pour sa part, José Pereira, président de l’Una 3E Capeb.

Fournir une attestation de mise en conformité


Côté technique, le guide reprend les six points clé «sécurité» (voir encadré) avec descriptions détaillées des anomalies et des travaux à réaliser. «Nous recherchons l’efficacité, illustre Philippe Goj. Par exemple, en cas d’absence de prise de terre dans un immeuble collectif, le guide propose des mesures compensatoires adapté à un logement en attendant que des travaux plus globaux soient entrepris».
A l’issue des travaux, le guide suggère vivement aux installateurs électriciens «de conforter leurs clients en fournissant une attestation de mise en sécurité délivrée par Consuel». «Attention, il s’agit bien d’une mise en sécurité et non une mise en conformité, prévient Francis Lepers, président de la FFIE. La mise en sécurité, c’est la mise hors de danger électrique». Rappelons qu’une mise en conformité permet, elle, de rendre une installation conforme à la norme NF C 15-100 en vigueur comme cela est exigé pour un logement neuf ou existant dans le cas d’une rénovation complète ou d’une extension d’installation. «Le guide est une caisse à outils, conclut José Pereira. D’un minimum, la mise en sécurité, on peut accompagner le client vers un maximum, la mise en conformité».

Focus

Rappel des six points clé «sécurité» d’une installation électrique

Le décret n°2008-384 du 22 avril 2008 définit les six points clé sécurité d’une installation électrique. A savoir :
1) un appareil général de commande et de protection accessible,
2) au moins un dispositif différentiel de sensibilité appropriée aux conditions de mise à la terre, à l’origine de l’installation électrique,
3) un dispositif de protection contre les surintensités adapté à la section des conducteurs, sur chaque circuit,
4) une liaison équipotentielle et une installation électrique adaptées aux conditions particulières des locaux contenant une baignoire ou une douche,
5) l’absence de matériels électriques inadaptés à l’usage ou présentant des risques de contacts directs avec des éléments sous tension,
6) des conducteurs protégés mécaniquement.

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