Réalisations

Un esprit design souffle sur la petite ville de Montargis

Mots clés : Architecte - Architecture - Architecture intérieure - Manifestations culturelles

Ce week-end, à l’occasion des Journées du Patrimoine, les habitants de l’agglomération de Montargis ont pu découvrir leur nouvelle médiathèque. Un édifice remarquable, signé Négroni Archivision, mêlant architecture, architecture intérieure et design jusqu’aux moindres détails.

Jusqu’à aujourd’hui, en matière d’architecture contemporaine, Montargis, cultivait une certaine discrétion. Fière de son surnom, la « Venise du Gâtinais », la sous-préfecture du Loiret vantait surtout son patrimoine historique comme ses 131 ponts et ses rues sur l’eau au charme typique. Mais cette année, l’évènement des 26ème Journées européennes du patrimoine en était vraiment un : l’ouverture d’une médiathèque au dessin résolument audacieux.
L’ouvrage a été conçu par Négroni Archivision, un trio d’architectes à qui l’on doit notamment une splendide chaufferie urbaine à Massy en région parisienne (maître d’ouvrage : Elyo), devenue un objet pleinement assumé, élément fort de la ville.

Inox et cote de maille

Pour l’ouvrage de Montargis, le programme consistait à réaménager un bâtiment administratif disgracieux en une médiathèque et une salle de spectacle. Des contraintes urbanistiques ont obligé les concepteurs à conserver une partie de l’existant qui a été enfermée dans un parrallépidède en inox recuit brillant afin d’abriter la salle de spectacle. Tel un iceberg, l’environnement se reflète en se déformant dans les grands murs inclinés. La proue du bâtiment abrite les loges, avec une vue directe sur le Loing.
La médiathèque proprement dit se distingue par sa façade triple peau qui filtre et tamise la lumière. Trois éléments distincts la composent : une cote de maille, des cerfs-volants (toiles tendues colorées) et un mur-rideau. L’apposition de ces trois corps autorise une filtration douce et colorée à l’intérieur tout en conservant une luminosité optimale. La nuit, un éclairage soigné associé à l’épaisseur de ce mur virtuel (80 cm) et jeu des ombres au travers des cerfs-volants amènent une lecture différente de celle de la journée.
« Notre volonté première était de supprimer le côté solennel que peut présenter une bibliothèque traditionnelle.
Notre démarche a été de globaliser la demande de la Maîtrise d’ouvrage en liant architecture, architecture intérieure et design, nous permettant d’assumer l’entière responsabilité fonctionnelle et esthétique de l’oeuvre » explique Emmanuel Négroni.

Gommer les frontières entre l’architecture et le design

Connaissant l’évolution à venir d’un tel bâtiment (modification des supports présentés, évolution croissante des domaines espace jeunesse, adultes, ou multimédia), les architectes ont tenu à pouvoir gérer l’espace de la façon la plus libre possible. L’intérieur est combiné de manière à permettre une grande souplesse dans la disposition du mobilier. « Nous l’avons voulu adaptable, modifiable et mobile et faisant ainsi partie intégrante de la mise en scène intérieure. La mobilité est sans contrainte grâce à la réalisation de saignées techniques en faux plafond regroupant l’éclairage général, le courant fort et le courant faible. Il est alimenté en courant fort et faible grâce à des perches. L’utilisateur, peut donc, à sa convenance, recomposer les espaces sans modification structurelle » insiste Emmanuel Négroni.

Ce souci de modularité se retrouve dans le mobilier, également conçu par Négroni Archivision. Si le signal est fort avec un dessin qui se situe dans le prolongement de l’architecture, ce mobilier joue aussi la carte de la fonctionnalité. Les meubles sont donc déclinables et disposent de plusieurs fonctions (tables de consultation, bornes audio et OPAC, bacs à CD et DVD). Un système de vérin et de poulies intégrées dans les pieds leur permet de s’adapter à toutes les hauteurs suivant la fonction impartie (position basse 66 cm, position « bar » 80 cm et debout 90 cm). « Il nous semblait important d’attirer le visiteur grâce à des têtes de gondoles lumineuses présentant des ouvrages ouverts » justifie Emmanuel Négroni en expliquant qu’il est possible de décliner le mobilier aux autres médiathèques.
Pour ces meubles, les architectes ont réussi la prouesse de rester dans un budget équivalent à du mobilier acheté dans le commerce. « C’est en partie grâce à notre collaboration avec l’entreprise Pyrrhus qui a su trouver les solutions techniques adaptées au dessin originel » explique Emmanuel Négroni.  » Cette étude correspond à notre démarche artistique : réaliser dans un coût raisonnable des prestations personnelles, uniques et fonctionnelles sans frontière entre l’architecture et le design ».

 

Focus

FICHE TECHNIQUE

Maîtrise d’ouvrage : Agglomération montargoise et rives du Loing
Conception :
Négroni Archivision
Architecte mandataire : Carré d’Arche
BET : Iosis Centre
Shon : 4.500 m2
Consommation énergétique : 152 kW/h/m2 par an
Coût total : 8,5 millions d’euros (1.900 euros/m2)
Entreprises : Construction moderne (GO), Athema (façades), Meunier Colas (VRD), Normacadre (Charpente métallique), Cegelec (électricité), AFL Foessel (menuiseries intérieures), Colomba (peintures), Pyrrhus (mobilier).

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