Règles techniques

Un décret multiplie par 10 la quantité de bois imposée dans les logements

Un décret visant à favoriser l’utilisation du bois dans la construction vient d’être publié au journal officiel. Pour les logements, le volume minimal de bois à incorporer dans une construction pourra être, en 2012, jusqu’à dix fois supérieur à celui en vigueur actuellement.

Le nouveau décret relatif à l’utilisation du bois, publié au JO du 17 mars, fixe les volumes minimaux de bois à incorporer dans les bâtiments dont la demande d’autorisation de construire ou la déclaration préalable sera déposée après le 1er décembre 2011 et durant une période transitoire, allant du 1er décembre 2010 au 30 novembre 2011.
Un immeuble à usage d’habitation dont la charpente de toiture est en bois, devra, à partir du 1er décembre 2011, incorporer un volume de 35 décimètres³ de bois par m² de shon, contre 2 décimètres actuellement. Autrement dit la construction d’une maison avec charpente de toiture en bois, de 100m² shon, nécessitera au minimum l’utilisation de 3,5m³ de bois, soit plus de 10 fois le volume aujourd’hui imposé par le décret n°2005-1647 datant de 2005.
Pour Hubert Fevre, Cogérant de Gaujard technologie, bureau d’études spécialisé dans l’enveloppe et la structure des bâtiments en bois, l’exigence est,aujourd’hui, tellement basse, « qu’ il suffit d’avoir des fenêtres en bois pour la respecter ». Avec cette nouvelle exigence qui s’appliquera à partir de 2010, « cela commence à être significatif, le bois devra représenter une part non négligeable de la structure. »

Exigence moins grande pour les habitations dont la charpente n’est pas en bois

Le décret distingue les bâtiments à usage d’habitation ayant une charpente en bois, pour lesquels le volume minimal de bois à incorporer est plus élevé, la charpente étant comptabilisée, et ceux dont la charpente est majoritairement réalisée en matériau autre que le bois ou n’en ayant pas. Ainsi, une maison, de 100m² Shon, dont la charpente est métallique, devra, à partir du 1er décembre 2011, incorporer non pas 3,5m³ de bois, comme dans le cas d’une charpente en bois, mais seulement 1m³, soit tout de même 5 fois plus de bois que l’obligation actuelle. Ce qui fait dire à Hubert Fevre que même si le décret est « loin d’obliger à tout construire en bois », il est « symboliquement intéressant ».

Selon les bâtiments, le décret impose les exigences suivantes:

  Demande d’autorisation de construire ou déclaration préalable déposée entre le 1er décembre 2010 et le 30 novembre 2011 Demande d’autorisation de construire ou déclaration préalable déposée après le 1er décembre 2011 
Habitation dont la charpente est majoritairement réalisée en bois
 20 dm³ de bois par m² de surface hors oeuvre
35 dm³ de bois par m² de surface hors oeuvre
Habitation dont charpente est majoritairement réalisée en matériaux autres que le bois ou habitation sans charpente  7 dm³ de bois par m² de surface hors oeuvre  10 dm³ de bois par m² de surface hors oeuvre
Bâtiment à usage industriel, de stockage ou de service de transport  3 dm³ de bois par m² de surface hors oeuvre  5 dm³ de bois par m² de surface hors oeuvre
Tout autre bâtiment  7 dm³ de bois par m² de surface hors oeuvre  10 dm³ de bois par m² de surface hors oeuvre


La quantité de bois est mesurée par le volume du bois mis en oeuvre rapporté à la surface hors oeuvre nette, sauf dans le cas d’un bâtiment à usage dominant de garage ou de parking ou d’un bâtiment agricole, la shon est alors remplacée par la shob. « Le calcul du volume de bois incorporé dans une construction est effectué, dans des conditions fixées par arrêté du ministre chargé de la construction, soit au moyen d’une méthode forfaitaire utilisant des ratios par type d’ouvrage ou de produit incorporé dans un bâtiment, soit à partir des caractéristiques volumétriques réelles » précise le texte.

Pour voir le décret, cliquez ci-dessous

 

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  • - Le

    Ingénieur forestier indépendant, docteur en écologie

    Bonjour, Je me réjouis de ce débat mais une fois de plus je suis consterné par la tendance "contre le bois" des maitres d’oeuvre et constate leur faible niveau d’information en matière de ressource bois, de gestion forestière et de bilan carbone. Quelques corrections au passage : – Comme dans la mer et les sols, le stockage de carbone est considérable dans les forêts. Mais ce n’est pas une raison de bouder le bois dans la construction sous un prétexte écologique. Une forêt non exploitée restitue à l’atmosphère la totalité de son carbone stocké ; une forêt gérée en fixe une partie dans un usage humain. La question est de savoir pour quelle durée ce carbone est fixé. En matière de durée de stockage, la construction est indubitablement le meilleur usage que l’on peut réserver au bois. Rien de commun avec les plantations d’eucalyptus dont la vocation est la pâte à papier, usage volatile s’il en est. Et surtout : avez-vous calculé le bilan carbone des matériaux qui remplacent le bois dans la construction ? – Il est faux de dire qu’accroître l’usage du bois en construction va développer la monoculture de quelques essences adaptées. Ce sont les usages industriels (étais de mine, pâte à papier, palette) qui ont d’abord bénéficié de ces gestions en effet peu avenantes, et c’est le bois-énergie qui aujourd’hui tendrait à les développer. En revanche de nombreuses essences conviennent à la construction (chênes, châtaignier, douglas, sapin …) et peuvent être menées dans des systèmes souples et respectueux, à haut potentiel paysager et écologique (principes PRO SILVA). – Je lis "la majorité des bois utilisés actuellement vient de forêt très éloignées" : n’est-ce pas là le résultat de vos choix, maîtres d’oeuvre du bâtiment ? La ressource est pourtant là, à vos portes. Certes si vous ne travaillez pas avec les scieries françaises (tant qu’il y en a), bientôt vous n’aurez plus d’autre choix que d’utiliser les bois scandinaves. – Sachez que plus d’un tiers de la production biologique ligneuse en France n’est pas exploitée, on est donc loin du bois de la catastrophe. Et j’insiste : il existe des systèmes de gestion pérenne, respectueux les écosystèmes tout en alimentant la filière. Je plaide en faveur d’un rapprochement entre constructeurs et professionnels de la forêt et du bois … une éducation réciproque pour dépasser des idées reçues, dont je me demande parfois où et comment elles ont bien pu naître. Gaetan du Bus. www.gestion-forestiere-sud.com
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  • - Le

    Economiste, conseil en anvironnement

    Commentaire Encore une fois on décrète l’écologie, on généralise et on impose les procédés et matériaux !!! Tous les matériaux peuvent être, en fonction des objectifs, de la localisation du site, des conditions de mise en oeuvre, des critres de maintenance.., HQE. la majorité du bois utilisé actuellement vient de forêts très éloigénes des leiux de construction voire de l’étranger. Le bilan carbone est alors loin d’être neutre contrairement à ce que l’on fait croire. Encore quelques décrèts ou lois dans ce style et ce sera la mort de la démarche HQE réfléchie et optimisée par projet, dans le BTP.
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  • - Le

    Enseignant bureau d'étude bois

    Étonnant! Une charpente de maison actuelle nécessite 20 à 25 dm3/m² à peu près. Combien de charpentes de maison ne sont pas en bois? Il me semble que certains s’enflamment un peu vite!! La durée de vie d’un bâtiment et de ses charpente et menuiserie est bien largement supérieure au temps de régénération d’une forêt de résineux (40 ans). La ressource forestière française existe (bois à maturité qu’il faut exploiter). La traçabilité des bois existe et il faut terminer de la mettre en place. Pour les traitements des alternatives aux produits de habituels se développent et il faudrait rester honnête sur la nature des polluants domestiques. Je ne crois pas que les produits de traitement de charpente soient souvent invoqués dans les études. Quant à la toiture en brique (qui nécessite une grande quantité d’énergie grise) il fallait y penser! Enfin pour le bois écologiquement non fiable combien de pays riches construisent massivement en bois? USA, Canada, Nord de l’Europe… Si le bois est finlandais c’est uniquement à cause du manque d’organisation des filières françaises. Elles doivent s’organiser en évitant c’est vrai, les erreurs des autres pays. Et pour la distance l’acier et l’aluminium viennent de l’autre bout de la planète! Alors le bois ne remplacera pas les autres matériaux. Il a des qualités, les autres aussi! Restons mesurés.
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  • - Le

    On est pas sorti d'affaire

    Il est en effet très étrange que tout à coup l’Etat doppe les quantités de bois obligatoire dans les constructions neuves! Certes le bois est un matériau aux propriétés constructive indéniable cependant c’est complètement inconscient que de multiplier par 10 les minimas! La filière bois va être dépassée par la demande, les forêts ne seront plus gérées intelligement. Adieu biodiversité! Bonjour profit! Force est de constater qu’une fois de plus l’effet d’annonce est privilégié par rapport aux décisions rationnelles et réfléchi. La population va d’elle même vers ces matériaux naturels reconnues pourquoi faire un décret?! Certes, il faut trouver des solutions alternatives mais pas au détriment de la bonne gestion des ressources! Si l’on continue sur cette voie, dans 100 ans on dira à nos enfants que le bois est une ressource rare et qu’il faut trouver d’autres matières premières. A moins de découvrir la graine magique qui fait pousser les arbres plus vite que leur ombre…
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  • - Le
    Prôner l’utilisation du bois dans la construction est une errreur; non seulement écologiquement non fiable car le bois utilisé pour la construction vient surtout de finlande puis est traité dans les pays baltes avant de venir enfin chez nous. De plus une tonne de bois = une tonne de co2 stocké et vrai et faux car contrairement à la mer qui stocke et transforme le co2 celui dans le bois est rejeté lors de la destruction (naturelle ou par le feu) de celui ci. Ainsi c’est comme si vous stockiez du co2 dans des ballons=>l’effet est nul. De plus une construction avec 10x plus de bois demande 10x plus de traitement (fongicide…). Alors qu’il faudrait plutôt développer la filière brique de structure qui est un matériaux écologique fait dans notre pays, qui se suffit à lui même en matière d’isolation et qui à la particularité d’assainir le batiment, de servir de régulateur thermique par son inertie etc..il serait temps que les politiques ne se laissent plus aveugler par le lobby bu bois et pensent un peu plus à l’écologie.
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  • - Le

    economiste de la construction/conseiller technique

    Prôner l’utilisation du bois dans la construction est une errreur; non seulement écologiquement non fiable car le bois utilisé pour la construction vient surtout de finlande puis est traité dans les pays baltes avant de venir enfin chez nous. De plus une tonne de bois = une tonne de co2 stocké et vrai et faux car contrairement à la mer qui stocke et transforme le co2 celui dans le bois est rejeté lors de la destruction (naturelle ou par le feu) de celui ci. Ainsi c’est comme si vous stockiez du co2 dans des ballons=>l’effet est nul. De plus une construction avec 10x plus de bois demande 10x plus de traitement (fongicide…). Alors qu’il faudrait plutôt développer la filière brique de structure qui est un matériaux écologique fait dans notre pays, qui se suffit à lui même en matière d’isolation et qui à la particularité d’assainir le batiment, de servir de régulateur thermique par son inertie etc..il serait temps que les politiques ne se laissent plus aveugler par le lobby bu bois et pensent un peu plus à l’écologie.
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  • - Le

    Architecte

    Quoi qu’on en dise, les matériaux issus de ressources renouvelables constituerons, un jour ou l’autre, la majeure partie des éléments de construction. Comme chacun sait, la planète n’est pas inépuisable et au vu des crises énergétiques qui se profilent, les solutions économes doivent être mise en avant… Contrairement au béton et à l’acier (gouffres énergétiques et gros producteurs de gaz carbonique), le bilan carbone du bois de construction est quasi neutre (1 tonne de bois = 1 tonne de CO2 stocké). Jeune architecte, je défends la construction bois, ses qualités plastiques, sa logique constructive, ses talents parasismiques, le rôle qu’il peut jouer dans une économie locale et sa durabilité (à l’abri de l’eau, tous les bois sont utilisables). Riches d’une histoire de replantation vieille de 400 ans, les forêts françaises sont dotés d’excellents bois de construction et demandent à être exploitées. Exception européenne, la filière bois française est très ramifiée et ne dispose pas d’une structure industrielle de poids face à ces voisins allemands, suisses et autrichiens (très concurentiels sur les gros chantiers, on importe leurs bois magnifiquement secs). Certes, la réorganisation de la filière bois est un sujet sensible auquel nous devons porter attention, c’est notre patrimoine… Les grands groupes s’y intéressent déjà (l’industrie du bois ne connait pas la crise, et oui…); la sylviculture qui risque de finir dans leurs mains doit faire preuve de transparence et présenter des schéma directeurs de biodiversité. Le bois , prise de conscience ou nouveau lobby ? il faut un peu de tout pour refaire un monde. Et puis laisse béton…
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  • - Le

    X 10 du bois dans la construction

    Commentaire Toutes les actions "en faveur de l’environnement" qui prônent l’utilisation du bois n’indiquent jamais comment est gérer la ressource. Ce texte qui impose de façon unilatérale l’emploi du bois dans le bâtiment n’oblige pas en contrepartie la gestion raisonnée des forêts, il est donc en droite ligne des décisions prises jusqu’à présent. A quand un arrêt de la production de textes et la mise en oeuvre de controle indépendants de l’impact des nouvelles normes sur l’environnement ? Vous avez dit Grenelle…. ?
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  • - Le

    Maître d'Ouvrage

    Jacadi à dit : Mettez 10 fois plus de bois. Mettez dit fois plus de bois. Selon les nouvelles contraintes énergétiques, les modes de constructifs se tournent naturellement vers le bois. Laissez la filière s’adapter. Multiplier subitement par 10 comporte des risques de spéculation et de désorganisation de la filière bois. Que dire des autres filières du bâtiment qui doivent s’arracher les cheuveux ! Le lobbying n’est pas l’apanage des parlementaires. Il a des copains dans le bois Sarko ?
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  • - Le

    architecte

    L’engouement que connait actuellement la filière bois dans le bâtiment m’inquiète. Peu de bois sont réellement utilisables dans la construction et, pour répondre à la demande, les industriels du secteur vont allouer des surfaces importantes à la monoculture de quelques espèces sélectionnées en remplacement des forets biodiversifiées existantes (c’est la logique du zonage). L’expérience grandeur nature des plantations d’Eucalyptus destinés à la pâte à papier se révèle être l’une des catastrophes écologiques majeures de notre temps. Sans parler des essences exotiques de bois rouges extraites en Amazonie ou à Bornéo engendrant une déforestation planétaire que chacun s’entend à dénoncer. Enfin, le renouvellement de la ressource naturelle prend des décennies et il est clair qu’une augmentation massive de la consommation entraînera fatalement un appauvrissement de la ressource disponible.La durée de vie du bois dans la construction risque globalement d’être inférieure au temps nécessaire au renouvellement du végétal qui en est à l’origine. Les arbres sont des organismes vivants, qui doivent le rester.Cette nouvelle contrainte légale a de forts relents de lobbying et n’a rien d’écologique. Encore un petit effort et on stérilise définitivement notre planète; Merci à nos législateurs d’organiser aussi consciencieusement notre suicide collectif.
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