Recherche & développement

Un collège rochelais à la pointe du photovoltaïque organique

Mots clés : Education - Energie renouvelable - ERP sans hébergement

Le collège Pierre Mendès-France de La Rochelle accueille sur son toit 530 m² de films photovoltaïques organiques. Inaugurée le 15 novembre, cette installation constitue le premier déploiement de grande taille pour le constructeur allemand Heliatek. Engie finance la totalité du projet.

Parmi les technologies dont le succès est sans cesse repoussé, le photovoltaïque organique figure en bonne place. Cette alternative, où le carbone remplace le traditionnel silicium, n’a pour le moment pas dépassé le stade du gadget. Toutefois, un collège de La Rochelle pourrait contribuer à une avancée décisive dans le domaine. En effet, l’établissement Pierre Mendès-France accueille sur sa toiture pas moins de 530 m² de films solaires en matériau carboné. L’installation, inaugurée le 15 novembre, constitue un record de surface pour ce procédé.

Cette opération découle d’un appel à projets lancé en début d’année par le conseil départemental de Charente Maritime. « Nous investissons trois millions d’euros répartis sur trois ans pour équiper ses bâtiments de systèmes photovoltaïques, sous forme de panneaux ou d’ombrières, précise Patrice Acquier, responsable à la direction de l’immobilier du Département. Pour cet édifice, nous nous intéressions au critère innovant de l’offre. » « L’établissement est classé en zone d’éducation prioritaire. C’est une occasion de le montrer sous un autre aspect », ajoute Jean-Pierre Ruiz, proviseur du collège.

C’est finalement Engie qui remporte la procédure. Les termes du contrat sortent de l’ordinaire : le groupe prend à sa charge le coût du projet, environ 300 000 euros. Par ailleurs, il ne vend pas l’électricité produite. Celle-ci est autoconsommée par le site. Enfin, le département deviendra propriétaire des équipements dans dix ans. En contrepartie, l’énergéticien était libre d’expérimenter. En l’occurrence, il souhaitait tester le système Heliafilm, conçu par Heliatek. Engie possède depuis 2016 une participation de 6,6 % au capital de cette jeune entreprise allemande.

 

 

Tout en souplesse

 

La technologie d’Heliatek affiche les qualités communes à toutes les cellules photovoltaïques organiques : le dispositif est à peine plus épais qu’un film plastique et tout aussi flexible. « Il est bien plus léger qu’un panneau en silicium. La pose ne nécessite donc pas d’études ou de renforcement de la structure porteuse, remarque Quentin Van Nieuwenhoven, ingénieur chargé des énergies renouvelables du centre de recherche Engie Lab Laborelec. En outre, la production s’opère par un procédé d’impression sur rouleau plastique. Les dimensions de l’équipement sont donc très flexibles. » Néanmoins, le fabricant ne dispose pas encore d’une ligne de production complète. La longueur de panneaux est donc encore limitée à 1,20 m. L’ouverture d’une usine est prévue en 2019 à Dresde. L’opacité du matériau peut également varier au gré des cahiers des charges, un atout pour d’éventuelles installations en façade.

Grâce à ces propriétés, la mise en œuvre s’en trouve simplifiée. Le chantier a débuté le 23 octobre et s’est terminé le 14 novembre. « La pose des équipements a nécessité deux jours. Ils sont collés directement sur la toiture. En comparaison de panneaux classiques, la quantité de déchets générés par le chantier est très faible », explique Laurent David, responsable du centre de travaux de Périgny (Charente-Maritime) d’Engie Ineo, la filiale du groupe chargé de l’opération.

 

 

Un rendement au-dessus du lot

 

Au-delà de ces caractéristiques, le constructeur allemand se distingue par un rendement bien supérieur aux autres systèmes photovoltaïques organiques : 13,2 %. Le chiffre reste plus faible que les modules au silicium, mais Quentin Van Nieuwenhoven pointe des avantages complémentaires : « La production de dispositif ne chute pas avec la hausse de la température. Il conserve aussi un bon rendement en lumière diffuse. De plus, sa dégradation est en théorie moins rapide. »

Le démonstrateur de La Rochelle aidera notamment à vérifier ce dernier point. Sa puissance s’élève à 22,3 kWc. La production est estimée à 23,8 MWh/an, ce qui devrait couvrir environ 18 % des consommations du site. « L’énergie constitue notre premier poste de dépense. Notre facture d’électricité avoisine les 1000 euros par mois en période d’activité », indique Jean-Pierre Ruiz. Le projet comporte également un volet pédagogique. D’une part, le hall sera équipé d’un écran qui affichera la production des films. D’autre part, les élèves bénéficieront de modèles réduits d’Heliafilm. Ils pourront ainsi étudier leur fonctionnement.

 

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X