Paysage

Un an de transition s’ouvre chez les paysagistes concepteurs

Mots clés : Aménagement paysager - Etat et collectivités locales

Après l’Assemblée générale de la fédération française du paysage le 16 juin à Lille, Jean-Marc Bouillon, président depuis 2011, entame sa dernière année de mandat avec le sentiment du devoir accompli : l’organisation compte 869 adhérents, soit plus du double des effectifs de 2008.

Portée par sa récente victoire historique après 30  ans de bataille juridico-administrative pour donner un statut réglementé à la profession qu’elle représente, la fédération française du paysage a choisi un lieu emblématique pour son Assemblée générale du 16 juin : le parc du Grand Sud de Lille, médaillé de bronze aux dernières Victoires du paysage, démontre la capacité des paysagistes concepteurs à transformer la ville.

Dernière œuvre de Pascal Cribier, l’espace vert grimpe sur la toiture de la médiathèque où se sont réunis les professionnels. Comme a pu le constater la centaine de participants, ce belvédère joue son rôle de lieu de fête et de contemplation de la pièce urbaine de 28 hectares, dont 14 d’espaces publics : la végétation luxuriante et les lignes sinueuses des balustres ajourées en béton donnent son unité au quartier Arras-Europe conçu par Nicolas Michelin.

Fidélité

 

Mais le symbole du Grand Sud évoque aussi la transmission de flambeau qui se prépare pour 2018 à la FFP. A la place d’un ancien équipement sportif en voie de démolition à côté de la médiathèque signée Lacaton et Vassal, la jeune agence Leblanc-Vernacque, accompagnée par Frédéric Delesalle, assumera la reprise du parc dans la fidélité à l’esprit de Pascal Cribier. Pionnier de la mise en valeur des compétences des paysagistes concepteur avec la Zac Euro Santé de Jacqueline Osty ou le parc de la Haute-Deûle de l’agence Bruel Delmar, la Soreli, maître d’ouvrage de l’opération Arras Europe, a ouvert l’assemblée générale en évoquant la légitimité conquise en une génération par la profession : « Chacune de mes expériences m’a confirmé le très grand soin que vous mettez dans les espaces de rencontre, avec ou sans le végétal. Vous portez toujours une vraie réflexion sur la qualité des matériaux et sur la typicité dans l’écriture du mobilier urbain », s’enthousiasme Fabienne Duwez, directrice générale de la société d’économie mixte lilloise.

 

Renouvellement

 

Associée de la jeune équipe qui reprend le parc du Grand Sud et membre du bureau de la FFP des Hauts-de-France, Céline Leblanc fait partie des hôtes  qui ont vécu leur mission d’accueil de l’assemblée générale comme un challenge. Secondés, du vendredi au dimanche, par des étudiants en paysage de l’école de Lille, les espoirs paysagers des Hauts-de-France ont guidé leurs aînés vers quelques sites régionaux de référence. « La participation des étudiants prolonge le resserrement des liens entre la fédération et les écoles, présentes dans notre conseil d’administration », a souligné le président Jean-Marc Bouillon.

 

Fragilité

 

Pour regarder vers l’avenir, l’organisation dispose désormais d’un indicateur chiffré (voir focus ci-dessous) dont l’Assemblée générale a découvert les résultats avec le sourire, mais aussi avec la conscience de la fragilité économique de la profession : le trésorier Hervé Leroy a décomposé la population des paysagistes concepteurs sous forme de cylindres de cartons d’où ressort le volume prépondérant des agences dont le chiffre d’affaires se situe sous le seuil de 50 000 euros (voir encadré). Confiée à I + C et  financée à hauteur de 55 000 euros par l’association interprofessionnelle du végétal Val’hor dans le cadre d’un « observatoire du paysage », cette étude illustre l’un des points majeurs de la stratégie de l’équipe aux commandes de la FFP : le rattachement aux 10 familles professionnelles fédérées par Val’hor, parmi lesquelles les paysagistes concepteurs constituent « le maillon faible », selon Jean-Marc Bouillon.

 

Puissance

 

« Vous êtes le maillon fort, comme penseurs du paysage situés à l’amont de l’économie de la filière », lui a rétorqué Jean-Marc Vasse, délégué général de Val’hor. Sous le nom de Green Infrastructures Valuation Toolkit, l’interprofession peaufine un outil de démonstration de sa puissance économique, avec la complicité de la ville de Niort (Deux Sèvres), lauréate d’une Victoire d’or du paysage en 2014 pour la place de la Brèche redessinée par le studio Milou : à raison de 6 millions d’euros injectés chaque année dans l’économie locale par les usagers de cette place, notamment dans les commerces et le cinéma, 10 ans suffiront pour amortir l’investissement de 60 millions d’euros. Après restitution des résultats détaillés à la ville de Niort, la FFP et Val’hor multiplieront les simulations d’amortissement par le crible de cet outil.

 

 

Conquête

 

Fort de son assise règlementaire, intellectuelle et économique, le moteur de la machine paysagère française prépare son déploiement international : une convention signée par la FFP avec le forum francophone des affaires sécurisera les concepteurs hexagonaux dans leurs aventures africaines. La fructification de cet héritage figurera sans nul doute parmi les priorités du successeur de Jean-Marc Bouillon : Henri Bava, P-DG de l’agence TER pressenti pour présider la FFP à partir de 2018, fait déjà figure d’étendard international de la profession.

 

Focus

La première photographie de la profession

282O des 34OO diplômés en paysage sortis des écoles depuis 1976 sont restés dans la profession. Parmi les 1O69 libéraux, la répartition par tranches de chiffres d’affaires donne les résultats suivants : 452 n’atteignent pas les 5O OOO euros, 198 se situent entre 5O et 75 OOO, 294 entre 75 OOO et 225 OOO, 73 entre 225 OOO et 6OO OOO, 21 entre 6OO OOO et 1,2 millions d’euros, et 31 au-delà. Les 177O salariés comprennent 965 paysagistes en poste et 8O5 en attente d’exercice. En progression constante depuis 2OO8, les 869 cotisants de la fédération française du paysage lui donnent une représentativité supérieure à 3O %. La fédération maintient un objectif 1OOO pour 2O18, année de renouvellement de sa présidence, mais aussi d’une partie du bureau et de la déléguée générale Ariane Delilez. 

 

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