Etat et collectivités

UMP/PS : un vrai clivage sur le logement

S’il est un domaine dans lequel on retrouve un clivage droite/gauche, c’est bien celui du logement: ressuscitant le vieux thème d' »une France de propriétaires », le candidat Sarkozy cible son action future sur l’accession, tandis que les socialistes centrent leur politique sur le logement locatif.

Pour permettre à deux Français sur trois d’être propriétaires, le président de l’UMP entend frapper fort, en instituant dès son arrivée une déduction des intérêts d’emprunt au moins pour tous les primo-accédants et, éventuellement, sous plafond de ressources, pour les autres. Coût de la mesure, selon l’ancien ministre du Logement, Marc-Philippe Daubresse: 2 milliards à 2,5 milliards par an. En matière d’accession, les socialistes se montrent beaucoup plus réservés. Ils évoquent un recentrage du prêt à 0% afin qu’il soit « plus solvabilisateur pour ceux qui en ont le plus besoin », explique le sénateur Thierry Repentin pour le PS.

Rattrapés par les enfants de Don quichotte, les deux partis se retrouvent sur un objectif de 120.000 logements sociaux. Un chiffre sur lequel le candidat Sarkozy a évolué: en septembre, il critiquait les socialistes, les accusant de vouloir « couvrir la France de HLM » lorsqu’ils se fixaient cet objectif. Mais reste à savoir ce que l’on met derrière le mot « logement social »: des PLA-I et des PLUS (c’est-à-dire des HLM de base ou très sociaux), uniquement, affirme le PS, tandis que Marc-Philippe Daubresse rappelle qu’en 2007, ce seront 80.000 PLUS-PLAI sur les 120.000 logements sociaux qui seront agréés (contre 38.000 en 2000, rappelle-t-il). Il plaide pour une fermeté plus grande sur les terrains de l’Etat, dont la valorisation ne doit pas relever des ministères qui les possèdent. Il évoque deux possibilités: soit un pouvoir clair donné au ministre du logement, soit une agence rattachée au Premier ministre.

Risques locatifs
Le PS, pour sa part, préconise que l’on assortisse la vente des terrains d’Etat d’un programme de logements sociaux obligatoire de 30% et que le prix de foncier soit fixé de façon à équilibrer l’opération. Thierry Repentin évoque une « interministérielle spécifique sur le sujet et un bleu budgétaire qui dise où et comment on vend les terrains d’Etat avec une décote de 50% ». Il plaide, bien sûr, pour une application de l’article 55 et, dans les communes où il y a constat de carence, une obligation incompressible de logement social de 20 à 30%, selon les zones.

Le gouvernement ayant mené à bien la Garantie de risques locatifs mais Marc-Philippe Daubresse pense que « l’on peut aller plus loin’ en accordant la caution publique de l’Etat pour les cas les plus difficiles. Ségolène Royal, pour sa part, propose de la remplacer par un « service public de la caution », un système universel, mutualisé, géré par les partenaires sociaux et applicable dans le parc privé où les loyers sont conventionnés.
Françoise Vaysse

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X