Entreprises de BTP

Trois questions sur les PPP à Philippe Fabié, P-DG de Bouygues Bâtiment Ile-de-France

L’année 2006 s’annonce bien pour Bouygues Bâtiment Ile-de-France qui prévoit une progression de son activité de l’ordre de 5 à 8%, avec quelques projets réalisés en contrats de partenariat public/privé. Le point sur ces nouveaux types de marchés.

Avez-vous déjà remporté des contrats en partenariat public-privé?
Outre deux écoles à Asnières en 2005, nous venons de remporter la consultation lancée pour l’école de musique de Montereau, qui sera réalisée dans le cadre d’un bail emphytéotique administratif (BEA). Nous suivons plusieurs autres projets comme l’hôpital du sud francilien pour lequel la dernière offre (la 6ème) a été remise en janvier, l’hôtel de police de Meaux, l’hôpital de Pontoise ou encore l’INSEP. Cette dernière opération sera réalisée dans le cadre d’un « vrai » contrat de partenariat.

Comment vous êtes-vous organisés pour répondre à ces projets en PPP?
J’ai pris la décision de développer les PPP avec Sodéarif, notre filiale développement immobilier. La notion de maîtrise d’ouvrage n’est pas absente du partenariat-public privé et je suis convaincu que les entreprises qui se lanceront dans ce type de procédure sans chef d’orchestre rencontreront des difficultés. J’ai donc considéré qu’il serait intéressant d’allier les compétences des unités opérationnelles de Bouygues Bâtiment Ile-de-France (techniques, juridiques, financières, d’organisation des chantiers…) à la capacité de Sodéarif à monter des projets, les manager, à faire travailler ensemble des architectes, des bureaux d’études et des entreprises.

Quel premier bilan tirez-vous des PPP?
Tout d’abord cette procédure coûte très cher en études si l’on veut bien évaluer le coût et la prise de risque du projet. Ensuite, les collectivités publiques ont un peu trop tendance à nous demander de prendre des risques qu’elles-mêmes n’ont pas assumés par le passé. Je pense notamment au « risque permis ». Concrètement, on nous demande de nous engager sur un délai, une date d’ouverture sous peine de pénalités, voire même de déchéance. Or, s’il y a bien une chose que nous ne pouvons pas maîtriser, c’est le dépôt d’un recours. Donc, pour notre part, nous refusons de prendre ce risque.
Enfin, sur plusieurs affaires, nous nous sommes aperçus que le cahier des charges final ne prenait absolument pas en compte les remarques que nous avions pu formuler au cours des dialogues compétitifs, parfois quatre ou cinq, qui avaient précédé. C’est alors à prendre ou à laisser puisqu’on ne peut pas « varianter » les offres.
Nous nous trouvons donc un peu à la croisée des chemins, dans une phase de mise au point où chacun est en train de chercher ses marques. Il me semble important que les lois ne soient pas votées avant que ces calages soient faits.
Propos recueillis par Nathalie Moutarde et Patrick Piernaz

Retrouvez l’interview complète de Philippe Fabié dans Le Moniteur du 24 mars

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