Environnement

Trois questions au président de Canalisateurs de France

Mots clés : Eau - Métier de la construction - Travail

Dans un entretien exclusif au Moniteur, Patrick Bernasconi plaide pour une réforme de la politique de l’eau. Il liste également les dossiers qui attendent, dans les prochains mois, Canalisateurs de France.

Quels sont aujourd’hui les dossiers les plus importants pour Canalisateurs de France ?

Quatre priorités se dégagent :
– dresser un état des lieux des différents réseaux,
poursuivre des inventaires du patrimoine en réseaux d’alimentation en eau potable, et les étendre aux réseaux d’assainissement et d’eaux pluviales ;
– participer activement à la recherche et mise en place des solutions permettant le financement du renouvellement des réseaux ;
– suivre la mise en œuvre du nouveau Code des marchés publics, et notamment « l’obligation de recherche de l’offre économiquement la plus avantageuse » ;
– faire progresser la profession en terme de qualité, poursuivre la « labellisation » des entreprises de canalisation.

Qu’allez-vous dire au gouvernement ?

La pose des réseaux d’alimentation en eau potable s’est étalée sur plus d’un siècle avec des subventions systématiques aux collectivités locales. La « vérité » des coûts est illusoire : rares sont les collectivités qui ont provisionné des fonds pour financer le renouvellement des réseaux. Le renouvellement en masse des réseaux sera cause de nombreux problèmes et risque notamment d’entraîner une hausse brutale des prix – avec quelle acceptabilité sociale ? -, et un recours à la délégation de service. La comptabilité « patrimoniale » est un impératif pour les collectivités !

Quelles mesures concrètes attendez-vous ?

Il nous semble que la volonté de réforme de la politique de l’eau engagée depuis 1998 est une opportunité à saisir pour tenter de résoudre cette problématique et de répondre aux contraintes des directives européennes.
Cependant, le texte du projet de loi tel qu’adopté en janvier 2002 en première lecture par l’Assemblée nationale ne prend pas en compte cette problématique.
Les orientations prioritaires que Canalisateurs de France propose d’intégrer dans le projet de loi passent par évincer du texte toutes les dispositions d’ordre réglementaire, la loi devant fixer un cadre général qui permette de réaffirmer le caractère indispensable de la décentralisation et de la mutualisation de fonds, système incarné par les agences de l’eau et qui est un des principes de base de la directive du 23 octobre 2000; cette dernière établit un cadre pour une politique communautaire dans le domaine de l’eau avec un fonctionnement par bassins hydrographiques. Enfin, le renouvellement des réseaux doit devenir une priorité d’intervention des agences.

Propos recueillis par Pierre Delohen

Retrouvez l’intégralité de cet entretien dans le Moniteur n°5149 du 2 août 2002

Photo : Pont-à-Mousson

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