Chantiers

Trois chantiers en un pour le CEA, le CNRS et l’Inria

Mots clés : Établissements de soins

Afin d’accueillir leurs chercheurs dans les meilleures conditions, le CEA, le CNRS et l’Inria ont choisi d’harmoniser la conception de leurs laboratoires situés sur les communes du Moulon, de Palaiseau et de Saclay dans l’Essonne.

Trois sites, trois bâtiments, un seul maître d’œuvre et une dominante bioclimatique pour les trois ouvrages. Voici, en résumé, le souhait du CEA, maître d’ouvrage principal pour le projet du Digiteo Lab, qui regroupe les laboratoires du Centre d’études atomique (CEA), du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et de l’Institut national de la recherche informatique (Inria)  sur le site du plateau de Saclay au sud de la capitale.

Pour remporter le concours en 2009, les architectes français BRS associés aux allemands Behnisch Architekten avec les bureaux d’études Iosis, sa filiale Elioth et Transsolar ont donc dû tenir compte des contraintes imposées par trois sites différents avec une géologie et des Plans locaux d’urbanisme (PLU) également distincts.

C’est finalement le plus petit dénominateur commun qui a été choisi pour penser l’ensemble des édifices. En l’occurrence, le site du Moulon, où est implanté le CNRS, présentait le plus de contraintes : une nappe phréatique proche de la surface du sol, une altimétrie limitée des bâtiments et une parcelle plus petite que les deux autres laboratoires situés à Saclay pour le CEA et à Palaiseau pour l’Inria. « Autre exigence de taille, chacun des trois bâtiments devait pouvoir être doublonné dans le cadre d’une prochaine extension », ajoute Jean-Michel Reynier, architecte de l’agence BRS.

Afin de conjuguer l’ensemble de ces attentes, les architectes ont opté pour des bâtiments de forme rectangulaires en R+2 perforés d’un espace central recouvert d’une verrière et autour duquel s’organisent les bureaux individuels. « Cette disposition nous a permis de créer des espaces informels, qui servent à la fois de distribution du bâtiment, mais aussi de lieux de rencontres entre les chercheurs », poursuit Jean-Michel Reynier. Non prévus dans le programme initial, ces espaces informels, qui représentent 600 m² Shon environ dans chacun des bâtiments, permettent aux chercheurs de se rencontrer et de partager leurs travaux.

 

Jouer sur l’inertie du béton

 

Le fonctionnement bioclimatique du bâtiment tient quant à lui à la forme compacte et simple. Afin d’avoir un bâtiment assez large et bénéficier de l’inertie, la trame traditionnelle de 1,35 m pour des bureaux a été réduite à 1,25 m, ce qui donne des bureaux individuels de 2,50 m de large. Les rectangles mesurent ainsi entre 75 et 90 m de long pour une largeur comprise entre 35 et 42 m et 8 m de hauteur à chaque fois. L’inertie est ensuite renforcée par des dalles de béton. « Les salles de réunions et certains laboratoires imposaient des grandes portées, d’où le choix de dalles alvéolées qui permettent de décaler les poteaux de la structure et de gagner en liberté architecturale », précise Jean-Michel Reynier. Afin de profiter de l’inertie, les sous-faces des plafonds ont été laissé apparentes dans les bureaux individuels. Les circulations sont traitées avec des faux-plafonds pour l’acoustique. Ils « débordent » de 80 cm dans les salles de réunions et les bureaux collectifs où ils jouent le rôle d’absorbants acoustiques.

Dans un bâtiment bioclimatique, la ventilation constitue un point essentiel. Ici, l’air extérieur entre par les entrées d’air des bureaux installées sur la façade extérieure, transite par les circulations via des clapets installés dans les parois pour être finalement extrait par l’atrium en périphérie de verrière. L’automatisme pour l’évacuation est l’un des rares mis en place, puisque les bâtiments sont conçus pour consommer 35 % d’énergie en moins que la RT 2005 en vigueur à l’époque. La verrière est protégée par des velums métallo-textiles qui évitent les surchauffes en été et les déperditions thermiques en hiver.

 

D’autres bâtiments prévus sur le même modèle

 

Actuellement en fonctionnement, ces trois bâtiments ont représenté un budget compris entre 1500 et 1850 euros  HT/m². Le CEA a ensuite poursuivi la démarche avec l’opération Nano-Innov sur la commune de Palaiseau. Cette fois, il s’agissait de créer trois nouveaux bâtiments sur le même modèle, tout en adaptant au site. Le troisième bâtiment vient tout juste d’être livré et d’autres chantiers devraient être lancés d’ici à la fin 2013, toujours pour des sites de recherches.

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