Paysage

Trois candidats pour le viaduc du grand ouest strasbourgeois

Mots clés : Aménagement paysager - Entreprise du BTP - Espace naturel - Ouvrage d'art - Réseau routier

Le jury réuni par Vinci choisira le 22 juillet le lauréat du concours pour le viaduc de la Bruche, situé en contrebas d’un site classé entre Ernolsheim et Koblsheim (Bas-Rhin). Le concessionnaire des 24 km d’autoroute du grand contournement ouest de Strasbourg se prépare à exécuter le projet d’une des trois équipes suivantes : JNC international, Alain Spielman-Arcadis, Lavigne & Cheron – JDM Paysagistes.

Unique exemple alsacien d’association entre un château du XVIIIe siècle et un jardin à la française, le domaine de Kolbsheim s’attend à perdre sa vue sur la plaine de la Bruche. A l’extrémité du site classé de 11 hectares, qui intègre depuis 2006 les jardins à l’anglaise en bas de la propriété, un viaduc de 485 m de long traversera la rivière, entre deux remblais qui totaliseront 1 km. L’ouvrage permettra aux automobilistes de s’affranchir des 25 mètres de dénivelé de la côte de Kolbsheim.

 

Jugement le 22 juillet

 

« Annexées au contrat de concession suite aux études préalables à l’enquête publique, les études d’Egis Environnement ont identifié ce site comme le plus sensible du tracé du grand contournement ouest, sur le plan paysager. Ce contexte a justifié le concours de maîtrise d’œuvre en instance, dans le cadre des financements du 1% paysage », explique Eric Zimmermann, chargé d’études pour le concessionnaire. Après l’examen de 11 dossiers, la première phase de la consultation ouverte à des groupements d’architecte et de paysagistes a sélectionné trois groupements en lice jusqu’à la réunion du jury, le 22 juillet prochain. Les trois candidats ont visité le site fin mai.

 

Deuxième procédure de concession

 

Après des décennies de combat, Jean-Marie Grunelius, porte-parole de la famille qui détient et gère le domaine depuis 1874, ne cache pas son amertume : « En dépit de la doctrine officielle de l’Etat, ce projet ne suscite ni évitement, ni compensation, ni réduction ». Le copropriétaire concède qu’entre les multiples contraintes topographiques et économiques, le tracé ne laissait guère de marge de manœuvre. Il déplore le signal donné aux automobilistes alsaciens, à rebours des politiques d’incitation aux modes doux et aux transports publics : une analyse qu’il a longtemps partagée avec le maire socialiste de Strasbourg Roland Ries, dont le retournement d’opinion a joué un rôle décisif dans le lancement et l’aboutissement de la seconde procédure de concession qui a suivi l’élection présidentielle de 2012.

 

Dernières cartouches

 

Pendant que Vinci accélère la préparation du chantier de 553 millions d’euros HT à lancer avant 2018 pour éviter la caducité de la déclaration d’utilité publique, les opposants vident leurs ultimes cartouches : Alsace Nature a déposé un recours contre le décret n°2016-72 en date du 29 janvier 2016 approuvant la convention de concession. La commune de Vendenheim pourrait s’y joindre, et celle de Griesheim-sur-Souffel prépare sa propre procédure. Sans réponse du Premier ministre à son recours gracieux déposé fin mars 2016, Alsace Nature se prépare au contentieux auprès du conseil d’Etat.

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