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Travaux publics :  » Les PME des régions rurales sont les plus affectées par la crise « , selon Patrick Bernasconi (FNTP)

Si l’activité globale des travaux publics en France se maintient, les PME des régions rurales subissent de plein fouet le ralentissement de la commande des collectivités locales, indique Patrick Bernasconi, président de la Fédération nationale des travaux publics (FNTP).

La conjoncture du secteur des travaux publics pâtit-elle de la baisse des investissements des collectivités territoriales ?

On ne peut pas dire aujourd’hui que l’activité des travaux publics soit globalement mauvaise. Elle a même connu un rebond au cours des 7 premiers mois de 2011, de 0,6 % par mois.

Depuis, on constate une stagnation de nos activités. Les effectifs permanents d’ouvriers ne baissent pas, et le recours à l’intérim, variable d’ajustement, a connu une nette augmentation au cours du premier semestre de l’année.

Mais la situation nationale se caractérise par une très grande hétérogénéité, entre départements, et entre communes. Ainsi, si on a constaté une augmentation moyenne du nombre de lots de travaux publics de + 2 % au cours des 8 premiers mois de l’année, certains départements ont enregistré une chute brutale de cet indicateur, atteignant jusqu’à moins 10 %.

En résumé, les régions rurales souffrent énormément, et en leur sein les PME sont particulièrement affectées. A cela plusieurs raisons. Le plan de relance qui a suivi la crise de 2008 a laissé penser au secteur qu’il serait épargné.

Les entreprises ont donc conservé leurs effectifs intacts mais se sont lancées dans une guerre des prix sans merci pour capter la plus grande part possible des mesures de relance.

Ce qui a provoqué un désastre en termes de rentabilité. Car la spirale de baisse des prix n’a jamais cessé depuis. Les tarifs ont été divisés parfois par deux. Ainsi, en moyenne nationale, le nombre de bilans négatifs, estimé à 4 % en 2007, s’élevait à 20 % en 2009.

Aujourd’hui, des signaux d’alerte remontent en nombre des territoires ruraux. La crise bancaire restreint fortement l’accès à l’emprunt. Les organismes de notation, qui évaluent la qualité de la signature des PME, révisent leur note à la baisse.

Par surcroît, la loi de modernisation de l’économie du 4 août 2008 a créé de nouvelles tensions sur la trésorerie des entreprises du secteur, en raccourcissant les délais de paiement de nos fournisseurs et en laissant inchangés ceux des collectivités qui nous rémunèrent…

Les réformes en cours au sein des collectivités contribuent-elles, selon vous, à ces difficultés ?

Le principal problème en la matière provient du fait que rien ne semble stabilisé. La réforme de la taxe professionnelle a profondément bouleversé la structure de la fiscalité locale.

Si les communes semblent s’en sortir plutôt mieux que les autres, et les départements plutôt moins bien, la réorganisation inaboutie des compétences entre niveaux de collectivités se révèle fortement préjudiciable à notre activité.

Les acteurs économiques, les entrepreneurs en particulier, ont horreur de l’incertitude. Il nous paraît urgent de voir la répartition des compétences clairement définie, afin que l’on sache qui est chef de file sur chacune d’entre elles.

On ne peut rester plus longtemps dans le flou actuel.

Enfin, la crise bancaire mondiale qui plane au-dessus de nos têtes constitue bien entendu un motif de grande inquiétude. J’effectue régulièrement des tournées en province auprès des entrepreneurs des travaux publics et leur moral me semble au plus bas.

Il nous apparaît primordial, dans le contexte de réduction des déficits publics, que l’on distingue enfin entre la bonne et la mauvaise dette, entre celle qui finance le fonctionnement des institutions et celle qui permet de réaliser des investissements d’avenir.

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