Transport et infrastructures

Transports : la région Occitanie ne compte pas rester sur le bord de la route

Mots clés : Gouvernement - Mobilier urbain - Réseau routier - Transport ferroviaire

Carole Delga a rencontré la ministre des Transports, Elisabeth Borne, en début de semaine. L’occasion pour la présidente de la région Occitanie de faire valoir ses arguments concernant les grands projets d’infrastructures en attente. Parmi eux : les LGV Bordeaux-Toulouse et Montpellier-Perpignan, le plan de relance autoroutier et le désenclavement de certains territoires.

 

Le sujet des transports en Occitanie est sensible. La région qui gagne 52 000 habitants par an selon le conseil régional et compte deux métropoles, souffre d’un déficit d’investissement de la part de l’Etat depuis quarante ans. C’est en tout cas le sentiment de la présidente de la région, Carole Delga. Plusieurs projets sont pourtant sur la table des élus locaux. Parfois depuis longtemps.

Le plus emblématique : la LGV entre Bordeaux et Toulouse, suite logique pour les élus du territoire de la igne inaugurée début juillet entre Tours et la métropole bordelaise. Un sujet devenu extrêmement glissant, alors que le président de la République et le gouvernement ont annoncé une « pause » dans les projets d’infrastructures. Emmanuel Macron a même semblé réticent au lancement de nouvelles LGV. « Nous ne pouvons pas promettre des lignes de TGV et des aéroports à la France entière », avait-il énoncé le 17 juillet, lors de la conférence des territoires.

L’Occitanie a besoin de clarifications sur ces sujets. La présidente de la région est donc allée défendre ses arguments directement auprès de la ministre des Transports, Elisabeth Borne, le 1er août. Avec sans doute dans l’idée de peser lors des Assises de la mobilité prévue à la rentrée.

 

Des discussions à la rentrée pour la LGV Bordeaux-Toulouse

 

La Région et les habitants, qui se sont exprimés lors d’une mobilisation citoyenne ayant généré 20 000 contributions, ont fait le choix « d’un investissement sans précédent – 13 milliards d’euros d’ici à 2030 – en faveur des transports collectifs et de l’intermodalité », rappelle Carole Delga. Auprès de la ministre, elle a « réaffirmé sa volonté d’aboutir rapidement à un protocole de financement avec l’Etat pour que la LGV Bordeaux-Toulouse voie enfin le jour ». D’autant que « près de 150 millions d’euros de dépenses en études et en acquisition foncières ont déjà été engagées » pour ce projet, et celui d’une autre LGV entre Montpellier et Perpignan, dont on attend le lancement de l’enquête publique au premier semestre 2018.

Si elle n’a pas obtenu d’engagement ferme de la ministre pour le moment sur ce point, une réunion de travail avec tous les décideurs (Etat, collectivités concernées, SNCF réseau…) doit avoir lieu à la rentrée. Le but : étudier les pistes de financements possibles (la Région propose d’être un territoire pilote pour tester une taxe poids-lourds en transit international) et poser les fondations d’une société de projet. « La ministre s’est montrée à l’écoute et sensible aux arguments et aux enjeux», nous explique-t-on à la Région. L’espoir de voir le projet avancer est donc permis.

 

Priorité à la RN88 et au plan de relance autoroutier

 

Ce rendez-vous entre la présidente de la Région et la ministre des Transports a aussi permis de mettre d’autres sujets sur la table, tout aussi importants pour la mobilité du quotidien. Carole Delga en a ainsi profité pour « alerter sur le désengagement en cours s’agissant de la régénération et de l’entretien d’un grand nombre de lignes ferroviaires, notamment dans les territoires de montagne ».

Enfin, Carole Delga a demandé « que les investissements non encore engagés dans le cadre du volet routier du Contrat de plan Etat-Région (CPER) et du plan de relance autoroutier soient débloqués pour décongestionner les deux métropoles de Toulouse et de Montpellier ou encore l’agglomération de Nîmes ». Parmi les projets du CPER (658 millions d’euros), « il faut en priorité avancer sur les travaux de la RN88 en Aveyron et en Lozère », indique la Région, afin de désenclaver ces territoires ruraux. Déviations de Gimont (Gers) et de Laudin l’Ardoise (Gard) ou encore fin de l’aménagement du périphérique toulousain en 2×3 voies sont aussi au programme. Le plan de relance autoroutier, de son côté, doit notamment permettre le contournement ouest de Montpellier et la déviation de la RN 113 dans l’Hérault.

Les projets sont donc nombreux dans la Région, et surtout stratégiques. Carole Delga n’entend pas que sa région soit mise à l’écart et prévient : « L’Etat doit être au rendez-vous ». L’avertissement sera-t-il entendu ?

 

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