Réalisations

Tour de France des opérations nommées à l’Equerre d’argent 2011 (9/9)

Etape du jour : collège Frédéric-Mistral à Arles, réalisé pour le Conseil général des Bouches-du-Rhône par Gaëlle Péneau Architectes Associés (GPAA).

Dans un site remarquable, sur la rive du Rhône, à l’articulation entre la ville antique et la ville moderne industrielle, le nouveau collège avait à composer avec les éléments naturels forts – vaste paysage du fleuve, soleil brûlant et Mistral -, un programme dense et une contemporanéité assumée.

Le projet est implanté sur une parcelle triangulaire dont les trois faces présentent des caractéristiques très différentes : à l’ouest, sur la rive du fleuve dont la courbe donne un point de vue exceptionnel sur la cité ancienne ; à l’est, sur la rue Talabot, voie de desserte de la gare bordée de propriétés avec un patrimoine végétal intéressant ; au nord, la gare routière et les parcs de stationnement ; enfin,  à la pointe sud du triangle, l’espace public de la  place Lamartine et au-delà, sur la porte d’entrée de la ville ancienne.

Le terrain est divisé en deux parties par un merlon, trace historique de l’ancienne voie de chemin de fer qui franchissait le fleuve pour relier la ville d’Arles à celle de Lunel, ponctuée de la culée du pont disparu, sculptée de deux lions emblématiques. L’orientation principale du terrain nord-sud implique la prise en compte des caractéristiques climatiques locales qui imposent de prévoir des protections vis-à-vis des vents dominants (le Mistral souffle du nord), de l’ensoleillement important, des risques d’inondations (crues du Rhône). En outre, le projet devait s’inscrire dans les différentes échelles du territoire.  Il y répond par sa volumétrie et ses typologies de façades : sur le Rhône, l’échelle des maisons de ville avec les corps de bâtiment qui ménagent des percées visuelles depuis la cour vers le fleuve ; celle des immeubles urbains des années 60, avec le bâtiment d’enseignement sur pilotis, et enfin l’image du faubourg industriel avec les sheds de toiture des immeubles sur la rue Talbot.

Répartition du programme

La répartition du programme répond à la topographie singulière et s’établit en fonction de la séparation médiane instaurée par le merlon historique : les locaux d’enseignement, d’accueil et de vie scolaire au sud, les équipements sportifs et les logements de fonction au nord. Entre les deux est glissé le plateau sportif de plein air.

Au sud donc, trois entités encadrent la cour de récréation. En façade ouest, les lieux d’accueil et de documentation et l’amphithéâtre occupent les volumes qui s’ouvrent par de larges circulations vitrées sur le paysage du fleuve. Le bâtiment d’enseignement général domine l’ensemble par sa construction sur pilotis, qui abrite un vaste préau. Enfin, les locaux d’enseignement scientifique et technique se distinguent par leurs façades très opaques sur la rue, et une toiture à sheds qui capte la lumière du nord.

Au-delà du merlon traité en talus végétalisé, les équipements sportifs sont installés en périphérie du terrain afin de dégager l’espace nécessaire aux 3000 m2 du plateau sportif.  Les logements de fonction sont implantés à l’angle nord-ouest du site, à l’écart des flux des élèves. Ils disposent ainsi d’un accès indépendant de l’équipement scolaire et bénéficient en façade sud de vues sur le Rhône.

L’implantation et la configuration de ces différentes entités assument sereinement les fortes contraintes climatiques locales. Le bâtiment sur pilotis formant écran, prolonge la protection aux vents dominants assurée par le merlon. Il assure également une protection solaire par son ombre portée sur la cour. Les équipements sportifs abritent le plateau sportif des effets du Mistral.

Deux modes constructifs

Le chantier a conjugué deux modes constructifs : structure béton pour les bâtiments sur le Rhône et sur l’avenue Talabot, structure et charpente métallique pour le bâtiment pont.  Celui-ci est caractérisé par une poutre-façade réalisée en treillis d’acier sur appuis glissants, d’une portée de 37,50 m, les façades  sont constituées d’une double peau métallique au sud et d’un mur rideau d’éléments vitrés au nord.

Plus travaillées, les façades sur le fleuve présentent une texture étudiée pour répondre aux prescriptions des Monuments historiques et s’inscrire dans le front bâti sur le Rhône. Elles sont constituées de béton matricé brut de décoffrage, mis en œuvre avec trois matrices différentes (issues du commerce), qui selon une combinaison verticale, glissent du plus rugueux au plus lisse, en référence à la minéralité du rocher d’Arles. La répartition des percements ajoute encore à l’effet « maisons de ville » que confèrent l’échelle, le dessin de rives de toiture et le traitement des surfaces. En opposition, les bâtiments sportifs et les logements de fonction sont revêtus d’un bardage aluminium à petites ondes. A la fois compact et multiples, le nouvel établissement se glisse dans le tissu urbain, formant rotule entre la diversité formelle des quartiers et articulation entre les fonctions et les échelles.     

Article à paraître dans le numéro de janvier 2012 d’AMC

Palmarès

Le prix d’architecture de l’Equerre d’argent 2011 a été décerné le 28 novembre par le Groupe Moniteur à la rénovation de la tour de logements Bois-le-Prêtre à Paris (17e), réalisée par l’architecte mandataire Frédéric Druot, associé à Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal pour le compte de Paris Habitat.

Une Mention a été attribuée au groupe scolaire intercommunal Casarès-Doisneau à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), réalisé par l’agence AAVP Architecture (Vincent Parreira, Elise Reiffers, Thomas Rault) pour le compte des Villes de Saint-Denis et d’Aubervilliers.

Focus

Fiche technique

Lieu : 2, Esplanade de la Laïcité, Arles (Bouches-du-Rhône).

Maîtrise d’ouvrage : Conseil général des Bouches-du-Rhône.

Maîtrise d’œuvre : GPAA-Gaëlle Péneau Architectes Associés, mandataire. BETEREM ingénierie, BET TCE.

Programme : collège 600 – locaux d’enseignement, amphithéâtre, demi-pension, gymnase, plateau sportif, 5 logements de fonction.

Surface : 9591 m2 Shon.

Coût : 17,3 millions d’euros HT.

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X