Réalisations

Tour de France des opérations nommées à l’Equerre d’argent 2011 (6/9)

Etape du jour : la Cité de l’océan et du surf à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), réalisée pour la Ville par l’architecte new-yorkais Steven Holl, associé à ses confrères français Xavier Leibar et Jean-Marie Seigneurin.

Inaugurée ce 25 juin, la Cité de l’océan et du surf de Biarritz, conçue par l’architecte new-yorkais Steven Holl, associé à ses confrères Leibar & Seigneurin, évoque les rouleaux de la côte basque, chers aux surfeurs…

A son image de station balnéaire Second Empire, Biarritz (Pyrénées-Atlantiques) a voulu superposer celle d’une ville tournée vers ses jeunes surfeurs et soucieuse de la préservation de l’océan. La Cité de l’océan et du surf, sobre construction en béton blanc, répond à ce désir. Sans suivre l’avis du jury de concours qui avait retenu, en 2005, le projet de l’agence catalane Miralles-Tagliabue (EMBT), Didier Borotra, maire de la Ville a imposé celui du New-yorkais Steven Holl – dont c’est la première réalisation en France -, associé aux Aquitains Xavier Leibar et Jean-Marie Seigneurin : « J’ai été séduit par la constance du langage de Steven Holl, reconnaît le maire. Le projet avait du sens avec son concept de musée sous le ciel et sous l’océan. De plus, la construction est raffinée mais jamais prétentieuse. » Situé au sud de la ville, sur un promontoire, le bâtiment se caractérise par sa toiture en forme de vague qui fait office de place publique. Pavée de calcaire portugais et partiellement engazonnée, elle s’ancre dans le sol et offre un panorama sur l’océan. En sens inverse, le bâtiment laisse voir une courbe inversée surmontée de deux prismes en verre. Créées pour rappeler deux émergences rocheuses situées au large, ces deux constructions abritent une cafétéria et un restaurant avec terrasse, ainsi qu’un kiosque. Posées sur la vague, elles illustrent l’autre parti pris en termes de matériaux : avec le béton immaculé, l’architecte a privilégié le verre transparent ou translucide pour son aspect opalescent. « Le bâtiment ne s’impose pas au paysage. Cela tient à sa géométrie et à la volonté de l’enterrer partiellement. A surface et emprise égales, 60 m x 60 m, peu de constructions créent des espaces aussi diversifiés », estime Xavier Leibar. Enfoui aux deux tiers pour des raisons d’insertion paysagère, le bâtiment l’est aussi pour sa régulation thermique qui tire parti de l’inertie du toit. Il donnera également aux visiteurs la sensation de plonger sous la surface lorsqu’ils descendront les deux volées d’escaliers vers la salle d’exposition. Une impression renforcée par le galbe du plafond.

Deux opérations, un seul PPP

Cet espace blanc sur plan trapézoïdal abrite trois « rochers » en plâtre qui accueillent les « univers » imaginés par le scénographe. Au niveau intermédiaire prennent place bureaux, boutique et auditorium. Cette Cité de l’océan s’inscrit dans le projet « Biarritz Océan » qui comprend l’extension du Musée de la mer, un bâtiment Art Déco. Deux opérations réunies par la commune au sein d’un même contrat de partenariat public-privé (PPP), alors qu’elle avait déjà retenu le projet de Steven Holl. Le marché a été notifié à Vinci Construction en août 2008. « Nous avons opté pour cette solution en raison des difficultés techniques du projet et des besoins de financement », explique Didier Borotra. L’architecte a accepté la transformation de son contrat en un contrat privé intégré dans un PPP. « Cela n’a pas bouleversé notre travail, observe Xavier Leibar, notamment parce que nous avions gagné le concours en amont et, avant le PPP, dessiné le projet jusqu’en phase PRO. Les plans d’exécution ont ensuite été réalisés dans le cadre du PPP. Je retiens surtout ici la nécessité d’une étroite relation de confiance entre les acteurs pour garantir la qualité du résultat. »

 

Article publié dans Le Moniteur du 24 juin 2011

Palmarès

Le prix d’architecture de l’Equerre d’argent 2011 a été décerné le 28 novembre par le Groupe Moniteur à la rénovation de la tour de logements Bois-le-Prêtre à Paris (17e), réalisée par l’architecte mandataire Frédéric Druot, associé à Anne Lacaton et Jean-Philippe Vassal pour le compte de Paris Habitat.

Une Mention a été attribuée au groupe scolaire intercommunal Casarès-Doisneau à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), réalisé par l’agence AAVP Architecture (Vincent Parreira, Elise Reiffers, Thomas Rault) pour le compte des Villes de Saint-Denis et d’Aubervilliers.

Focus

Un vaisseau de béton immaculé à l’assaut de l’océan

Fondue dans le site, la majeure partie de la Cité de l’océan est souterraine. Le toit de l’équipement apparaît comme l’élément le plus remarquable du bâtiment. Cent cinquante plans de coupes ont été nécessaires pour dessiner les courbes complexes qui évoquent, aux dires de Steven Holl, la forme des vagues. Ce toit est supporté par 70 poutres en béton armé (classe de résistance à la compression C50/60), dont les plus importantes sont précontraintes et affichent une portée de 26 m ; la plus lourde pesant à elle seule 36 tonnes. Chaque poutre adopte une géométrie différente afin de respecter la forme générale de la couverture, ce qui a imposé la réalisation de coffrages spécifiques pour chacune. L’ensemble a été préfabriqué sur site et un levage d’envergure a permis de mettre en œuvre ces éléments en cinq jours à l’aide d’une grue mobile de 350 t. Posée sur ce squelette, la couverture en béton a été également coulée en place. Conçu pour fonctionner à la manière d’une place publique, ce toit intégralement pavé comporte un bassin ventru en béton autoplaçant dont les galbes sont visibles de dessous (photo ci-contre) comme de dessus. Pour le réaliser, deux coffrages – mâle et femelle – ont été fabriqués pour reproduire le dessin de l’architecte. Les murs en béton blanc Unibéton (C30/37), aux granulats clairs de Mios (Gironde), sont coulés sans reprise, avec un parement matricé bois.

 

Focus

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : contrat de PPP entre la Ville de Biarritz et SNC Biarritz Océan. Architectes : Steven Holl Architects – Steven Holl, Solange Fabião et Rodolfo Dias (chef de projet) -; associés : SARL Leibar & Seigneurin, Julien Baronnet (chef de projet assistant). Paysage : Steven Holl. Consultants : Betec et Vinci Construction Marseille (structure), Avel (acoustique), Elithis (CVC, plomberie et électricité). Scénographe : Yves Ollier, Already Made, Paris. Commissaire d’exposition : Philippe Vidal, Already Made, Paris. Surface : site, 43 118 m2 ; surface construite, 4 960 m2 Shon ; exposition, 2 000 m2. Coût travaux : 21 millions d’euros HT. Calendrier : début de chantier en janvier 2009 ; livraison en décembre 2010 (puis aménagements scénographiques).

Focus

Une plongée au cœur de l’univers marin

« Nous avons souhaité immerger le public et le rendre acteur des expériences qui lui sont proposées, avec l’objectif de lui transmettre, grâce aux émotions, de nombreuses informations historiques et scientifiques sur l’océan en général, mais aussi en lien avec Biarritz et la Côte atlantique », explique le scénographe Yves Ollier. En s’enfonçant dans la salle d’exposition, située dans la partie enterrée du bâtiment (photo ci-dessous), les visiteurs pénètrent dans un espace immaculé ponctué de trois « univers » traités comme des décors de cinéma ou théâtre : celui d’une base sous-marine, d’un bathyscaphe (engin d’exploration abyssale) et d’un surfeur. Ils pourront ainsi explorer les profondeurs marines à bord d’un bathyscaphe reconstitué en zinc, approcheront une baleine… en fil de fer, à la manière d’un Calder (photo ci-dessous, à droite) ; ou seront engloutis dans un rouleau à l’instar du surfeur… Projection en relief, images de synthèse, interaction temps réel par capteurs de mouvements, écrans tactiles, tables interactives, environnements sonores sont déployés pour plonger les visiteurs au cœur de l’océan via 150 vidéos créées pour la circonstance. Pour préserver la sobriété de l’espace, les architectes ont imaginé d’envelopper chacun des trois univers dans des « rochers » en plâtre blancs. « Cela permet de fragmenter l’espace et de révéler d’autres angles de vue. On prend ainsi conscience de la dimension et de la hauteur de la pièce », explique Xavier Leibar. Une sensation renforcée par le galbe du plafond, revers de la toiture en pente ; et par la hauteur des parois oscillant entre 12 et 15 m.

 

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