Réalisations

Tour de France des bâtiments nominés à l’Equerre d’argent 2012 (5/7)

Mots clés : Architecte - Architecture - Bâtiment d’habitation individuel - Communication - marketing - Manifestations culturelles - Prix d'architecture - Réseau routier - Salles d'audition, de conférences, de réunion, spectacles ou à usages multiples

Du 11 au 21 janvier, les rédactions du Moniteur et d’AMC vous proposent de traverser la France, du Nord au Sud, sur la route des bâtiments nominés au prix d’architecture de l’Equerre d’argent 2012. Etape du jour : Paris (13e), où les architectes Jean Bocabeille et Ignacio Prego (agence BP) ont réalisé un immeuble mixte (école, logements, théâtre) pour la RIVP.

Dans la ZAC Paris Rive gauche, l’agence BP Architectures (Jean Bocabeille et Ignacio Prego) a livré une opération ambitieuse dont la densité et la complexité du programme sont à l’image du quartier, toujours en construction au-dessus des voies ferrées de la gare d’Austerlitz. Arrivée à mi-parcours, l’opération Paris Rive Gauche offre aujourd’hui de nouvelles continuités urbaines entre la Seine et le 13e arrondissement. Si le long du fleuve la différence de niveau avec la dalle est gommée par une déclivité progressive, entre celle-ci et le tissu ancien un front de bâtiments articule la ville ancienne et la nouvelle à travers un dénivelé de huit mètres. C’est à un exercice délicat que l’agence BP s’est livrée, offrant dans une écriture maîtrisée un immeuble d’une haute complexité programmatique.

Situé à l’angle de deux rues superposées, le bâtiment multiplie les attentions urbaines. Poursuivant l’alignement sur rue, il constitue un front de parc rue des Grands Moulins et crée une entrée sur la ville haute rue du Chevaleret. En partie basse le long de cette dernière, les architectes ont choisi de reprendre le traitement de façade du mur de soutènement en pierre autoportante défini par Bruno Fortier, urbaniste du secteur Masséna-Chevaleret. Un socle horizontal sur deux niveaux est ainsi créé sur lequel se superpose un second volume, revêtu d’un bardage de terre cuite vernissée. Une césure biaise du volume bâti s’ajoute à cette bipartition. Une faille est pratiquée à l’angle des rues des Grands Moulins et Jeanne Chauvin sur le volume haut et s’amplifie jusqu’à l’ouverture et l’éclatement total du volume en son coin opposé. Clin d’œil réussi aux îlots ouverts voisins de Christian de Portzamparc, cette découpe permet un ensoleillement maximum du cœur d’îlot aux façades revêtues de bardage de tôles d’aluminium anodisé réfléchissant.

 

Une polyfonctionnalité sublimée

 

Le dénivelé du terrain, sa double hauteur de desserte libèrent un volume important sous la rue du Chevaleret. Cet espace supplémentaire a été mis à profit dans une volonté de mixité programmatique ambitieuse du bâtiment. Disposant d’une capacité adéquate, ce volume aux trois façades aveugles a accueilli un théâtre présent sur le site auparavant, menacé par les travaux. Théâtre, parking public, ascenseur urbain, groupe scolaire, logements sociaux, les architectes ont eu à ordonner un millefeuille programmatique important au sein du bâtiment. Les volumes s’imbriquent, s’encastrent et conjuguent leurs servitudes dans une grande simplicité d’usage. Les architectes parlent de « coprésence » pour expliquer les relations entre ces différents programmes, on pourrait même avancer la notion de commensalisme tant les contraintes et les bénéfices sont mutualisés : les accès aux appartements servent d’issues de secours à l’école, la rampe de parking joue le rôle d’espace tampon phonique et vibratoire entre les voies de chemin de fer et l’espace scénique, l’auvent du préau est tout à la fois protection climatique et protection physique contre la chute d’objets des étages supérieurs d’habitations sur la cour…

À la fois complexe et ordonné le bâtiment se joue des paradoxes. Lisses et retenues dans leur écriture extérieure, ses façades intérieures adoptent une géométrie beaucoup plus agitée. Les couleurs sourdes des façades sur rue laissent place à une polychromie de panneaux colorés dans les espaces intérieurs de circulation. Bel exemple de polyfonctionnalité, ce projet ne met pas tant en avant une expressivité architecturale dramatique de sa complexité interne qu’une urbanité affable et dynamique ou l’ensemble prime sur le singulier et l’insolite.

Focus

Fiche technique

Maîtrise d’ouvrage : Régie immobilière de la Ville de Paris (RIVP)

Aménageur : Semapa

Maîtrise d’œuvre : BP Architectures (Jean Bocabeille et Ignacio Prego), architectes ; Arcadis, structure ; Bougon, économie ; Vivié, acoustique ; Delta, fluides ; RFR éléments, HQE ; Acora, scénographie

Programme : 66 logements locatifs sociaux (PLS) ; école polyvalente de 9 classes et 2 logements de fonction ; théâtre de 224 places ; parking de 51 places ; 1 ascenseur public

Surfaces : 9845 m2, Shon globale ; 5492 m2, logements ; 1687 m2, théâtre ; 2530 m2, école

Coût : 23 millions d’euros HT

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