Transport et infrastructures

Top départ pour une troisième ligne de métro à 1,7 milliard d’euros à Toulouse

Mots clés : Etat et collectivités locales - Gares, aéroports - Transport collectif urbain

Le 18 décembre à Toulouse, Jean-Michel Lattes, le président du SMTC Tisséo, a dévoilé le tracé retenu pour la troisième ligne du métro toulousain. Longue de 21 km, intégrant 17 stations, la future «Toulouse Aerospace Express» desservira la gare de Toulouse et les principaux pôles économiques de l’agglomération à l’ouest et au sud-est. Sa mise en service est prévue en 2024.

Le financement n’est pas encore finalisé. Des options restent encore à étudier. Mais ces dernières incertitudes sur la future troisième ligne de métro de l’agglomération toulousain attendue pour 2024, seront levées avant l’été prochain. C’est ce qu’ont promis Jean-Michel Lattes, le président du syndicat mixte des transports en commun (SMTC) Tisséo, et Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole, ce 18 décembre, lors d’un comité syndical extraordinaire.

La réunion, organisée en présence des principaux élus locaux, a d’abord servi à dévoiler le tracé retenu de la future troisième ligne de métro. Baptisée «Toulouse Aerospace Express» (TAE), elle a vocation à transporter au moins 200 000 passagers par jour et à desservir les principaux pôles d’emploi de l’agglomération: les sites d’Airbus de Colomiers et de Saint-Martin-du-Touch, à l’ouest; le quartier en développement de Toulouse Montaudran Aerospace et le site Airbus Defense & Space, au sud-est. «La troisième ligne constitue une alternative forte à la voiture, dans une aire urbaine qui dépasse le million d’habitants et dont les infrastructures routières sont régulièrement asphyxiées», a insisté le président de Tisséo rappelant que 500 000 déplacements supplémentaires sont attendus à l’horizon 2025 sur le périmètre des transports urbains de l’aire toulousaine, soit 12 000 à 15 000 nouveaux habitants par an.

 

Tracé de base de 21 km

 

En forme d’arc selon une orientation ouest/sud-est, le tracé de base de 21 km de long, dont 16 km en souterrain, sera émaillé de 17 stations. S’y ajoutent 8 km correspondant aux trois options qui seront plus finement étudiées au cours du premier trimestre 2016.

En effet, depuis Colomiers, à l’ouest, est envisagée l’option de monter vers l’aéroport de Toulouse-Blagnac, au nord-ouest, puis de redescendre à Toulouse via le boulevard de Suisse et Fondeyre. La ligne permettra alors des interconnexions avec les lignes A et B du métro toulousain.

Une chose est sûre, TAE desservira obligatoirement la gare Matabiau avec trois stations ainsi que le futur quartier de Montaudran, au sud-est, avec deux stations. Là, les deux autres options à étudier sont celle d’un prolongement vers le sud-est: soit vers le quartier de Malepère, soit vers Labège, ville-centre de la communauté d’agglomération voisine du sud-est toulousain (Sicoval).

 

Un budget de 1,7 milliard d’euros

 

Ces options entraîneront des surcoûts qui s’ajouteront au budget de 1,7 milliard d’euros fixé par Tisséo. Ainsi, la desserte de l’aéroport par TAE coûterait 112 millions d’euros. Le prolongement jusqu’à Labège coûterait 122 millions d’euros. Il est à noter que le Sicoval porte un autre projet de prolongement de la ligne B du métro toulousain, qui lui est prêt à démarrer (voir le Focus ci-dessous). «Les discussions au cours du premier trimestre 2016 serviront à regarder toutes les hypothèses, ainsi qu’à arriver à des points de convergence et intérêts partagés avec le Sicoval», a déclaré Jean-Luc Moudenc, président de Toulouse Métropole.

Iil en sera de même avec la desserte de l’aéroport de Toulouse-Blagnac. Tisséo a été sollicitée par la SNCF, Airbus et la société d’exploitation de la plate-forme aéroportuaire pour étudier l’option. Tout l’enjeu des discussions servira notamment à évoquer la contribution de ces différents opérateurs au financement du surcoût.

 

Cinq années de travaux

 

En attendant l’aboutissement de ces discussions, Tisséo est aujourd’hui en mesure de présenter le calendrier de réalisation de TAE pour une mise en service en 2024.

Les études préliminaires se poursuivront pour une adoption du tracé définitif en 2018. A cette date seront lancées la concertation et l’enquête publique. Un an plus tard, cinq années de travaux vont démarrer.

Jean-Michel Lattes a tenu à rappeler que le projet de TAE est conduit avec deux «autres projets emblématiques». Ainsi, le téléphérique urbain sud qui enjambera la Garonne sera, notamment, prolongé jusqu’au quartier de Montaudran pour une connexion avec TAE. Par ailleurs, Tisséo a adopté le principe de la création d’ici à 2019 de dix lignes de bus Linéo pour «capter les voyageurs le plus à l’extérieur possible de l’agglomération». «Ces trois projets permettront de réaliser un circuit complet de transports urbains autour des deux lignes de métro A et B, des deux lignes de tramway, ainsi que des bus classiques», a-t-il précisé.

 

Focus

Calendrier de la troisième ligne de métro TAE

2016: engagement des études préliminaires, saisine de la commission nationale du débat public;

2017: choix du maître d’œuvre si loi MOP; AVP; étude d’impact;

2018: fin de l’AVP; enquête publique;

2019: déclaration d’utilité publique; consultation des entreprises;

2024: mise en service.

 

Chiffres-clés

Les chiffres clés du prolongement de la ligne B (PLB)

– 5 km dont 400 m en souterrain et 4,6 km en viaduc;

– 5 stations: Parc technologique du Canal, Institut national Polytechnique, Innopole, Diagora, Labège;

– 36 km/h de vitesse commerciale;

– 3 min 30 de fréquence en heure de pointe;

– lors de la mise en service du PLB, une rame sur trois rejoindra Labège, les deux autres s’arrêteront à Ramonville-Saint-Agne, déjà desservie par le métro;

– interconnexion prévue du PLB avec le train et projet de création d’une gare à Labège acté par la région;

– 35000 à 38000 voyageurs/jour;

– plus de 50000 personnes en bassin de vie et d’emploi desservis;

– la station de métro Jean-Jaurès, au croisement des lignes A et B du métro toulousain, est à 23 minutes de Labège alors que la gare Matabiau est à 25 minutes;

– 362 millions d’euros de budget d’investissement, hors frais de maîtrise d’ouvrage (Tisséo avait promis une participation à hauteur de 141 millions d’euros, le conseil départemental de la Haute-Garonne interviendrait à hauteur de 81 millions. Le Sicoval a prévu de financer le reste avec des droits à construire et le recours à l’emprunt);

– mise en service en 2021.

 

 

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