Industrie/Négoce

Terreal : opposés à l’éviction de leur patron, les salariés ne désarment pas

Quelques jours après l’annonce de l’éviction de leur patron Hervé Gastinel, les représentants des salariés de l’industriel Terreal soulignent les risques pris par le conseil d’administration de changer de capitaine alors que la reprise du marché de la construction semble proche.

Pas grand chose n’a changé depuis l’annonce, le 5 mai, de l’éviction d’Hervé Gastinel du poste de président de Terreal par le conseil d’administration de cet industriel français spécialiste de la terre cuite.

Si le top management semble abasourdi par la mise à l’écart du fondateur de l’entreprise, les salariés, eux, se mettent en ordre de marche pour tenter de sauver sa tête. Communiqués en rafales, ouverture d’un compte Twitter et d’un blog dédié… L’intensité de la fronde se veut proportionnelle à la soudaineté de la décision du conseil d’évincer Hervé Gastinel.

« Nous sommes très inquiets, nous ne croyons pas aux arguments des administrateurs », confie au Moniteur Bernard Gire, secrétaire du comité central d’entreprise (CCE) de Terreal et élu Force Ouvrière. Tout juste Gilles Auffret, président du conseil d’administration, a-t-il laissé entendre que la décision de remplacer le dirigeant avait été prise pour « redonner de l’élan » à Terreal et davantage « développer ses activités à l’étranger ».

 

Revente des sites industriels

 

Les représentants des trois organisations syndicales (Force ouvrière, CFDT et CGT) devraient prochainement se réunir pour décider des actions à mener, éventuellement des blocages de sites. « Malgré la conjoncture difficile, Hervé Gastinel a réussi à ne pas procéder à de casse industrielle ou sociale chez Terreal contrairement à nos principaux concurrents. Imposer un nouveau patron qui ne connaîtra sûrement pas la situation aussi bien que lui est très risqué alors que la reprise du marché de la construction est prévue pour la fin de l’année », s’inquiète le représentant du CCE. « Quand le marché va repartir, nous ne pourrons pas perdre de temps ou ne pas être prêts. La nomination d’un nouveau dirigeant est un contre-sens ».

Selon Bernard Gire, « la stratégie d’innovation menée depuis deux ans par l’entreprise ne permet pas aux actionnaires de dégager assez de profits à court terme ». « Nous craignons que les banques pillent nos 80 millions d’euros de trésorerie et vendent nos sites industriels à nos concurrents », explique-t-il.

L’exemple qui attise l’espoir des « Terrealiens », comme ils se surnomment eux-mêmes, c’est celui des salariés de la menuiserie industrielle FPEE, basée dans la Sarthe, parvenus à faire réintégrer leurs dirigeants après leur éviction par les fonds d’investissement à la tête de l’entreprise.

Le comité d’entreprise de Terreal annonce l’ouverture prochaine d’une procédure de droit d’alerte, qui devrait aboutir sur un CCE extraordinaire dans les semaines à venir. L’occasion pour les salariés d’obtenir enfin les réponses à leurs questions.

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