Aménagement

Sylvia Pinel s’imprègne du BIM et de la ville durable à la mode toulousaine

Mots clés : Aménagement paysager - Architecture - Bâtiment d’habitation individuel - Démarche environnementale - Etat et collectivités locales - Gouvernement - Logiciels - Outils d'aide

Visite expresse de Sylvia Pinel, le 5 juin dans l’agglomération toulousaine, sur les thèmes de la transition énergétique et de la ville durable. La ministre a rencontré les étudiants et enseignants de l’Ecole d’architecture à Toulouse et inauguré la première tranche de 313 logements dans le futur écoquartier Maragon-Floralies à Ramonville-Saint-Agne.

Dans le cadre d’une visite sur les thèmes de la transition énergétique et de la ville de demain, Sylvia Pinel, ministre du Logement, de l’Egalité des territoires et de la Ruralité, a visité, ce jeudi 5 juin, l’Ecole nationale supérieure d’architecture (Ensa) de Toulouse, et inauguré la livraison de la première tranche d’une opération de démolition-construction à Ramonville-Saint-Agne, au sud-est de l’agglomération toulousaine.

La Tarn-et-Garonnaise l’avait promis lors de sa halte en Midi-Pyrénées, en janvier dernier, dans le cadre du tour de France de la construction. Elle reviendrait à Toulouse pour rencontrer les enseignants de l’Ensa et entendre leur engagement pour la transmission du numérique. Promesse tenue. Pendant plus d’une heure, installée dans un des amphithéâtres de l’école conçue et construite par Georges Candilis, dans la continuité du quartier du Mirail, au sud-ouest de Toulouse, elle a écouté les enseignants, puis les quatre étudiants lauréats du concours national «BIM Décathlon» (maquette numérique).

 

Laboratoire de recherche en architecture

 

Frédéric Bonneaud, directeur du Laboratoire de recherche en architecture (LRA), a été le premier à se lancer avec la présentation des travaux sur la ville durable et le rappel de trois décennies de réflexions sur les relations entre les outils informatiques et les manières de penser la conception architecturale. Par exemple, pendant trois ans, quatre chercheurs ont ainsi été occupés par le projet ACClimat. Dernier projet, et pas des moindres, est celui en cours baptisé «Bimétric». Financé par le Puca, ce travail conduit en partenariat avec l’Ensa de Paris-La Villette et le LIST du Luxembourg, vise à identifier les méthodes d’évaluation du degré d’intégration du BIM dans les pratiques des intervenants d’une opération.

Egalement impliquée dans le BIM via l’enseignement, l’école a, par exemple, créé un séminaire «architectures numériques» destiné aux étudiants en master 1, puis un module d’ouverture en BIM 3 D (ville 3D) au niveau master 2.

 

Enseigner le BIM

 

Pour la directrice de l’Ensa, Monique Reyre, et son équipe, les 120 étudiants, qui sortent tous les ans de l’Ecole, doivent connaître le BIM. C’est tout l’enjeu du prochain plan quadri-annuel (2016-2020) avec des projets de nouvelles formations tels le nouvel enseignement sur le BIM et le travail collaboratif en master, ou ArchiBIM, un projet de diplôme spécialisé en architecture en post-master.

Mais la véritable raison de la venue de Sylvia Pinel à l’Ensa a été de rencontrer les quatre étudiants de master, lauréats du concours national «BIM Décathlon» (maquette numérique), organisé dans le cadre du BIM Bang Event, du 4 au 6 mars 2015 à Lyon. Pendant trois jours, accompagnés de leur enseignant Bernard Ferries, ils ont travaillé avec les ordinateurs et outils mis à leur disposition sur la réhabilitation d’un immeuble de logements collectifs de l’Opac 38. Le jury a notamment salué leur scénario de rénovation «complet, réaliste et valorisant bien le BIM», ainsi que leur «maîtrise des systèmes complexes, en savoir-faire de coopération interdisciplinaire, pour réaliser le projet».

 

 

Opération urbaine

 

Pour la seconde partie de sa visite, la ministre s’est rendue à l’inauguration de la première tranche de l’Ecoquartier Maragon-Les Floralies, opération de démolition-construction portée par la commune et le bailleur social Le Groupe Les chalets depuis près de dix ans à Ramonville-Saint-Agne, commune membre de la communauté d’agglomération du sud-est toulousain (Sicoval).

Là aussi, Sylvia Pinel a salué la mobilisation des énergies et un projet innovant par la méthodologie de concertation avec les habitants. Sylvia Pinel a ainsi insisté sur «le succès d’un projet qui doit beaucoup au volontarisme des élus qui ont nourri un grand dessein pour ce territoire». Il consiste à réparer une «erreur urbaine», a rappelé Christophe Lubac, maire de la commune. Après la livraison des 313 logements neufs et de la chaufferie bois (500 MW de puissance installée) inaugurés ce 5 juin, la prochaine étape sera la démolition de la cité des Floralies, copropriété de logements collectifs construits en 1977 et qui présentaient des malfaçons irrémédiables. Ils vont laisser la place à 174 nouveaux logements dans un quartier totalement repensé par l’urbaniste-architecte François Favarel. Mais le projet, qui développe les principes du développement durable sur 16 ha et vise la labellisation en écoquartier, est surtout innovant dans sa conduite.

 

Démarche participative de co-construction

 

Aménageur et opérateur, Le Groupe Les Chales a construit le projet avec de nombreux acteurs. L’Etat, le conseil départemental de la Haute-Garonne et le conseil régional Midi-Pyrénées ont apporté leur soutien financier à hauteur de 6,2 millions d’euros, sans compter les prêts de la Caisse des dépôts et de consignations.

Puis, l’écoquartier Maragon-Floralies est unique en France par la méthodologie de concertation mise en œuvre entre tous les partenaires et les habitants ainsi que par son financement: il a, par exemple, obtenu une aide exceptionnelle de l’UESL (Union d’économie sociale pour le logement – 1% patronal).

Le Sicoval est intervenu au travers du plan de sauvegarde de la copropriété pour accompagner les habitants jusqu’à la démolition.

Le vivre-ensemble, favorisé par la diversité des logements proposés (location, location-accession et accession progressive à la propriété) et la création d’une salle commune, est au cœur du projet. une Société civile d’accession progressive à la propriété (Sciapp) de forme coopérative a notamment été constituée pour permettre aux occupants d’acquérir des logements.

Dans le cadre de 31 réunions publiques et de concertation, les copropriétaires et locataires ont été associés au projet à travers un plan de sauvegarde, puis dans la définition du projet urbain. L’Aera, missionnée par Le groupe Les Chalets, a accompagné les habitants dans la programmation de leur habitat afin de garantir notamment la maîtrise globale des coûts dans la durée: près de 80 logements ont fait l’objet d’une programmation participative.

Ensuite, les quatre équipes d’architecture, choisies par les habitants sur la base d’une «short-list», ont travaillé ensemble dans le cadre d’une même conception d’ensemble.

A terme, les Floralies vont s’intégrer dans un projet plus vaste avec 850 logements d’ici à 2030.

 

Chiffres-clés

Emprise foncière

Phase 1: terrain acheté à des propriétaires privés: 4 ha.

 

Surface habitable avec le découpage entre les différentes tranches

Phase 1: 16641 m2

Phase2:

tranche 1: 9247 m2 (130 logements)

tranche 2: 2100 m2 (44 logements)

 

Coût global de l’opération par phases

Phase 1 : 38 millions d’euros HT.

Phase 2

tranche 1 :14 millions d’euros HT.

tranche 2 : 4.5 millions d’euros HT.

 

Budget aménagement

18 millions d’euros HT pour phase 1 et 2 en comprenant le coût de la démolition de la copropriété existante.

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