Logement

Sylvia Pinel, la ministre qui a réconcilié le Logement avec les professionnels

Mots clés :

Bâtiments d’habitation

-

Gouvernement et fonction publique

Elle a été l’une des plus jeunes ministres du gouvernement Hollande, elle a dû s’imposer au Logement succédant à la bouillonnante Cécile Duflot et a exercé ses fonctions dans une conjoncture difficile pour la construction. Sylvia Pinel quitte le gouvernement pour la vice-présidence de la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées en laissant des regrets aux professionnels, qui ont apprécié sa recherche du consensus.

Très ancrée dans la vie politique locale depuis 2002, Sylvia Pinel n’a jamais caché son intention de vouloir retrouver sa région. Nommée le 4 janvier 2016 vice-présidente (PRG) en charge de l’aménagement du territoire, des TIC et des politiques contractuelles de la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, elle quitte le gouvernement à la faveur du remaniement.

Discrète et rigoureuse, Sylvia Pinel a été nommée dès 2012 ministre de l’Artisanat, du Commerce et du Tourisme. Son passage à Bercy a été marqué par la réforme du régime de l’auto-entrepreneur et par quelques crises, notamment celle des « poussins », ces auto-entrepreneurs qui avaient pris en modèle le mouvement des « pigeons », concernant la réforme de ce régime spécial mis en place sous Nicolas Sarkozy

En avril 2014, elle remplace Cécile Duflot. « Sylvia qui ? », diront la plupart des décideurs dans les milieux de l’habitat et de l’immobilier.

Lors de la passation de pouvoirs, Cécile Duflot lui lance, faisant référence à la loi Alur tout juste adoptée : « Je te laisse un bien précieux et une réforme solide qui ne demande qu’à éclore ». Près de deux ans après, force est de constater que Sylvia Pinel, bien moins médiatique que son prédécesseur et beaucoup plus réservée, n’a pas été une simple  « suiveuse »  et qu’elle est allée au-delà de la simple mise en application de la loi Alur avec la publication de ses décrets et de ses arrêtés.
Pas toujours seule en première ligne – elle a parfois dû partager l’affiche avec  Ségolène Royal ou être chapeautée par le Premier ministre Manuel Valls lui-même – elle a malgré tout assez efficacement mis en place le vaste arsenal de mesures destinées à accélérer et amplifier la construction de logements pour atteindre le fameux objectif présidentiel de « 500 000 logements construits ou rénovés par an d’ici 2017 ». Parmi ces mesures, citons, le renforcement de l’accession à la propriété, l’amélioration du prêt à taux zéro dans le neuf et dans l’ancien, relance de l’investissement locatif, les 50 mesures de simplification dont 48 sont effectives, lancement du plan de transition numérique dans le bâtiment, la création du conseil supérieur  de  la  construction… Et la préparation d’un projet  de  loi « égalité  et citoyenneté » qui sera présenté par la successeur de Sylvia Pinel en conseil des ministres en mars pour un examen au Parlement, au printemps.

 

Une méthode qui séduit

 

Après avoir reconnu que les secteurs de la construction et du logement traversaient une  crise violente, profonde et installée, la ministre a expliqué vouloir « restaurer la confiance ». Et c’est là aussi une réussite à mettre à son actif de ses années passées au ministère du Logement, car le pari n’était pas gagné tant les acteurs avaient été échaudés par le passage de Cécile Duflot et sa réforme. Lors de ses derniers vœux adressés à la filière, tous les professionnels ne tarissaient pas d’éloges sur cette ministre, soucieuse de rassembler plutôt que d’opposer. «J’ai en effet la conviction que l’on ne peut mener une réforme, contre ou sans ceux qui sont en charge de la conduire et de l’appliquer, sur le terrain », avait-elle précisé. Une méthode Pinel qui permet de restaurer la confiance et qui commence à porter ses fruits. Et c’est bien ce qu’il fallait.

Si l’objectif de François Hollande n’aura jamais été atteint, Sylvia Pinel quitte son ministère sur une  hausse des permis de construire et une amélioration des ventes de logements. Et laisse aux professionnels qui ont tous su apprécier son sens de l’écoute, un espoir de reprise de leur activité en 2016.

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X