Marchés privés

Suspension des appels d’offres pour l’extension de l’aéroport de Toulouse-Blagnac

Mots clés : Gares, aéroports - Réglementation

A quelques jours du choix définitif des entreprises, le conseil de surveillance de la société d’exploitation de l’aéroport Toulouse-Blagnac a suspendu les appels d’offres pour les travaux d’extension de l’aérogare. Le nouvel actionnaire chinois, détenteur de 49,9% des actions du capital, veut revoir la programmation pour notamment augmenter les surfaces commerciales.

La disparition, suite à une accusation de corruption, de Mike Poon, l’acquéreur chinois de 49,9 % des actions détenues par l’Etat dans le capital de la société d’exploitation de l’aéroport Toulouse-Blagnac (ATB), fait couler beaucoup d’encre.

En tout cas, le nouvel actionnaire, dont la société de droit français Casil Europe occupe six des quinze sièges au sein du conseil de surveillance, prend ses marques. Lors d’un dernier conseil de surveillance, il a décidé de suspendre le projet d’extension vers le sud de l’aérogare, interrompant, quinze jours avant le choix des entreprises, la procédure de consultation. L’opération, évaluée à 14,1 millions d’euros HT, consiste à aménager un nouvel espace de 5 000 m2. Conduit sous la maîtrise d’œuvre de l’agence d’architecture toulousaine Cardete & Huet, le chantier devait démarrer cet automne pour une durée de deux ans et servir à répondre notamment aux flux de passagers empruntant les vols low-cost. Sur les 7,5 millions de passagers enregistrés en 2014 à l’aéroport de Toulouse-Blagnac, 26,76% ont emprunté des low-cost, soit 2 millions de passagers.

Selon un proche du dossier, le nouvel actionnaire veut augmenter «le rendement financier des surfaces commerciales de l’aéroport, trop faible à son goût». «Cela réinterroge le projet dans sa redistribution géométrique. Cela ne remet pas en cause l’extension de l’aérogare. Cela retarde simplement le projet», affirme-t-il.

 

Forum franco-chinois

 

Ce choix remet en lumière le projet présenté par le nouvel actionnaire chinois lors de sa candidature pour l’acquisition des actions vendues par l’Etat. Dès le départ, il avait annoncé vouloir développer le flux de passagers sur la plate-forme et en faire un «hub international». La stratégie inquiète localement, ainsi que la disparition de Mike Poon, en partie propriétaire, via sa société Friedman Pacific Asset Management, de Casil Europe. Selon les révélations de Médiapart, cette dernière société n’aurait que 10 000 euros de capital, et son siège social, place de la Madeleine, à Paris, serait fictif.

Les opposants à la vente des actions de l’Etat à un «privé» ne devaient pas manquer de faire entendre leur voix lors du forum franco-chinois organisé ce 2 juillet à Toulouse à l’occasion d’un sommet bilatéral. Le Premier ministre français Manuel Valls accueillait ce jour, dans la ville rose, son homologue chinois, Li Keqiang, pour une visite diplomatique tournée essentiellement sur l’aéronautique et l’activité du constructeur d’avions Airbus.

Les affirmations d’Anne-Marie Idrac, la présidente du conseil de surveillance de la société gestionnaire de l’aéroport de Toulouse-Blagnac, selon lesquelles la disparition de Mike Poon n’aurait pas d’impact sur l’avenir de la plate-forme, ne les rassure pas. Il oppose le même scepticisme à Jean-Luc Moudenc, le président de Toulouse Métropole. Lors du conseil communautaire du 25 juin, il déclarait faire la distinction entre «une chronique individuelle» et «une société qui poursuit son activité».

 

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