Chantiers

Surisolation pour systèmes d’isolation thermique par l’extérieur existants

Mis en place depuis une quarantaine d’années, les premiers systèmes d’isolation thermique par l’extérieur sous enduit (ITE) ne répondent plus, pour la plupart, aux critères de performances d’isolation thermique des parois requis aujourd’hui. De nouveaux procédés de surisolation viennent en renfort pour leur permettre d’atteindre les plus haut niveaux de performances.

Les premiers procédés d’isolation thermique par l’extérieur (ITE) ont été mis en place après le premier choc pétrolier à la fin des années 70. Comme aujourd’hui, il s’agissait d’isoler des bâtiments, pour la plupart des logements sociaux, fortement énergivores. A l’époque, les systèmes utilisés se résumaient à l’application d’un isolant – en général un polystyrène expansé (PSE) de cinq à six centimètres d’épaisseur – et d’un revêtement épais ou semi-épais (RPE, RSE). Des systèmes, qui, s’ils ont été posés correctement, et parfois rénovés (rafraîchissement ou remplacement de la peau extérieure), donnent encore aujourd’hui satisfaction. Sauf sur un point : la performance thermique. Car depuis quarante ans, les exigences sur ce plan ont considérablement évolué.

Surisolation

 

Pour y remédier, la tendance consiste, depuis deux à trois ans, à renforcer l’isolation du bâtiment par la mise en place d’une surisolation, puis d’une finition sur le système existant. L’intégration d’une nouvelle isolation avec une épaisseur combinée (ancienne + nouvelle ITE) permet ainsi d’atteindre, si le maître d’ouvrage le souhaite, le niveau BBC sans difficultés. C’est la forme ultime de rénovation d’un ITE, formalisée par les règles Etics (voir focus). Cela peut se faire dans la limite d’une épaisseur totale de 300 mm, ce qui, dans le cas d’une surisolation avec un polystyrène graphite, autorise des  résistances thermiques supérieures aux travaux neufs. Surisoler ne présente pas de grands bouleversements par rapport à la mise en place d’un système neuf. Les fabricants proposent des produits adaptés à cette problématique. Produits semblables à ceux utilisés dans le neuf, qui allient un système d’isolation et une finition RPE, enduit monocouche ou autre.

Pose calée / chevillée

Avant la mise en œuvre, il est bien sûr nécessaire de procéder à une reconnaissance détaillée de l’existant pour savoir si le support et l’ITE en place sont compatibles avec une surisolation. Cette reconnaissance doit obligatoirement être réalisée par un organisme agréé. Il existe néanmoins de petites différences par rapport aux travaux neufs. Ainsi pour obtenir une accroche satisfaisante du nouveau complexe isolant, ce dernier doit être fixé mécaniquement au support maçonné. Autrement dit, les chevilles de fixation doivent traverser nouveau et ancien isolants. La pose en rénovation requiert également le collage en plein des nouveaux panneaux isolants sur l’ancien système. Ce procédé, dit « calé/fixé ou calé/chevillé » est exigé par les textes de références. Le collage autorisant le calage des panneaux isolants et éventuellement le rattrapage des niveaux, la fixation mécanique permettant de s’affranchir des phénomènes liés à la dilatation et des contraintes liées au bâti ancien. Dans la pratique, le fait de ne pas déposer l’ancien système va limiter les déchets de chantier et les nuisances.

 

 

 

Focus

Rénovation ITE : des règles précises

Sur le terrain, les travaux de rénovation d’ITE sont formalisés par les règles professionnelles Etics (abréviation de la terminologie d’origine anglaise External Thermal Insulation Composite System). Elles détaillent les différentes étapes de la rénovation des systèmes d’ITE. Une démarche en trois étapes : diagnostic du support, analyse permettant de distinguer l’intervention requise (entretien ou rénovation), choix et mise en œuvre de la solution adaptée. Sont définis, par exemple, les travaux d’entretien après nettoyage et décontamination du parement de l’ITE qui vont lui redonner l’aspect décoratif d’une finition neuve. Sont également formalisés ceux de rénovation qui consistent à utiliser des revêtements de type semi-épais ou épais (> 400 μ), permettant, outre leur fonction décorative, de remédier à certains défauts de l’ITE existant pour qu’il retrouve ses qualités d’origine. Viennent ensuite les travaux plus lourds de réparation : carottage, reconstruction, re-fixation ou bien pelage du sandwich composé du sous-enduit tramé et de sa finition, puis reconstitution sur l’isolant existant. Le renforcement de l’isolation existante (surisolation) est considéré comme une rénovation lourde. Il existe donc, selon les pathologies rencontrées, toute une palette d’interventions susceptibles d’apporter à la façade une seconde jeunesse.

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