L'Actu

Suez renvoie l’italien Enel devant Bruxelles

Le groupe franco-belge d’énergie et de services aux collectivités a poursuivi lundi son offensive pour contrer une offre éventuelle d’Enel en saisissant la Commission européenne afin d’obtenir une égalité de traitement entre tous les acteurs.
Après avoir saisi l’Autorité des marchés financiers (AMF) jeudi pour qu’elle exige une clarification des intentions de l’électricien italien (ndlr : Enel évoque depuis le 22 février une offre sur Suez sans passer à l’acte), Suez s’est adressé cette fois au commissaire chargé du marché intérieur, Charlie McCreevy et appelle son attention « sur la situation actuelle, surprenante et déséquilibrée, dans laquelle se trouve Enel par rapport à Suez ». Rappelons que c’est ce même Charlie McCreevy qui avait critiqué la France après l’annonce, par le Premier ministre Dominique de Villepin, le 25 février, d’une projet de fusion entre Suez et Gaz de France.

Dans un communiqué, Suez explique que « contrairement aux dispositions régissant la liberté de circulation des capitaux sur le marché intérieur, l’Etat italien dispose de droits exorbitants sur Enel destinés à prévenir tout changement de contrôle du capital de cette société, notamment en limitant à 3% le pourcentage du capital et des droits de vote que peut détenir tout autre actionnaire ».
« Suez a donc demandé à la Commission, compte-tenu de ses responsabilités dans la préservation du marché intérieur, de replacer tous les acteurs dans une situation d’équivalence sur le terrain réglementaire et dans l’intervalle, de prendre toutes les mesures d’urgence nécessaires pour préserver l’égalité de traitement entre les opérateurs », souligne-t-il.

Vendredi, dans le Parisien, le patron Suez Gérard Mestrallet a répète qu’une offre publique d’achat (OPA) de l’italien aurait pour effet de « démanteler » le groupe français d’énergie et d’environnement français, et menacerait l’avenir de 140.000 salariés.
« Ce que veut Enel, c’est démanteler Suez, le dépecer », estime-t-il à nouveau, ajoutant qu' »il n’y a que l’électricien belge Electrabel et ses 20.000 salariés qui l’intéresse. Si Enel nous rachète, c’est l’avenir des 140.000 autres salariés de notre groupe qui sera menacé ».
Jean-Philippe Defawe

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