Entreprises de BTP

Suez confirme son retrait d’Argentine

Le groupe français a confirmé lundi à Buenos Aires sa décision de se retirer d’Argentine, sa filiale Aguas Argentinas proposant aux actionnaires une résiliation du contrat conclu avec le gouvernement argentin, qui a maintenant 90 jours pour trouver une solution.

« Constatant l’échec des négociations, qui auraient permis de rétablir l’équilibre économique et financier de la concession et préserver de façon durable la qualité du service, (la direction d’Aguas Argentinas) s’est vue obligée de proposer à l’assemblée générale extraordinaire (des actionnaires), convoquée jeudi prochain, le début du processus de résiliation du contrat », a indiqué Aguas Argentinas dans un communiqué.
Cette décision, déjà annoncée le 9 septembre par l’actionnaire principal Suez, vient mettre un terme à plus de trois ans de négociations houleuses entre le gouvernement argentin et le groupe français.

Suez disposant de la majorité du capital d’Aguas Argentinas, directement et à travers sa filiale espagnole Aguas de Barcelona, l’assemblée générale des actionnaires devrait en tout état de cause entériner le départ de Suez d’Argentine.
Mais loin du retrait « ordonné » souhaité par les autorités françaises, ce départ risque de se faire dans la douleur. Le ministère argentin de la Planification, en charge du dossier, a immédiatement annoncé son intention de traîner Suez devant la justice pour ses « graves manquements à son obligation de service ».
Les discussions avec Suez ont toujours été difficiles. « La privatisation d’Aguas Argentinas a été un échec », a reconnu lundi devant l’AFP un haut responsable du gouvernement argentin.

Suez est notamment accusé de ne pas avoir suffisamment investi, en particulier en faveur des quartiers les plus déshérités. Le groupe français rappelle de son côté qu’il a investi plus de 1,5 milliard de dollars en Argentine et que ces recettes en pesos ne lui permettent pas d’assurer une rentabilité suffisante depuis la dévaluation du la monnaie argentine en 2002.
Le gouvernement argentin, qui avait paru un moment croire à la possibilité d’un revirement à Paris, s’efforce désormais de trouver une solution qui lui permette d’éviter toute renationalisation de cette concession de service public.

La presse argentine a longuement évoqué la « solution espagnole » après une rencontre entre le président argentin et le chef du gouvernement espagnol Jose Luis Rodriguez Zapatero la semaine dernière à New York. Selon les commentateurs, le gouvernement s’efforce d’obtenir qu’Aguas de Barcelona, actionnaire d’Aguas Argentinas, devienne l’actionnaire de référence de la concession.
Mais Aguas de Barcelona a déjà fait connaître sa décision d’emboîter le pas du groupe français, ce qui n’a rien de surprenant puisque Suez est son principal actionnaire via Hisusa et une participation directe. Suez détient 51% d’Hisusa et La Caixa de Barcelone 49%.

Reste alors l’hypothèse présentée lundi à l’AFP par ce haut responsable du gouvernement argentin et qui passe par la signature d’un nouveau contrat de concession avec de nouveaux investisseurs. Dans cette hypothèse, le nouveau concessionnaire ne serait pas tenu de rembourser la dette contractée par Aguas, et qui équivaut à quelque 650 millions de dollars, selon cette source.
Plusieurs investisseurs, américains, européens ou argentins, se sont déjà fait connaître, a assuré ce haut responsable.

Olivier BAUBE (AFP)

Votre avis ?
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X