Logement

Stratégie logement: Nexity dénonce un manque de méthode de la part du gouvernement

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Entreprise du BTP - Financement du logement - Gouvernement

Diviser ses structures, baisser ses prix de sortie, développer des opérations à prix maîtrisés… Nexity a dévoilé lors de l’annonce de ses résultats différents points de sa stratégie. Son P-DG, Alain Dinin, a aussi fait part de ses critiques sur la stratégie logement, et reproche notamment la suppression de l’APL accession. 

Nexity se porte bien. Avec 14 508 réservations de logements neufs sur les trois premiers trimestres de l’année, le leader de la promotion en France réalise une progression de 18% en volume et de 23% en valeur sur un an. « Sur les sujets du logement, nous sommes sur une position de croissance de tous nos métiers. Nous allons continuer à augmenter notre capacité à gagner des parts de marché en divisant nos structures pour se rapprocher de notre communauté, des élus locaux et des acteurs de la ville, a promis Alain Dinin, le P-DG du leader de la promotion immobilière, lors de l’annonce des résultats de Nexity ce 26 octobre. Sur le résidentiel, nous avons, par exemple, quatre filiales en Ile-de-France, et nous passerons à 8 l’année prochaine. »

Autre levier de croissance : la baisse des prix de sortie d’ici 2020. « Nous travaillons sur la réduction de nos coûts de production, construction et distribution », précise Jean-Philippe Ruggieri, directeur général délégué de Nexity. Le groupe veut notamment développer des opérations à prix maîtrisés. « On peut s’engager sur des prix de sortie si la collectivité locale maîtrise le prix du foncier, à l’exemple de ce que nous avons réalisé pour le programme La Fabrique à Saint-Ouen (93) », indique Alain Dinin. Pour le P-DG, le plafonnement des prix de sortie n’est pas synonyme de mauvaise opération. « A Saint-Ouen, nous avons vendu plus vite, nous avons donc économisé sur les frais de commercialisation et nous avons négocié avec le constructeur pour qu’il lance les travaux en une seule tranche », dévoile-t-il.

 

Le gouvernement, « des débutants »

 

Même si le promoteur immobilier a les reins solides – il dispose de 4,5 milliards d’euros de logement en développement – le projet de loi logement impactera son activité. Le gouvernement a annoncé vouloir assouplir les normes PMR (10% de logements adaptables, contre 100% de logements adaptés aux personnes à mobilité réduite). Cette mesure devrait figurer dans le projet de loi logement, déposé en février au Parlement. « Nous ne savons pas quel type de permis de construire nous déposerons en début d’année 2018 », glisse Alain Dinin, qui qualifie les membres du gouvernement de « débutants », confiés entre les mains « de conseillers qui connaissent le secteur et leur disent quoi faire ».

Le promoteur immobilier, qui reproche au gouvernement son manque de vision, dénonce la suppression de l’APL accession. « 80% des personnes qui achètent en zone ANRU et QPV bénéficient de cette aide. Si on la supprime, nous risquons d’avoir un problème dans ces zones », avertit Jean-Philippe Ruggieri.

 

50 000 logements en moins d’ici 2019

 

Baisse des APL, conséquences sur le monde HLM, disparition des dispositifs fiscaux dans les zones détendues…  « Mécaniquement, il y aura 50 000 logements de produits en moins d’ici 2019, surtout au niveau du logement social et de la construction de maisons individuelles », calcule Alain Dinin. Pour le P-DG, le gouvernement sera obligé « de lancer un plan logement en 2019 » pour rectifier le tir. « Nous reprendrons des parts de marché à ce moment-là », ironise-t-il.

Nexity, qui craint que le choc de l’offre se concentre dans les zones tendues, demande un sursis de deux ans sur le Pinel en zone B2. Concernant le Prêt à taux zéro, prolongé de deux ans en zone B2, Nexity souhaite que la quotité de prêt soit « ramenée à 30%, ce qui devrait permettre de maintenir entre 80 et 85% de la solvabilité des clients », enjoint Jean-Philippe Ruggieri. Le promoteur appelle également à la prorogation du dispositif Censi-Bouvard, qui incite les particuliers à investir dans des résidences de services.

Pour apaiser les tensions autour de la stratégie logement, Alain Dinin invite « des acteurs, comme la Fondation Abbé Pierre, les caisses de retraite ou encore les banques, à se regrouper autour d’une table, quelle que soit sa couleur politique ». Une manière selon lui de parvenir à des solutions durables pour le secteur du logement.

 

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