Logement

Strasbourg veut rénover 100 logements vacants par an

Mots clés : Bâtiment d’habitation individuel - Etat et collectivités locales

L’agglomération élabore un dispositif original de lutte contre la vacance de longue durée du parc privé qui touche plus de 3 000 logements, par l’accompagnement financier et technique du propriétaire. Elle lui propose une liste d’entreprises qui ont répondu à son appel à référencement.

Un nouveau coup de pouce à l’activité, certes ciblé, pourrait bénéficier aux entreprises intervenant dans l’agglomération de Strasbourg: la rénovation et la mise aux normes de logements vacants de longue durée. L’Eurométropole vient en effet de monter un dispositif original de soutien aux propriétaires privés qui n’ont plus loué depuis trois ans, et le référencement d’entreprises du bâtiment en fait partie. L’idée: pour que le particulier ne se perde pas dans la recherche de prestataire, la collectivité lui fournit une liste d’intervenants, répartis par corps de métier, ayant répondu volontairement à son «appel à référencement» et signataires d’une charte d’engagement de qualité de travaux.

Cette liste comprend pour l’heure 53 PME et TPME, dont cinq structures d’insertion, à dominante «second œuvre» – elles se recrutent surtout dans la menuiserie, l’isolation thermique et phonique ou encore les installations électriques. «Une réhabilitation de logement représente 0,4 équivalent temps plein d’emploi dans le bâtiment», rappelle Syamak Agha Babaei, vice-président habitat de l’Eurométropole. La liste est ouverte… à de nouvelles entrées et à des sorties. «La fiabilité des entreprises est vérifiée par l’examen de son dossier de candidature, mais nous nous réservons le droit de supprimer des noms en cas d’évaluation négative de la qualité de prestation par le propriétaire», poursuit l’élu.

 

Prime de 3 000 euros

 

La structure intercommunale strasbourgeoise se fixe l’objectif de remettre environ 100 logements vacants sur le marché de la location chaque année. Elle instaure dans ce but une prime de 3 000 euros par rénovation, dès lors que le propriétaire accepte de remettre son bien dans le circuit «social», par un conventionnement. Les communes peuvent abonder jusqu’à même hauteur. Les travaux importants restent éligibles par ailleurs aux aides de l’Agence nationale de l’habitat (Anah).

Les subventions n’iront pas à des marchands de sommeil, selon l’Eurométropole: les 32% de répondants à son questionnaire dressent le profil d’une personne âgée, «petite» propriétaire (1,23 logement en moyenne), souvent habitante du même quartier et qui est rebutée notamment par l’ampleur des travaux à effectuer.

L’«offre» ne manque pas dans l’agglomération: l’analyse préalable fine des services de l’Eurométropole aboutit au chiffre de 3 314 logements privés vacants depuis plus de trois ans. «C’est l’équivalent d’un an de production neuve sur l’agglomération. Chaque logement réhabilité signifie autant d’étalement urbain en moins», appuie Alain Jund, adjoint à l’urbanisme de Strasbourg. La ville-centre concentre logiquement la plus grosse part, avec 2 200 logements vides. Mais pour une commune périphérique comme Vendenheim, qui s’est portée volontaire pour relayer le dispositif, l’enjeu n’est pas neutre non plus. Elle est classée «carencée» au titre de la loi SRU car elle ne compte que 6% de logements sociaux au lieu des 25% requis. Or les logements vacants représentent 5% de son parc. Leur remplissage avec conventionnement l’aiderait donc à faire un bout de chemin.

 

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