Aménagement

Strasbourg veut renouer avec l’«esprit Coop»

Lieu emblématique de Strasbourg mais menacé de décrépitude rapide, l’ancien site du défunt groupe de distribution alsacien va lancer la dernière grande phase de la nouvelle urbanisation de la ville alsacienne vers le Rhin.

Le conseil municipal de Strasbourg a validé en soirée du 27 juin les principes de reconversion de l’ancien site du groupe Coop. Ils entraîneront un investissement de 20 millions d’euros de la part de la Ville afin d’enclencher les premiers projets. L’opération sera portée par la Société publique locale (SPL) Deux-Rives, propriétaire de la plus grande partie des 9 hectares de foncier concernés et concessionnaire de la ZAC des Deux-Rives qui va abriter la dernière phase d’urbanisation du projet du même nom, représentant 250 hectares pour construire 1,5 million de m² entre le sud du centre historique et le Rhin, avec un prolongement jusqu’à la ville allemande limitrophe de Kehl.

Pour le site Coop, la validation municipale va permettre le lancement par la SPL des études de maîtrise d’œuvre visant à «préciser la faisabilité, les localisations précises et les surfaces» des constructions et restructurations. Un programme plus précis sera adopté fin 2016 en vue de l’intégrer au dossier de la réalisation de la ZAC des Deux-Rives et de réaliser les travaux à partir de la mi-2018.

La programmation prendra appui sur le plan-guide conçu par Alexandre Chemetoff. L’urbaniste, qui sera également chargé d’une première tranche d’études de maîtrise d’œuvre opérationnelle, propose de valoriser la position du site au débouché commun de deux axes: celui de la «Neustadt» bâtie dans la période d’annexion allemande entre 1870 et 1914 en extension du centre-ville historique et l’axe «ville-port» déjà dessiné par les premières réalisations du projet Deux-Rives.

L’autre élément fort consiste à réinventer, à l’aune du XXIe siècle, «l’esprit Coop Alsace»: cette union de coopératives aura fait vivre un acteur régional atypique de la grande distribution pendant un gros siècle à partir de 1902, avant de décliner puis de péricliter l’an dernier.

 

Un patrimoine bâti et immatériel

 

«Nous avons un double enjeu de préservation d’un patrimoine bâti qui implique des interventions d’urgence pour empêcher le délabrement total, mais aussi d’un patrimoine immatériel», confirme Alain Fontanel, premier adjoint au maire. D’où l’intention de la municipalité de «créer ici une façon d’habiller et de travailler autrement» qui soit en droite ligne de l’«esprit Coop fait de solidarité, d’innovation sociale et de participation citoyenne», selon l’adjoint. «Dans ce contexte, la programmation ne se veut pas définie à l’avance, nous fonctionnerons par appel à projets», poursuit Alain Fontanel. Une façon habile aussi de répondre aux critiques de l’opposition sur l’«absence d’ambition» pour cet espace.

 

Environ 80 000 m2 à réhabiliter ou à construire

 

Le projet promet notamment des ateliers d’artistes, un atelier des métiers, des espaces pour l’économie créative et solidaire, un centre de conservation des collections des musées de Strasbourg, un parc urbain «coopératif» à jardins partagés et des logements. Au total, il concernera environ 50 000 m2 plancher de bâti à réhabiliter et 30 000 m2 en neuf.

 

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