Transport et infrastructures

Strasbourg inaugure son premier bus à haut niveau de service

Mots clés : Etat et collectivités locales - Produits et matériaux - Réseau routier - Transport collectif urbain

Avec une ligne de 5,2 km inaugurée le 30 novembre, Strasbourg pose son premier pied dans le bus à haut niveau de services, au nord de l’agglomération. Dans les cartons du prochain mandat, une rocade sud prendrait le relais.

Le premier bus à haut niveau de service (BHNS) de Strasbourg applique la règle arithmétique énoncée par le maire Roland Ries, également président du groupement des autorités responsables de transport (Gart) : « Le tramway se justifie pour un bassin de population de 50 à 60 000 habitants, et le BHNS pour 25 à 35 000 ». Le coût du kilomètre légitime la règle : « Entre le tram et le BHNS, l’investissement se situe dans un rapport de 1 à 4 », évalue Roland Ries.

 

Désenclavement de zone d’activités

 

A partir de la gare centrale, la ligne G désenclave l’Espace européen de l’entreprise de Schiltigheim (Nord de Strasbourg) l’une des principales zones d’activités de l’agglomération strasbourgeoise : « Cette mise en service résulte d’un travail collaboratif entre les entreprises, la collectivité et la Compagnie des transports strasbourgeois », se félicite Vincent Triponel, directeur associé de DTZ Jean Thouard et président de l’« association des utilisateurs de l’espace européen de l’entreprise », cheville ouvrière d’un des premiers plans de déplacement interentreprises (PDIE) du Bas-Rhin.

Comme le tram, le BHNS renforce le réseau cyclable de l’agglomération et provoque un choc paysager dans les voiries de la zone conçue pour le monde du tout-automobile. Un parking relais de 173 places complète l’entrée de l’espace européen de l’entreprise dans l’ère de l’intermodalité.

Sans atteindre la même intensité qu’avec un tram, l’interaction entre le nouveau mode et l’ambiance urbaine se ressent sur d’autres sites clé : aux portes de l’hypercentre, la nouvelle ligne a condamné l’ancienne trémie dédiée aux automobilistes en provenance de l’autoroute, au profit d’un carrefour à feux. Dans le quartier de Cronenbourg, la coïncidence entre les travaux du BHNS et la rénovation urbaine renforce l’impact des deux opérations. Entre cette cité sensible et l’espace européen de l’entreprise, le dialogue entre les urbanistes et les chercheurs du CNRS n’a pas permis d’aboutir à une pénétration du transport public dans le campus de Cronenbourg : la nouvelle ligne contournera ce dernier.

 

Les  atouts du béton armé en continu

 

Garants de l’équilibre entre les fonctions transport et aménagement, la maîtrise d’œuvre constituée par Arcadis et Stoa Architecture n’en a pas moins maintenu l’esprit du tandem Getas Alfred Peter, qui, depuis un quart de siècle, a accompagné toutes les étapes du développement et de l’insertion urbaine du tram de Strasbourg.

Pour les entreprises Lingenheld, Colas et Eurovia qui se sont partagé les trois lots géographiques du chantier de 22 millions d’euros bouclé en huit mois et demi, la construction d’une voie en béton armé continu (Bac) a constitué la principale nouveauté, par rapport aux chantiers de tramway. Ce choix a facilité la rapidité et la qualité des finitions, grâce à une pose mécanisée.

« Le Bac limite les impacts sonores et les besoins de maintenance. Il augmente le confort, grâce à l’absence de joints », précise Alain Giesi, directeur des études à la CTS. L’autre innovation technique, pour le maître d’ouvrage, se situe dans les 80 m, de part et d’autre du passage sous la ligne de chemin de fer : premier exemple de voie unique, dans les transports en commun de l’agglomération, cet alternat en appelle d’autres, à l’extrémité des lignes vers Illkirch-Graffenstaden (sud de Strasbourg) et Koenigshoffen (ouest).

 

Un BHNS en cache un autre

 

Forte de son premier BHNS, Strasbourg retient son souffle, dans l’attente, avant la fin de cette année, des résultats de l’appel à projets dit « Grenelle III », pour les transports publics urbains : une rocade sud relierait le quartier du Neudorf à la ville de Lingolsheim, en passant par Illkirch-Graffenstaden et Ostwald. Cette ligne de BHNS de 9 km accompagnerait l’urbanisation des Rives du Bohrie et du Parc des tanneurs : deux projets mitoyens qui totalisent 3000 logements, et qui figurent en tête des perspectives d’expansion urbaine programmées dans l’agglomération.

 

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