Réalisations

Strasbourg inaugure sa Cité de la musique et de la danse

Conçu par l’architecte Henri Gaudin, le nouvel édifice va accueillir les 1.700 élèves du Conservatoire national de région et l’administration du festival international de musique contemporaine Musica.

Henri Gaudin, auteur entre autres du grand théâtre de Lorient, du stade Charléty et de la rénovation du musée Guimet à Paris, a créé là un astucieux ensemble de terrasses en bordure d’un bassin fluvial, protégées d’une voie à forte circulation par une façade massive en grès bigarré des Vosges.
La pierre choisie n’est pas le seul clin d’oeil à la cathédrale de Strasbourg, elle aussi construite en grès. Le bâtiment, situé sur une place proche du centre historique, pointe en direction de la flèche de la cathédrale, et sa toiture en partie recouverte de cuivre oxydé fait écho à celle de la nef.

La Cité de la musique est avant tout un lieu de cours pour les 1.700 élèves et 170 professeurs du conservatoire. Sur six niveaux en son centre, il rassemble des dizaines de salles de musique, un auditorium de près de 500 places, des salles de répétition pour orchestres et choeurs, des studios de danse, ainsi qu’une bibliothèque spécialisée et cinq salles d’orgue.
Henri Gaudin tenait beaucoup à ce que le bâtiment soit « poinçonné » par deux cours, et laisse une grande place au vide. Le vide est à l’espace « ce que le silence est à la musique », souligne l’architecte : « Ces patios jouent un rôle fédérateur, et sont un peu les lanternes du bâtiment », en y faisant entrer la lumière du jour.
Dans l’ensemble, il se dit « fier » de sa réalisation, en dépit de quelques fausses notes qui ont perturbé le déroulement du chantier : pour des raisons d’acoustique, « certains studios, dont une grande salle d’orchestre, ont été dénaturés sans qu’on m’en avise. J’en suis meurtri », a confié l’architecte à l’AFP.
Le bâtiment est « comme un instrument de musique qui doit être accordé. J’étais là pour être avisé des dysfonctionnements, je ne demandais qu’à les ajuster », regrette aujourd’hui Henri Gaudin.

Reste l’une de ses plus belles réalisations, la grande salle d’orgue de 49 places, logée dans un cône tronqué aux murs incurvés, taillés de « gerbes de lignes souples que l’on retrouve à l’extérieur », selon la description de leur concepteur.
Le buffet de l’orgue, incurvé aussi, a été dessiné par l’architecte lui-même en collaboration avec la manufacture strasbourgeoise Muhleisen, qui a assemblé sur place cet ensemble de onze mètres de haut, lourd de sept tonnes.

Le nouvel édifice, qui aura coûté 30 millions d’euros, fera face à terme à une grande « bibliothèque-médiathèque », qui doit être construite d’ici fin 2007 dans un ancien entrepôt désaffecté de l’autre côté du canal.

Focus

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