Aménagement

Strasbourg engage sa stratégie de conquête du Rhin

Mots clés : Aménagement paysager - Architecte - Métier de la construction

La capitale alsacienne vient de lancer deux consultations internationales d’architectes-urbanistes-paysagistes qui mèneront les grands chantiers d’aménagement des neuf prochaines années.

Emmener Strasbourg «de l’Ill au Rhin»: c’est la feuille de route de la société publique locale (SPL) des Deux-Rives, qui a présenté ce 10 mars son calendrier pour les cinq prochaines années. La première étape a été engagée la semaine dernière: il s’agit du lancement d’ici au 2 avril de deux consultations internationales d’architectes-urbanistes-paysagistes. Elles doivent aboutir d’ici la rentrée prochaine à la désignation de deux équipes lauréates, qui travailleront avec la SPL Deux-Rives et l’Eurométropole (nouvelle dénomination de la communauté urbaine) durant les neuf prochaines années. La première équipe sera chargée d’élaborer le plan guide de la ZAC Deux-Rives, regroupant sur 74 hectares les quartiers les plus proches du Rhin, où la collectivité ambitionne de construire 455 000 m² de surfaces de plancher consacrées aux deux tiers au logement. Cette équipe devra aussi «mettre en récit» l’ensemble du projet des Deux-Rives, plus large puisqu’il s’étend sur 250 hectares entre l’actuel centre-ville de Strasbourg et l’Allemagne. La seconde équipe aura pour mission le projet urbain et la réhabilitation d’un site bien particulier, la Coop, qui accueillera un projet à la frontière entre la culture, l’économie et la citoyenneté (voir focus).

 

Une relation à définir avec le Rhin

 

Les deux consultations présentent donc des approches très différentes. «Le paysage sera une dimension essentielle dans l’élaboration du plan guide de la ZAC Deux-Rives, a rappelé Eric Bazard, directeur général de la SPL. Le Rhin offre un cadre magnifique, aujourd’hui peu connu des Strasbourgeois: il faudra définir les usages, projets et modes de vie d’une ville au bord de l’eau.» Parmi les quatre lieux composant la ZAC Deux-Rives, la SPL a fait le choix de développer en priorité deux sites. Il s’agit d’abord du quartier «Citadelle», en continuité avec les zones déjà en cours d’urbanisation: il y est notamment prévu l’ouverture d’ici 2020 d’un port de plaisance, d’un terminal de croisières et de promenades sur les quais. A l’autre extrémité de la ZAC Deux-Rives, en bord de fleuve, la zone «Port et Rives du Rhin» doit accueillir des espaces paysagers structurants d’ici à 2019. Dès 2016, ces deux quartiers feront par ailleurs l’objet de consultations sur des projets mixtes habitat et activités, avec un rythme de constructions estimé à 450 logements par an. Le développement du site intermédiaire «Starlette» est quant à lui prévu après 2020. La ZAC Deux-Rives mobilisera un peu plus de 200 millions d’euros d’investissements publics, avec l’objectif d’une opération quasiment blanche pour la collectivité puisque le déficit attendu n’excède pas les 3 à 4 millions d’euros.

L’une des particularités du programme est l’achèvement parallèle du tram reliant Strasbourg à la ville allemande de Kehl, et ce dès 2017. Le réseau traversera donc des zones en pleine redéfinition, et vierges de toute habitation pendant de longues années dans la zone «Starlette». «Le tram sera le moteur de l’urbanisation, son épine dorsale», a souligné le maire de Strasbourg Roland Ries.

 

Focus

Sur le site de la Coop, un projet urbain innovant

C’est un site emblématique de l’histoire de l’économie sociale et solidaire en Alsace: l’ancien siège de la Coop est au cœur d’un ambitieux projet culturel et économique. Sur les 8 hectares du site, la SPL Deux-Rives a identifié un potentiel de construction de 70 000 m², dont 40 000 en réhabilitation de bâtiments à valeur architecturale, comme l’ancienne salle des cuves à vin qui accueille depuis 2012 le festival Ososphère. «Nous entendons aussi préserver l’esprit coopératif et citoyen qui a présidé à la création de la Coop», indique Alain Fontanel, premier adjoint de la Ville de Strasbourg en charge de la culture.

L’objectif est de créer un lieu articulant création et diffusion, prioritairement dans le domaine de la musique avec la constitution d’un pôle Coop Musique-s appelé à se substituer à la Laiterie. Plus largement la collectivité veut favoriser les pratiques ayant trait aux arts, à la vie locale et citoyenne et à l’apprentissage… Pépinières d’entreprises, structures d’accompagnement et mises en réseaux des acteurs doivent permettre de dégager des modèles économiques viables. Une consultation spécifique a été lancée sur ce projet, avec une forte dimension architecturale et un appel de la collectivité à envisager «des démarches singulières» pour mieux impliquer les acteurs culturels et la population. Les premiers marchés pourraient être lancés dès l’an prochain, pour un démarrage des travaux début 2018.

 

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