Projets

Stade de Tokyo 2020 : Kuma éclipse Hadid

Mots clés : Architecture - Sport

L’architecte japonais Kengo Kuma vient de remporter la réalisation de l’enceinte sportive nipponne qui accueillera les 32e JO d’été, suite au rejet du projet de sa consœur anglo-irakienne Zaha Hadid. Un nouvel épisode dans cette guerre des étoiles de l’architecture au pays du Soleil-Levant.

L’incroyable histoire du projet de Nouveau stade national à Tokyo (Japon), tirée de faits réels, serait digne d’un film à grand spectacle. Un décor futuriste : Tokyo. Une intrigue pleine de suspens : quel architecte construira l’enceinte sportive des Jeux olympiques d’été 2020 ? Un casting de superstars : Zaha Hadid et Kengo Kuma dans les deux rôles principaux, et Toyo Ito en second rôle. Un rebondissement majeur : l’éviction de la tête d’affiche, malgré une contre-attaque. Et enfin, un budget colossal pour la réalisation : 2 milliards d’euros.

La scène finale vient de se jouer ce 22 décembre. Le projet de l’architecte japonais Kengo Kuma a été sélectionné par le Japan Sport Council et le Premier ministre nippon Shinzo Abe, qui a salué un « plan magnifique ». Ce clap de fin (?) tient le spectateur en haleine, avant une éventuelle suite à cette guerre des étoiles de l’architecture au pays du Soleil-Levant.

 

Honneur et complot

L’architecte anglo-irakienne Zaha Hadid a résumé ses aspirations et ses désillusions dans un communiqué daté du 22 décembre 2015 : « Nous étions honorés d’être sélectionnés [en novembre 2012, NDLR] pour concevoir un stade qui permette au Japon d’accueillir le monde pour la Coupe du monde de rugby en 2019 et d’amener les Jeux olympiques de 2020 à Tokyo, avant de devenir une nouvelle maison pour le sport japonais pour de nombreuses générations à venir. Malheureusement, les autorités japonaises, avec le soutien de certains de ceux de notre propre profession au Japon, ont comploté pour fermer les portes sur le projet [en juillet 2015]. »

 

« Similitudes remarquables »

Un flash-back en mai 2014 rappelle que l’architecte japonais Toyo Ito et son confrère et compatriote Fumihiko Maki étaient à l’origine d’une pétition dénonçant le projet de Zaha Hadid jugé trop grand et trop cher. A noter que ce même Toyo Ito avait perdu la première compétition internationale, mais a été rattrapé cette année pour élaborer un second projet, encore battu ce 22 décembre par Kengo Kuma. Le projet de cet architecte – faisant place au bois et estimé à 1,12 milliard d’euros – provoque l’ire de Zaha Hadid qui y voit des « similitudes remarquables » avec ses propres plans et ses recherches d’économies.

Ce constat amer l’amène à penser que l’équipe de maîtrise d’œuvre n’a pas été écartée du projet à cause de la conception et du budget. Mais peut-être pour une raison plus inavouable, celle d’une préférence nationale. Interviewée en 2014 par le magazine en ligne Dezeen, Zaha Hadid avait déclaré : « Ils ne veulent pas d’un étranger pour construire un stade national à Tokyo. » Le choix final d’un architecte nippon risque de la conforter dans son opinion.

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