Construction Numérique

Spécial numérique – Les objets connectés donnent un coup de jeune à la domotique

Mots clés : Domotique - Télécommunications

L’Internet des objets donne lieu à des applications facilitant l’exploitation des bâtiments. Cerise sur le gâteau : de jeunes entreprises françaises sont à la pointe dans ce domaine.

Peu à peu, les objets connectés font leur entrée dans les foyers français. À l’heure où l’Internet mobile se démocratise, nos compatriotes apparaissent en effet friands d’applications dédiées à la gestion de l’habitat, notamment pour tenter de faire des économies sur la facture de chauffage. Une étude publiée en 2013 par le cabinet Accenture (1) a révélé que seules 22 % des personnes interrogées font confiance à leur fournisseur d’énergie sur ce point ! A contrario, l’étude met en lumière leur appétence pour des services mobiles de gestion de l’énergie. Et depuis la déferlante des produits Apple, l’accent est mis sur le ludique, le design et la simplicité d’utilisation. Une tendance bien comprise par les entreprises du monde des NTIC (nouvelles technologies de l’information et de la communication) qui développent de plus en plus de solutions connectées susceptibles de les satisfaire.

 

 

C’est le cas de Qivivo, une start-up nantaise qui commercialise un thermostat « intelligent » associé à des services web pour les chaudières et convecteurs électriques. Pour que le système fonctionne, il suffit que la maison soit équipée d’une box ADSL. Une fois installé, le thermostat se connecte à la box grâce à un module « passerelle » avec lequel il communique par ondes radio (selon le protocole ZigBee ou 6LoWPan). Pas de fil à tirer, la solution est « plug and play ». Pas de réglage à effectuer non plus, la solution logicielle, déportée sur le cloud (serveurs informatiques), pilote le thermostat à distance grâce à la connexion Internet. L’utilisateur n’a donc plus de manipulation à effectuer. En cas de besoin, il peut néanmoins reprendre la main, via une application pour ordinateur PC, tablette ou smartphone. Mais ce n’est pas tout : grâce aux algorithmes de l’intelligence artificielle, le thermostat optimise le fonctionnement du système de chauffage par apprentissage. « Durant la première semaine d’utilisation, le thermostat va programmer pendant la nuit des cycles marche/arrêt pour déterminer le temps de montée en température, indique Adrien Suire, fondateur de Qivivo. Par itération, le thermostat intègre dans son fonctionnement le comportement du système de chauffage, ainsi que la signature énergétique de la maison. De plus, en collectant les données météo, le système va être en mesure d’anticiper la demande de chauffage. » Qivivo propose son thermostat dans le cadre d’un abonnement mensuel (sans engagement), assorti d’une garantie d’économies d’énergie.

 

Le taux de CO2 sur tablette

 

Une autre jeune pousse française, Netatmo, dispose également de son thermostat connecté, avec une version « apprenante » en cours de développement. L’entreprise commercialise également une station météo : celle-ci se compose en fait de deux modules, l’un dédié à la mesure de la qualité de l’air extérieur (hygrométrie, température et pression atmosphérique), l’autre à la qualité de l’air intérieur (concentration de CO2 et humidité). Là aussi, la mise en service se veut immédiate.

 

 

Les modules communiquent entre eux et avec la box Internet du foyer en wi-fi : il suffit de télécharger l’application Netatmo sur le terminal de son choix (ordinateur, téléphone, tablette) et de la configurer avec les modules. Disponible dans les grandes enseignes distribuant des objets connectés, la station Netatmo fait également l’objet d’un partenariat avec Bouygues Télécom dans le cadre de son application pour habitat connecté « B. Domo ». Au vu de l’importance que revêt désormais la qualité de l’air intérieur, d’autres partenariats pourraient être envisagés, notamment avec les fournisseurs de systèmes de renouvellement d’air. Netatmo y songe, mais le rapprochement avec le monde du bâtiment ne constitue pas forcément une priorité : « Pour créer des objets connectés, il faut réunir de nombreuses expertises (électronique, logiciels, mécanique…), observe Romain Paoli, chef de produit chez Netatmo. Nous intégrons des compétences en bâtiment, mais notre positionnement est plus orienté vers le confort, la santé et le bien-être, l’environnement… »

 

 

Objets connectés à la carte

 

Fertile en jeunes entreprises spécialisées dans les objets connectés, la France apparaît comme une Silicon Valley qui s’ignore ! Basée à Montpellier, la société Matooma, créée par un ancien salarié de l’opérateur SFR, a pour cœur de métier les objets connectés par carte SIM. Son modèle économique consiste à servir d’intermédiaire entre toute entreprise souhaitant développer un service autour d’un objet connecté et les opérateurs de téléphonie mobile. « Matooma a signé des accords avec SFR, Bouygues Télécom et Orange, précise Frédéric Salles, son PDG. Ainsi nous proposons à nos clients un prix unique d’abonnement, quel que soit le réseau utilisé par l’objet. » Avantage : l’objet connecté fonctionne indifféremment sur chacun des trois réseaux, ce qui sécurise la continuité de service. Parmi les clients de Matooma figure Alfiléo, un éditeur de logiciels et intégrateur qui officie notamment dans le domaine du comptage énergétique en fournissant des solutions clés en main. Matooma lui fournit des cartes SIM pour ses compteurs. Ainsi équipés, ceux-ci peuvent exporter les données collectées par voie IP sans passer par une box Internet.

 

Focus

« Les professionnels de la GTB doivent faire leur révolution »

En quoi les objets connectés vont-ils amener un progrès dans le bâtiment ?

Ils seront très utiles en rénovation, dans les bâtiments dépourvus de GTB (gestion technique des bâtiments). Car l’Internet des objets est un nouveau moyen d’extraire les données d’un bâtiment. Il suffit pour cela d’ajouter un compteur connecté dans son tableau divisionnaire. Cela amènera une amélioration en termes d’exploitation, de maintenance corrective.

Et dans le neuf ?

Ils conviennent également très bien aux petits bâtiments (moins de 1000 m2), pour faire du comptage, de la facturation (par usage et par locataire) et pour proposer un affichage « sexy » des données, sans besoin de câbler ou d’avoir fait bac + 8 pour concevoir une GTB ! Lorsqu’on a seulement besoin de faire remonter les données, les objets connectés sont une alternative moins coûteuse.

La Smart Building Alliance défend l’idée selon laquelle l’Internet des objets favorisera l’avènement du bâtiment intelligent. Pourriez-vous préciser ?

Un bâtiment doté d’une GTB peut être « smart », c’est-à-dire qu’il est en mesure de communiquer avec d’autres bâtiments : il suffit de coiffer la GTB d’une box Internet et d’une couche logicielle. Les acteurs traditionnels de la GTB sont d’ores et déjà en mesure de proposer cela. Mais ils sont bousculés par les nouveaux entrants du monde de l’IT (technologies de l’information) qui s’ils n’ont pas la connaissance des métiers du bâtiment (produire du chaud, du froid, gérer les occultations…), maîtrisent l’IP (Internet Protocol). Les professionnels de la GTB doivent donc faire leur révolution.

 

Focus

Glossaire

Objets connectés ou Internet des objets a pour but d’étendre Internet aux objets du quotidien.

Plug and play Procédure qui permet aux périphériques récemment installés d’être reconnus par le système d’exploitation.

IP L’Internet protocol est une famille de protocoles de communication conçus pour Internet.

(1) The new energy consumer handbook : les nouvelles stratégies des fournisseurs d’énergie. www.accenture.com/fr

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