by APAVE

Soutenir l’innovation et maîtriser les risques avec les procédés constructifs bas carbone

Mots clés : Innovations - Technique de construction

La prise en compte des nouvelles exigences environnementales a conduit au développement de nombreuses innovations soit dans le domaine des matériaux soit dans celui des systèmes.

C’est tout particulièrement le cas dans la filière bas carbone, dont le bois. Certaines nouveautés sont porteuses de beaucoup de potentiel, d’autres ne survivront sans doute pas aux premières applications. Car ce foisonnement d’innovations, sur lesquelles les retours d’expériences demeurent encore, dans certains cas, très faibles, est à l’origine de risques potentiels importants. Les acteurs de la conception et de la construction, au premier rang desquels vient le maître d’ouvrage, doivent donc mettre en place des approches permettant de limiter au maximum le risque de contre-performance, en l’absence de tout engagement possible des fabricants et inventeurs de ces produits et systèmes. Cette nécessité s’impose d’autant plus dans le cadre de l’organisation spécifique de l’assurance construction.

Cela demande, sans aucun doute, une grande précision dans la démarche, le plus en amont possible. La définition des partis constructifs (quelles que soient les raisons techniques, économiques ou esthétiques des choix retenus) conduira très vite à évaluer les conséquences pratiques de ces choix. C’est ainsi que dans le cas d’une structure bois, le risque lié à l’eau sera considéré aussi bien en intérieur (risque de fuite dans les réseaux d’eau ou dans les pièces d’eau et les conséquences potentielles sur la structure interne) qu’en extérieur (une façade bois sera mieux protégée lorsque le toit est prolongé par un débord plus important que celui nécessaire pour une façade enduite).

La définition de l’ensemble des détails constructifs permettra d’éviter des approximations difficiles à gérer sur le chantier. Car la culture liée à de nouveaux matériaux est encore à intégrer pour de nombreux acteurs qui savaient, jusqu’à aujourd’hui, palier nombre d’imprécisions de la conception quand il s’agissait de cultures plus courantes comme celle de la maçonnerie. D’autant que la grande majorité des réglementations et des règles de l’art ont été conçues essentiellement pour ces cultures constructives traditionnelles. Elles ne peuvent donc pas apporter de réponses pour ces nouvelles approches. Il peut même y avoir une réelle rupture de concept. Comment considérer un isolant biosourcé ou non, pris entre deux panneaux de bois, est-il : intérieur ou extérieur ? L’un et l’autre ? Ni l’un ni l’autre ?

La préindustrialisation, voire l’industrialisation très poussée de certains procédés, améliore la qualité technique mais peut renforcer les risques de blocage en supprimant la relative liberté d’adaptation sur chantier que permet la construction foraine.

L’anticipation assure en outre de prendre en compte l’ensemble des exigences structurelles, thermiques, acoustiques, de résistance au feu, etc. Elle sera d’autant plus efficace que les concepteurs sauront choisir dans la palette, la plus large possible, des solutions existantes. C’est ainsi, par exemple, que la mixité des matériaux, bien exploitée, devient un outil efficace.

Globalement, l’adoption d’une conception très poussée des constructions, issue d’une réflexion commune sur l’ensemble des exigences (techniques mais aussi économiques, de maintenance et d’entretien…), intéressant le plus en amont possible l’ensemble des intervenants, directs ou indirects, puis bénéficiant d’un accompagnement étroit au cours de la phase exécution, est une condition indispensable à la réussite du projet tant du point de vue performanciel que de celui du respect des délais et de l’économie.

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