Règles techniques

Sous-couches acoustiques minces : une nécessité pour les planchers thermiques et acoustiques

Si les isolants en mousse de plastique alvéolaire pour planchers répondent à la réglementation thermique, ils ne sont pas toujours suffisants pour satisfaire la réglementation acoustique, particulièrement entre les locaux d’activité ou garages et les logements. Une sous-couche acoustique mince (SCAM) s’impose.

Les réglementations thermiques évoluent et avec elles se développent des isolants fibreux et des isolants en mousse plastique alvéolaire (PSE, polystyrène extrudé XPS ou polyuréthane) de plus en plus performants thermiquement. Cette dernière catégorie est de plus en plus utilisée. Mais, si elle présente une conductivité thermique plus faible que les laines minérales (laine de verre et de roche), elle ne requiert pas d’aussi bonnes qualités acoustiques.
Or, la Réglementation Acoustique 2000 (NRA 2000) exige de mettre en œuvre des solutions qui ne dégradent pas les performances acoustiques des planchers aux bruits d’impact et aériens. Ceci est particulièrement vrai entre les locaux d’activité ou entre les parkings et les logements où « l’isolement acoustique standardisable pondéré », DnTA, est plus élevé que celui entre deux logements. En effet, alors que la NRA impose 53 dB entre deux pièces principales de deux logements, l’isolation acoustique entre un garage en sous-sol et la pièce principale d’un logement doit être de 55 dB et entre un local d’activité et le logement de 58 dB. «Atteindre les 53 dB entre logements et un niveau de bruit de choc L’ n,Tw maximum de 58dB en réception est relativement aisé, par exemple avec une dalle béton de 20 cm d’épaisseur, une chape flottante sur SCAM certifiée CSTBat et des doublages adaptés», explique Stéphane Moteau, ingénieur acousticien de Siplast. Par contre, dès que l’on passe à 55 et 58 dB, la problématique est plus grande ; d’autant que la réglementation thermique demande la mise en place d’isolants thermiques entre garage et logements et local d’activités et logements».
Il est donc nécessaire de recourir à des systèmes constructifs appropriés pour les planchers (chapes flottantes thermo-acoustiques), et conformes à la fois aux contraintes réglementaires thermiques et acoustiques.

La réponse au plancher réalisé avec un isolant thermique en mousse de plastique alvéolaire

Pour y voir plus clair et répondre à cette problématique, plusieurs organisations : l’ADEME, le Syndicat National des Plastiques Alvéolaires (SNPA), l’Association Française des Sous-Couches Acoustiques Minces (AFSCAM) et le CSTB ont fait réaliser une étude, à la demande de Qualitel. Objectif : évaluer différents systèmes constructifs de planchers, déterminer ceux qui répondent simultanément aux prescriptions réglementaires françaises, thermiques et acoustiques entre habitations et locaux d’activités/parking et savoir si les isolants en mousse de plastique alvéolaire, de plus en plus utilisés, avaient des performances acoustiques suffisantes pour que l’ouvrage soit conforme à la NRA.
Cette étude permet de montrer que les isolants de type PSE, polystyrène extrudé XPS ou polyuréthane, ne suffisent pas, seuls, à répondre à la NRA entre les locaux d’activité/garages et les logements. La solution est de leur adjoindre une sous-couche acoustique mince. Posée sous l’isolant, elle va permettre d’améliorer l’isolation acoustique aux bruits aériens et d’impact, rendre plus performant l’ouvrage plancher béton+isolant thermique+chape flottante et ainsi atteindre les références fixées par la NRA. Une des combinaisons possibles qui satisfait aux exigences réglementaires peut être : un plancher béton de 200 mm d’épaisseur, une sous-couche acoustique mince, un isolant thermique en mousse de plastique alvéolaire dont la résistance thermique soit conforme à la RT 2005 (1) et une chape ciment de 60 mm d’épaisseur. Le tout avec un doublage des parois adapté de type ESA 4 ou ESA 5 (2). La sous-couche acoustique mince (SCAM), certifiée ou CSTBat, s’avère donc être indispensable, mais Stéphane Moteau met en garde de ne pas superposer n’importe quel type d’isolant thermique avec n’importe quelle sous-couche et recommande de vérifier la compatibilité des produits. L’étude précise aussi que si la performance acoustique de l’association SCAM + isolant thermique n’est pas connue, il est possible de prendre à minima la performance acoustique de la SCAM seule.


(1) Sous réserve que la superposition avec la sous-couche acoustique mince réponde aux exigences de fluage de la NF P 61-203 – DTU 26.2/52.1
(2) ESA : cf le guide des Exemples de Solutions Acoustiques pour bâtiments d’habitation édité par le Ministère de l’Equipement et du Transport et le CSTB – mai 2002

 

 

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