Paysage

Ségolène Royal : « Chacun doit pouvoir bénéficier d’un droit au paysage »

Mots clés : Démarche environnementale - Gouvernement

La lutte contre les inégalités passe par le droit de chaque Français à un paysage de qualité dans sa vie quotidienne. Cette conviction sous-tend le plan national d’action portée par la ministre de l’Ecologie. Ségolène Royal en détaille les mesures et en commente l’esprit, dans l’interview exclusive qu’elle a accordée à Paysage Actualités pour son édition d’avril. Lemoniteur.fr en publie ci-dessous la version intégrale.

Annoncée le 25 septembre, l’idée du « printemps des paysages et des jardins » a fait son chemin et changé de nom. Sous quelle forme ?

Ségolène Royal : J’ai préféré le titre de « Paysages et jardins en actions » car beaucoup d’événements font déjà référence au printemps. Mais l’objectif reste inchangé : recenser, faire connaître et mettre en valeur toutes les initiatives remarquables des territoires. Dans 5 domaines essentiels à la préservation et à la reconquête de la qualité paysagère : éduquer les plus jeunes et sensibiliser tous les publics ; planifier en favorisant la participation des citoyens ; aménager en innovant en milieu rural, urbain et périurbain ; conjuguer transition énergétique et conception paysagère ; associer agriculture verte et gestion des paysages.

Je suis frappée par l’inventivité et la créativité de nombreux territoires. Je veux donner à voir et démultiplier ces réussites concrètes qui montrent la voie, et encourager les décideurs à leur apporter leur concours. Elles seront présentées dans tout le pays du 6 au 21 juin, lors de la « Fête des paysages et de la nature en ville ». J’invite d’ailleurs tous vos lecteurs engagés dans une démarche de qualité paysagère à s’inscrire sur la plate-forme ouverte sur le site du Ministère de l’Ecologie.

Les Français sont très attachés au patrimoine naturel qui fait la beauté de notre pays, première destination touristique du monde, et à la qualité paysagère de leur cadre de vie. Plus de 10 000 personnes ont participé au concours organisé par le Ministère de l’Ecologie « mon paysage au quotidien, la France vue par ses habitants ». Le paysage est un thème fédérateur de toutes les générations et un beau sujet de mobilisation citoyenne. Je suis persuadée que l’objectif de « 1 000 paysages en actions » sera dépassé !

 

L’ambition de planter un arbre par Français dans les 10 ans va-t-elle commencer à prendre corps dès cette année ?

S.R. : Bien sûr car la reconquête des paysages est l’affaire de tous et chacun peut y contribuer. D’où ce partenariat proposé à toutes les collectivités locales et les associations pour que chaque habitant, en ville comme à la campagne, puisse améliorer son lieu de vie et les paysages de notre pays.

J’en donnerai le coup d’envoi le 25 novembre prochain avec, dans toutes les régions, des plantations d’arbres en ville, d’arbres champêtres et de haies, la réalisation d’alignements le long des voies de transport, des opérations de reboisement autour des captages d’eau et d’agroforesterie, etc. Vous connaissez le dicton populaire associé à cette date : « A la Sainte-Catherine, tout arbre prend racine ». J’avais lancé ce mouvement en Poitou-Charentes et ce fut un succès : nous en avons planté en 10 ans 2 millions et demi, soit plus d’un arbre par habitant. J’annoncerai bientôt la généralisation de cette démarche à toute la France. Un beau défi à relever !

Et une belle occasion, juste avant le Sommet Paris Climat de décembre 2015, de faire le lien entre ces trois apports majeurs de l’arbre : élément emblématique de nos paysages et de leur diversité, capteur de carbone et atténuateur des effets du dérèglement climatique, microcosme d’une riche biodiversité. Sans oublier que les arbres nous fournissent une énergie renouvelable pour le chauffage et le matériau de construction bois innovantes.

Parmi tous les poètes que les arbres ont inspirés, Aimé Césaire a superbement évoqué ceux qu’il appelait « les arbres amis », leurs racines agrippant la terre, leur poussée verticale vers le ciel et leurs bras s’étendant comme pour embrasser le monde : il y voyait une métaphore de la vie dont la contemplation ne cessait de l’éblouir. Utilité de l’arbre, imaginaire de l’arbre : de bonnes raisons d’en prendre soin ensemble.

 

Avez-vous finalisé le projet de relance du Grand Prix national du paysage ?

S.R. : Je viens de rendre public l’appel à candidatures relançant cette distinction qui n’était malheureusement plus attribuée. Cette nouvelle édition 2015 met l’accent sur l’intégration de la démarche paysagère à un projet de territoire, rural ou urbain, d’envergure. Il ne s’agit pas de primer une œuvre détachée de son contexte local mais de récompenser une façon novatrice d’aménager, d’embellir et de mettre en mouvement un territoire à partir de son paysage, en tirant parti de ses ressources et de sa singularité.

Le jury international chargé de choisir le lauréat sera également attentif à l’association des habitants à la conception du projet et à la prise en compte de leurs aspirations, à la qualité du dialogue entre la maîtrise d’ouvrage, publique ou privée, et la maîtrise d’œuvre, au sein de laquelle le rôle des paysagistes devra être central, aux liens avec la transition énergétique et la croissance ve. Car l’excellence paysagère, c’est l’alliance d’un talent créateur et d’une capacité d’entraînement. Je remettrai ce Grand Prix à l’occasion des « journées des paysages et des jardins en actions ».

 

Les concepteurs paysagistes peuvent-ils compter sur un aboutissement rapide de leur revendication statutaire ?

S.R. : J’ai annoncé le 25 septembre, lorsque j’ai présenté en Conseil des Ministres le plan national d’action pour la reconquête des paysages et la place de la nature en ville, que le métier de paysagiste ferait l’objet d’une reconnaissance pleine et entière. C’est le but de la mise en place du diplôme d’Etat de paysagiste, désormais délivré par 4 écoles supérieures et dont le décret constitutif a été publié en novembre, avec un référentiel conforme à la définition internationale des compétences.

Mais il faut conforter davantage le rôle pivot des quelque 2 000 paysagistes français car ils sont encore trop souvent marginalisés dans les équipes des maîtres d’œuvre. C’est pourquoi j’ai proposé au Premier Ministre de confier une mission sur ce sujet au sénateur Pierre Jarlier qui a conduit dans sa ville de Saint-Flour l’un des tout premiers « plans paysages » et dont les travaux vont m’apporter un éclairage précieux.

 

Qu’attendez-vous des chantiers-laboratoires en cours de sélection ?

S.R. : Qu’ils montrent comment on peut restaurer et requalifier des paysages dégradés dans lesquels vivent un grand nombre de Français aux ressources modestes, qui souffrent de se sentir assignés à un environnement enlaidi ou délaissé.

Chacun doit pouvoir bénéficier d’un cadre paysager de qualité. C’est ce que j’appelle le droit au paysage. Les chantiers-laboratoires prouvent que des solutions alternatives à ce laisser-aller, qui est une forme de mépris des habitants, peuvent être mises en pratique pour remettre de la beauté paysagère dans les lieux dont elle est absente.

 

Quelles autres mesures du plan national d’actions allez-vous commencer à mettre en œuvre durant ce premier trimestre ?

S.R. : Les 10 mesures du plan d’action que j’ai annoncé en septembre ont été lancées. J’installerai le 7 avril la chaire d’entreprise « Energie et Paysage », créée au sein de l’Ecole du Paysage de Versailles avec le concours de grands opérateurs de l’électricité : EDF, ERDF et RTE.

Le réseau des territoires d’exception prend forme. Et j’annoncerai le 12 mai prochain, dans le cadre de la relance des plans paysages, les 25 nouveaux lauréats de l’appel à projets qui vise à hâter la généralisation de cette démarche portée par les élus locaux pour mettre la qualité paysagère au cœur de leur projet de territoire. Cela fera, à cette date, un total de 50 projets primés.

 

Etablissez-vous un lien entre ce plan et les deux lois majeures que vous portez cette année sur la transition énergétique et la biodiversité ?

S.R. : Oui car, dans ces domaines, tout se tient : l’excellence environnementale et l’excellence paysagère.

La question de l’interface énergie/paysages ne se réduit pas à l’intégration des éoliennes qui peuvent être une ponctuation paysagère réussie à condition que leur implantation soit bien conçue et réalisée à une échelle harmonieuse. La mutation de notre modèle énergétique, c’est aussi une alternative à l’artificialisation anarchique des sols, le choix de formes urbaines plus compactes, de transports plus collectifs et plus doux, des aménagements, des équipements et des pratiques qui dessinent les nouveaux paysages de la croissance verte.

Choisir un tramway alimenté en électricité par le sol permet de s’affranchir des énergies fossiles mais aussi de supprimer les lignes électriques qui enlaidissent un paysage urbain. S’engager dans une économie plus circulaire, c’est réduire le gâchis énergétique mais aussi les déchets et les décharges qui défigurent la nature. Faire reculer les pollutions lumineuses, c’est en même temps économiser l’énergie, diminuer les charges d’éclairage des communes et restaurer la qualité paysagère des ciels étoilés. Les appels à projets pour la création de Territoires à énergie positive, de territoires « zéro gaspillage, zéro déchets » et de « terres saines, communes sans pesticides », qui rencontrent un vif succès, anticipent les transformations à venir où énergie, biodiversité et paysages devront être pensés ensemble.

La loi relative à la biodiversité, que je défends en ce moment à l’Assemblée nationale, vise à mieux protéger nos richesses naturelles, terrestres et aquatiques. Depuis la loi sur la nature de 1976, la France s’est dotée de moyens d’action comme le Conservatoire du littoral ou les parcs naturels régionaux et nationaux, qui ont permis des progrès importants, mais le temps était venu d’une approche plus globale et de passer la vitesse supérieure pour protéger plus efficacement notre patrimoine naturel.

Préserver les continuités écologiques et ce qu’on appelle « la trame verte et bleue », mieux protéger les espèces comme les espaces, développer le génie écologique, prévoir une obligation de prévention, de restauration et de compensation, c’est aussi prendre mieux soin de nos paysages.

Cette loi de reconquête modernise la politique des sites et innove en englobant, au-delà de nos lieux les plus remarquables et des zones protégées, les paysages du quotidien qui font la qualité de vie de tous les Français. Elle définit des objectifs de qualité paysagère et renforce leur prise en compte dans tous les projets de territoire et d’aménagement car ce capital paysager est notre bien commun. Elle soutient le développement de la filière économique du paysage avec ses nombreux métiers d’avenir, qui représente aujourd’hui 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires et ses 150 000 emplois non délocalisables.

 

Souhaitez-vous qu’une empreinte paysagère marque d’autres politiques publiques ?

S.R. : Cette prise en compte est nécessaire car les enjeux des paysages sont écologiques, économiques, sociaux, sanitaires et culturels et j’y travaille avec mes collègues ministres les plus directement concernés. L’agriculture verte et l’agroforesterie contribuent à maintenir ou recréer des paysages de qualité. Les journées européennes du patrimoine associeront désormais chaque année, comme en 2014, patrimoine naturel et patrimoine culturel, monuments de la nature et de l’architecture dont la beauté et la formidable variété méritent d’être mises en valeur ensemble et partagées avec tous car elles sont constitutives de notre identité collective ; les métiers de la conservation et de la restauration vont intégrer davantage la dimension environnementale et paysagère. Enfin, le Plan Santé Environnement 2015-2019 reconnaît les bienfaits de la nature en ville et le rôle des paysages, facteurs de bien-être physique et psychique, barrières contre les agents pathogènes et accélérateurs des convalescences.

 

Qu’attendez-vous des paysagistes conseils de l’Etat ?

S.R. : Relais majeurs de la politique du paysage auprès des préfets de département et de Région, leur vocation interministérielle et leur rôle de formateurs doivent être affirmés. Il leur appartient aussi de réfléchir à la meilleure façon de sensibiliser et d’impliquer les collectivités locales dans la conduite et l’animation des politiques paysagères.

 

Espérez-vous pérenniser voire développer le réseau de compétences publiques et décentralisées actuellement concentré dans les CAUE ?

S.R. : Un rapport des inspections générales de la Culture et du Développement durable portant sur le renouveau de ces structures a été récemment mis en ligne. J’en approuve les recommandations qui visent à conforter ces organismes pluridisciplinaires ancrés dans les territoires. Ce rapport préconise aussi une mutualisation régionale de leurs ressources et de leurs activités. Dans l’immédiat, je compte sur les 103 conseillers paysagistes en activité dans le réseau des CAUE pour accélérer la mise en œuvre du plan national d’action pour les paysages.

 

Pourquoi le paysage revêt-il tant d’importance dans votre message politique ?

S.R. : Après mon premier passage au ministère de l’Ecologie en 1992 et 1993, j’ai développé ma réponse dans le livre « Pays, paysans, paysages », dont je prépare une édition actualisée.

Les paysages sont au cœur de cette nouvelle alliance et de cette nouvelle harmonie entre l’homme et la nature que je veux bâtir. Au cœur de la réconciliation entre environnement et économie, entre activités humaines et reprise en main de notre destin climatique. Au cœur d’un dialogue environnemental renforcé et d’une démocratie vivifiée qui associe les citoyens aux décisions qui les concernent. Ils incitent toutes les forces vives de notre pays – citoyens, territoires, entreprises – à joindre leurs forces pour un but partagé. Ils sont, pour tout dire, la beauté de l’écologie et la poésie de l’action publique.

 

Votre attachement à ce thème a-t-il précédé votre engagement public ?

S.R. : Dès mon enfance aux Antilles, puis dans une petite commune des Vosges, j’ai acquis une sensibilité à la diversité des paysages. Avant même de savoir lire, j’avais déjà réalisé mon herbier ! Aujourd’hui encore, quand je me rends au travail sans avoir trouvé le temps de m’imprégner du ciel, de la pluie ou d’observer les poules dans le jardin du ministère, je ressens un manque. La conscience de cette nécessité vitale d’un rapport au milieu naturel a d’ailleurs inspiré le soutien aux jardins thérapeutiques, dans le plan national Santé environnement.

C’est peut-être pourquoi j’ai été convaincue très tôt qu’il ne fallait traiter la nature ni comme un entrepôt passif de ressources inépuisables à exploiter toujours plus, ni comme une réalité figée à mettre sous cloche, mais comme une partenaire dont les rythmes de renouvellement et les écosystèmes, qui nous rendent tant de services vitaux, doivent être ménagés si nous ne voulons pas, comme le dit Hubert Reeves, « scier la branche sur laquelle nous sommes assis » et détruire irrémédiablement ce tissu du vivant dont nous sommes partie prenante.

 

Quel bilan tirez-vous de l’application de la loi Paysages de 1993 ?

S.R. : C’était la première fois que les paysages faisaient l’objet d’une loi spécifique que je suis fière d’avoir fait voter lorsque j’étais Ministre de l’Environnement. On s’était, jusque-là, surtout centré sur les sites et les espaces protégés, très importants pour préserver les traces d’une histoire paysagère et en transmettre la mémoire mais forcément très circonscrits.

La loi de 1993 a donné une impulsion, fourni une base législative à la création des parcs naturels régionaux, conduit à la labellisation de paysages et de produits de qualité. Elle faisait obligation aux documents d’urbanisme et aux aménagements fonciers de prendre en compte la protection et la mise en valeur des paysages. Elle promouvait la réalisation d’inventaires locaux de la faune et de la flore, ces atlas qui se sont partout développés. Elle a préparé le terrain à l’élaboration et à l’adoption par la France de la Convention européenne du paysage qui consacre l’importance de la perception du paysage par les habitants.

Mais il était devenu nécessaire de l’actualiser et possible de l’enrichir, ce qui n’avait pas été fait à l’occasion du Grenelle de l’Environnement. La loi relative à la biodiversité prolonge et renforce le texte de 1993.

 

A la Présidence de la Région Poitou-Charentes, avez-vous pu enrayer des processus de banalisation et mettre en place des projets de reconquête paysagère ?

S.R.: La politique de reconquête paysagère menée en Poitou-Charentes s’est d’abord appuyée sur un socle de connaissances très solide, avec un atlas régional des paysages régulièrement mis à jour et valorisé. Elle s’est fondée sur une série d’appels à projets en direction des territoires et de partenariats portant, par exemple, sur les vallées, les entrées de bourg, le chemin de Saint-Jacques de Compostelle qui traverse la région, la replantation progressive de la Sylve d’Argenson, relique d’une grande entité forestière qui reliait La Rochelle à Angoulême. Nous avons aussi développé la plantation de haies bocagères : près de 1 400 km depuis 2004 et inversé la tendance à l’arrachage. Il faut continuer dans cette voie et les outils que je mets aujourd’hui en place vont permettre d’aller plus loin dans toutes les régions.

 

L’idée du paysage de l’après-pétrole s’est traduite, ces dernières semaines, par une chaire universitaire que vous parrainez et par la naissance d’une association que vous soutenez. Pourquoi ce cap de l’après-pétrole ?

S.R.: Au-delà de toutes les raisons qui poussent à s’affranchir de la dépendance pétrolière (émissions de gaz à effet de serre, pollution, coût des importations en dépit de la baisse conjoncturelle du prix du baril, factures des ménages), le « modèle pétrolier » a eu, pour les paysages, des conséquences néfastes, avec la prégnance des autoroutes, l’artificialisation accélérée des sols, l’étalement urbain, la spécialisation fonctionnaliste des espaces, l’abandon des terroirs non mécanisables.

Il en a résulté un traitement très inégalitaire des environnements paysagers, sans autre cohérence que des logiques étroitement techniciennes et de maximisation des profits à court terme. D’où le besoin, qui s’exprime avec force de nos jours, de remettre un ordre juste et de l’harmonie dans les incohérences paysagères.

Le passage à l’après-pétrole, un des objectifs de la loi de transition énergétique, permet de reconfigurer les espaces sur d’autres bases, plus équilibrées et plus participatives, et de remettre la qualité paysagère au cœur des décisions d’aménagement. Les territoires de l’après-pétrole devront être choisis et non subis ; ils devront conjuguer attention à l’environnement, maîtrise de la dérive climatique et droit à des paysages de qualité.

 

La construction de nouvelles autoroutes et d’équipements de commerce et de loisirs peu accessibles aux modes de transport doux ne retarde-t-elle pas le franchissement de ce cap ?

S.R.: On construit, heureusement, plus de voies ferrées que d’autoroutes ! Pour m’être longtemps battue, avec les associations et les petites communes rurales directement concernées, contre un tracé d’autoroute brutal qui menaçait de massacrer le Marais Poitevin, cette « Venise verte » qui est des joyaux de nos monuments de la nature et l’héritage d’un travail humain qui a su, au fil des siècles, préserver dans la deuxième zone humide de France des équilibres écologiques fragiles, je ne vous surprendrai pas en vous disant que, pour moi, toujours plus d’autoroutes n’est pas la bonne réponse aux besoins actuels de mobilité ! Le sauvetage du Marais Poitevin a administré la preuve qu’un autre mode de développement est possible. J’ai d’ailleurs eu le plaisir, en prenant mes fonctions, de lui rendre son label de parc naturel régional. Mais je reste vigilante car des récidives, signes d’une conception dépassée des aménagements dont la France a besoin, sont toujours possibles…

Il faut plus que quelques mois pour inverser profondément des trajectoires lourdes, des manières de penser et des réflexes qui ont la force de l’habitude. Le vieux modèle résiste encore et c’est la responsabilité de l’action publique d’accélérer son remplacement par un modèle plus adapté aux défis du temps présent. Mais je suis confiante car les Français sont de plus en plus conscients des enjeux, désireux de participer aux décisions et motivés par la défense de paysages auxquels ils sont légitimement attachés.

Le grand chantier de la modernisation du droit de l’environnement et de la démocratisation du dialogue environnemental, annoncé par le Président de la République, que j’ai lancé avec le Conseil national de la transition écologique et la commission présidée par Alain Richard, doit déboucher fin mai sur des propositions opérationnelles qui feront, si besoin, l’objet d’un texte législatif avant la fin de l’année. Ce renouvellement du débat public et ce changement des manières de décider seront, pour la sauvegarde et la valorisation de nos paysages, un précieux renfort.

 

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    Que penser d’un département -la Loire- qui depuis leur création se refuse à mettre en place un CAUE ? Alors que la demande lui en parvient de plusieurs sources .
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    le droit au paysage passe d'abord par la propreté

    J’habite la banlieue parisienne.Je suis effaré par la saleté et les immondices qui jonchent nos bords de route tant en zone urbaine qu’en zone autoroutière. Je veux bien qu’on accuse les faux artisans qui vident leurs bennes de gravats le soir en fraude, je veux bien qu’on accuse les immondices des camps rroms rasés par la police. Mais que diable ne faisons pas de fausses économies ramassons, collectons, balayons…. Comme disait un cousin suisse: »les suisses ne sont pas plus propres que les français. Mais ils balaient beaucoup plus souvent » Si vous ne me croyez pas prenez votre voiture et empruntez une nationale ou une autoroute en zone urbaine. Je vous propose la RN3 ou l’A1 ou l’A3 en revenant de Roissy. Je ne commenterai pas l’indifférence des écolos qui eux pratiquent les pistes cyclables des 6ème,7ème et 8ème arrondissements de Paris.
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