Industrie/Négoce

Sciage au diamant : trop de disques dangereux sont en circulation

Le Syndicat national des abrasifs et super-abrasifs a fait le tour du salon Batimat 2015 accompagné d’un huissier de justice. Résultat : 45% des disques diamant contrôlés ne sont pas conformes à la réglementation.

Une norme de fabrication n’est pas obligatoire, sauf si elle est citée dans un décret. Or c’est le cas de la norme EN 13236 concernant les disques diamant, à laquelle renvoie un décret ministériel datant de 2003. Celui-ci précise que seuls les produits s’y conformant peuvent être fabriqués, importés et commercialisés sur le territoire français.

Douze ans plus tard, cette obligation est restée lettre morte. Pour preuve : le Syndicat national des abrasifs et super-abrasifs (SNAS) a fait le tour du salon Batimat 2015 accompagné d’un huissier de justice. Résultat : 45% des disques contrôlés ne sont pas conformes à la réglementation. « En France un disque en circulation sur trois est illégal » estime Paul Seignolle, président de la section « diamant » du Cisma. Il en va des disques diamant comme de beaucoup d’autres produits : une réglementation stricte les encadre, mais les services de répression des fraudes n’en contrôlent pas l’application, créant de fait une distorsion de concurrence entre les industriels scrupuleux et ceux qui le sont moins.

 

Des blessures graves

 

Or, d’après Paul Seignolle, la conformité est facile à vérifier. « La norme impose une série de marquage sur le disque lui-même, comme le sens de rotation par exemple ». Outre cette obligation d’information, la norme EN 13236 impose également des procédés de fabrication qui garantissent la qualité des produits. Là est le point critique, car un disque non conforme peut s’avérer dangereux. « Un disque diamanté qui se brise projette des éclats de métal à 300 km/h, soit la vitesse d’une balle de fusil » rappelle Jean Philippe Guyot, président du SNAS. En France, les machines mécaniques portatives provoquent 100 invalidités permanentes chaque année et les disqueuses font parties de l’outillage le plus dangereux. La rupture d’un disque diamant provoque 4 décès par an dans l’Union européenne, sans compter les mutilations. La dizaine d’euros économisée sur un disque de mauvaise qualité justifie-t-elle vraiment de courir un tel risque ?

 

 

Mise à jour

La photo illustrant initialement cet article représentait des disques de sciage sur lesquels apparaissait la marque de la société DIAM Industries. Or les disques commercialisés par cette société sont parfaitement conformes à la norme EN 13236. Nous présentons nos excuses à la société DIAM Industries pour cette association malheureuse.

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    Disques obsolètes

    Devant l’afflux de réglementation, maintenant que l’autorité est consciente de la non conformité des disques à tronçonner, qu’attend-t-elle pour les faire retirer des points de vente ? Une nouvelle mort est-elle attendue pour réagir ? Compte tenu de l’enquête et des ses résultats qui sera poursuivi ?
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