Entreprises de BTP

Schneider résiste à une conjoncture morose et poursuit sa restructuration

Schneider Electric a fait mieux que résister à une conjoncture internationale morose au premier semestre 2003, en poursuivant le déplacement de ses usines dans des zones non-euro pour améliorer sa rentabilité. Le groupe français, qui a confirmé sa réactivité à un environnement économique qui présente, selon lui, « peu de visibilité », a annoncé jeudi une hausse de 8% de son résultat net après amortissement des survaleurs, à 190 millions d’euros au premier semestre 2003, pour un chiffre d’affaires en retrait de 7%, à 4,23 milliards d’euros.
A taux de change constant, la marge opérationnelle progresse de 1,2 point, à 10,4%. Cette marge est prévue en progression au second semestre de l’exercice en cours, par rapport à celle du premier semestre, pour un chiffre d’affaires stable sur la totalité de l’exercice 2003. Schneider ambitionne toujours d’atteindre une marge de 14% en 2004.
Ces résultats meilleurs que prévu et des perspectives conformes aux attentes des analystes ont été bien accueillis par le marché. L’action Schneider est montée jeudi à la Bourse de Paris de 2,39% à 46,75 euros, dans un marché en baisse de 0,12%.

Le groupe a annoncé jeudi qu’il allait accélérer ses projets de « relocalisation » de ses sites industriels dans des zones non-euro, pour échapper aux effets dévastateurs de la baisse du dollar (qui a coûté 406 M EUR de chiffre d’affaires au 1S03) et se rapprocher de ses clients. Il veut aussi adapter son appareil de production industriel et ses structures administratives dans plusieurs pays européens.
Le Pdg du groupe Henri Lachmann estime que l’effet de change va continuer à affecter le groupe, mais sans désespérer de voir l’euro refluer. « Un euro un peu moins fort, ce n’est pas impossible », a-t-il estimé jeudi en commentant les résultats. Et d’ajouter: « L’euro fort est une vraie bêtise des hommes politiques ».
M. Lachmann a précisé que les adaptations recherchées de l’appareil de production concernent la France (optimisation de plusieurs sites de production, notamment dans les commandes numériques et la moyenne tension, et réduction des structures marketing), la Grande-Bretagne, l’Italie et les fonctions groupe.
Les projets de restructuration concernent environ 2.000 salariés en Europe, dont un millier en France. Ils seront mis en oeuvre en 2003-2004, a-t-il confirmé.

Le groupe emploie près de 75.000 salariés dans le monde sur 180 sites industriels, dont 22.000 salariés en France sur 43 sites industriels. Schneider avait déjà annoncé la fermeture des usines Num d’Argenteuil (fabrication de commandes numériques pour machines-outils) et de Bardin, en région parisienne, employant respectivement 220 et 30 salariés.
La direction du groupe s’est refusé à donner plus de détails sur les restructurations, soulignant qu’elles sont « en cours de négociation » avec les partenaires sociaux. Elle a simplement indiqué qu’elle prévoit que les charges de restructuration pour 2003 atteindront « entre 100 et 150 M EUR ».
Le groupe veut élever le niveau de performance de son appareil industriel en s’attaquant à la France après une première restructuration réalisée aux Etats-Unis, un pays représentant environ 30% du chiffre d’affaires du groupe contre environ 40% en Europe.
L’idée de base de cette « relocalisation » au plus près des marchés (M. Lachmann refuse de parler de « délocalisation ») est d' »acheter et produire plus en zone non euro », en particulier hors de France, afin de neutraliser l’effet dollar de plus en plus pénalisant et de réduire les coûts de production tout en rapprochant le groupe de ses marchés.
M. Lachmann s’est félicité de la « croissance soutenue » de ses ventes en Asie et en Europe de l’Est (+11%) — vers lesquels le groupe se tourne de plus en plus — alors qu’elles étaient en recul en Amérique du Nord (-4,6%) et en Europe (-2,12%).

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