Industrie/Négoce

Schneider réclame 1,66 milliard d’euros à Bruxelles

C’est l’histoire de l’arroseur arrosé. Le groupe français de matériel électrique Schneider a accablé mercredi devant la Cour de justice de Luxembourg la Commission européenne, qui l’avait empêché de fusionner avec Legrand en 2001, lui réclamant des indemnités énormes de 1,66 milliard d’euros.
Schneider a accusé la Commission d’avoir commis une « faute particulièrement grave » en mettant son veto à l’opération de fusion, causant ainsi à l’entreprise française des pertes financières très importantes, selon une source proche du dossier.

En janvier 2001, Schneider et Legrand avaient annoncé leur fusion, qui devait créer le numéro un mondial de l’appareillage électrique de basse tension et des automatismes industriels.
Le 10 octobre de la même année, les services de la concurrence de la Commission, sous la houlette du commissaire Mario Monti, avaient bloqué l’opération, alors que le rapprochement entre les deux groupes français était déjà effectif. Ce veto avait contraint Schneider à revendre Legrand.

Mais un an plus tard, le 22 octobre 2002, la justice européenne, saisie par Schneider, avait sévèrement critiqué l’argumentation de la Commission et annulé son veto. Schneider demande maintenant des indemnités d’un montant sans précédent dans une procédure de cette nature.
Dans sa plaidoirie mercredi, le groupe a reproché en bloc à l’exécutif européen d’avoir « violé le droit de la concurrence » communautaire, d’avoir « violé ses droits à la défense » lors de la procédure d’examen de la fusion, d’avoir « manqué de loyauté » dans les discussions, et enfin de l’avoir « obligé à revendre rapidement Legrand » alors que les conditions de marché n’étaient pas favorables, selon le rapport d’audience que s’est procuré l’AFP et cette source proche du dossier.

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