Energie

Scénario énergie-climat 2035-2050 de l’Ademe : le retour des 500.000 rénovations par an

Mots clés : Air - Bâtiment d’habitation individuel

L’Ademe a publié le 19 octobre sa première mise à jour de ses « visions » présentées en 2013. Elle donne la priorité à deux chantiers : la rénovation du parc de bâtiments – avec la rénovation de 500 000 logements existants par an jusqu’à 2030, puis 750 000 jusqu’en 2050 – et la mobilité. L’institution propose parallèlement 17 groupes de nouvelles mesures qui permettraient la réduction de 20 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an d’ici 2030 en France.

Dans la mise à jour de son scénario 2035-2050 daté de 2013, l’Ademe « confirme » une réduction des émissions de gaz à effet de serre supérieure à 70 % par rapport à 1990 d’ici 2050 et la réduction de 45 % de la consommation d’énergie finale par rapport à 2010 pour le même horizon. Elle précise que ces chiffres se basent sur de nouvelles données économiques et démographiques ainsi que sur les résultats d’études portant sur l’identification d’un certain nombre de leviers permettant de consolider la transition énergétique. « En 2012, nous avions une approche normative en raison de la considération du facteur quatre (division par quatre des émissions de GES). En 2017, nous avons travaillé de façon plus évolutive pour arriver aux objectifs de 2050 », indique David Marchal. « Les scénarios sont liés à la modification des usages de la société qui changent la donne sur la consommation d’énergie », précise-t-il.

Tenir le rythme des rénovations de logements

 

Le nouveau scénario prévoit une baisse de la consommation totale d’énergie de 29 % en 2035 par rapport à 2010 et de 45 % en 2050. C’est dans le secteur des transports que l’Ademe anticipe la baisse la plus importante : -41 % pour la période 2010-2035 et -34 % pour la période 2035-2050. Le secteur du bâtiment (résidentiel et tertiaire) verra ses émissions baisser de respectivement 29 % pour la première période et de 18 % sur la deuxième.

Dans le secteur du bâtiment, la baisse des émissions est liée au rythme de la rénovation thermique. « 400 000 logements ont été rénovés en 2016. Nous préconisons une rénovation plus poussée au rythme de 500 000 logements par an qui va s’accélérer après 2030 pour atteindre 750 000 logements par an. C’est un rythme soutenu qu’il faut tenir », concède-t-il. Ce dernier chiffre est en baisse par rapport au 1 million de logements rénovés préconisés dans le premier scénario. Dans le secteur tertiaire – 80 % de l’économie française, rappelle David Marchal – l’Ademe calcule une baisse de la surface par employé de 20 % en raison, là encore, de changements de comportement des individus, comme l’extension du télétravail.

 

Des mesures complémentaires nécessaires

 

« Nos travaux montrent que l’atteinte des objectifs de la loi (diviser par deux la consommation d’énergie finale en 2050) nécessite d’accélérer la trajectoire avant 2035 sur les deux grands chantiers prioritaires que sont la mobilité et le bâtiment », poursuit David Marchal. « Seulement, ces objectifs ne sont pas nécessairement accompagnés de mesures pour y parvenir. À titre d’exemple, la loi présuppose l’augmentation du logement collectif mais ne définit pas de mesures qui permettraient d’en augmenter le nombre. C’est à ce niveau que nous intervenons. » Il s’agit donc pour l’Ademe de contribuer aux travaux de mise à jour de la stratégie nationale bas carbone et de la programmation pluriannuelle de l’énergie pour la période 2019-2023 en définissant un certain nombre de mesures concrètes. « La mise en place de mesures complémentaires est indispensable, sous peine de ne pas atteindre les cibles fixées par la loi sur la transition énergétique », prévient-il.

Ces mesures sont présentées en 17 groupes différents qui pourraient être mis en œuvre dans tous les secteurs. Elles permettraient de réduire de plus de 20 millions de tonnes de CO2 les émissions annuelles de la France (sur un total de quelque 420 millions de tonnes en 2015) :

 

Un contexte politique favorable

 

À la question de savoir si l’Ademe est convaincue de l’impact des mesures qu’elle propose, David Marchal répond : « Oui, elles sont réalisables. Le contexte politique s’y prête. Le gouvernement a affiché un plan climat volontariste et ambitieux. Il faut y ajouter la taxe carbone qui est un signal fort, elle va dans le bon sens. » Il note qu »une évolution se fait, et pas seulement chez les politiques, mais aussi dans les régions et les communes. La dynamique est bonne ». Quant à l’intérêt que peut prêter le gouvernement aux mesures proposées, il considère que celui-ci « va pouvoir piocher » parmi elles.

David Marchal conclut sur le bénéfice pour l’économie française en termes de création d’emplois et de croissance que la mise en œuvre de la transition énergétique pourrait créer : jusqu’à 900 000 emplois supplémentaires en 2050.

 

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