Paysage

Sarralbe remporte le prix des entrées de ville et des franges urbaines

Mots clés : Conservation du patrimoine - Gouvernement - Manifestations culturelles

Lauréate du concours national des entrées de villes et de reconquête des franges urbaines, Sarralbe explicitera sa démarche le 6 décembre au colloque que Paysage Actualités consacrera à ce sujet. Réuni le 25 novembre au ministère de la Culture par les associations Sites et cités remarquables de France et Patrimoine Environnement, le jury a également accordé une mention spéciale à Rennes.

Sarralbe (4600 habitants en Moselle) a remporté le 25 novembre le concours national « Entrées de ville & reconquête des franges urbaines ». Après la visite du site par le rapporteur Denis Grandjean, expert en urbanisme pour Sites & Cités remarquable de France, l’originalité du point de vue a convaincu le jury auquel a participé Paysage Actualités : plutôt que de se focaliser sur ses entrées routières, la commune s’est concentrée sur ses infrastructures fluviale et cyclable. Achevée en juillet 2015 après une opération d’1,5 millions d’euros à la confluence de l’Albe et de la Sarre, la reconversion d’anciennes emprises portuaires a échappé à la tentation de la zone commerciale : un parc entoure le complexe sportif et culturel dont les liaisons douces constituent un prolongement extérieur. La commune a porté pendant deux mandats cette vision développée avec l’architecte mosellan Patrick Engasser.

 

Attractivité touristique

 

Les plaisanciers en provenance de Strasbourg, Sarrebruck ou Nancy s’arrêtent à la halte fluviale, avant d’admirer l’Albe depuis le nouveau belvédère qui la surplombe, sur le chemin piétonnier. Les cyclistes peuvent rejoindre le centre-ville et la piste cyclable franco-allemande « Vis-à-vis », grâce à la nouvelle passerelle sur cette rivière. En toile de fond, Sarralbe illustre l’effort coordonné des riverains de la Sarre pour conquérir une attractivité touristique sur un territoire transfrontalier et post-industriel, entre Sarrebourg et Sarrebruck.

 

L’archétype routier de Senlis

 

La délibération s’est jouée à un cheveu, pour désigner ce dossier représentatif des franges urbaines, face à une candidature plus orientée vers les entrées de ville stricto sensu : présentée au jury par l’architecte honoraire Pierre Colboc, membre de Patrimoine Environnement, Senlis, dans l’Oise, a résolu avec peu de moyens la question clé de la route qui pénètre dans un bourg. Sur une longueur de 350 m et sans rondpoints ni ralentisseurs, la conscience de l’entrée en ville repose sur la densité croissante de la végétalisation des accotements traitée en trois strates : des arbres, des parterres et des haies arbustives.

 

Désenclavement à Autun

 

Dans le registre du désenclavement d’un quartier périphérique, la candidature d’Autun (Saône-et-Loire) a également séduit le jury : à l’issue du programme de rénovation urbaine qui s’est joué en même temps que la fusion entre la ville centre et sa voisine Saint-Pantaléon, des liaisons douces soudent les deux entités, tandis que les habitants du quartier rénové s’initient au jardinage partagé.

Deux dossiers moins aboutis témoignent de l’intérêt des élus locaux pour leurs entrées de ville et franges urbaines : après la mise en service de son contournement routier, Combourg (Ille-et-Vilaine) a requalifié les sites clés de son axe central. Malgré les épreuves qu’elle traverse et les contraintes posées par son port et ses autoroutes, Calais multiplie les efforts pour végétaliser et enjoliver ses entrées de ville, mais peine à sortir des gabarits et des cloisonnements issus du tout automobile.

 

Rennes en majesté

 

Enfin, la démonstration paysagère de Rennes, dans la requalification de l’avenue Henri Fréville, justifie la mention spéciale du jury : la ville a tenu le pari lancé dès l’an 2000 avec l’étude de programmation du cabinet Germe, décliné dans deux tranches opérationnelles. Dans les emprises les plus proches de la rocade, le paysagiste Thierry Laverne a inversé le point de vue suggéré par le concours des entrées de ville : il désigne l’espace reconquis par les promeneurs comme « l’entrée en campagne », entre les deux voies routières qui délimitent une emprise de 80 m de large.

Mais comment comparer ce projet de 25 millions d’euros, mené par une ville de 211 000 habitants, avec l’avenue de Creil de Senlis, dont la requalification a mobilisé 200 000 euros ? Le critère de la reproductibilité a dicté l’arbitrage du jury de la 14ème édition du concours, en phase de relance après sa suspension en 2015.

 

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