Performance énergétique

Salon des maires : Diviser par deux ses dépenses d’éclairage public, c’est possible

Mots clés : Eclairage - Eclairage urbain - Electricité - Etat et collectivités locales

L’éclairage urbain peut atteindre la moitié du budget électricité d’une commune. La ville de Troyes a réduit de 58 % la consommation d’énegie de ce poste, notamment en modulant le niveau d’éclairement en fonction des plages horaires.

L’éclairage urbain était sous les projecteurs au Salon des maires et des collectivités locales, qui s’est tenu du 25 au 27 novembre 2014 à Paris-Porte de Versailles. De nombreux exposants réunis dans le pavillon 3 proposaient des solutions pour mettre à niveau des installations vieillissantes et réduire les dépenses d’énergie tout en garantissant aux citoyens la sécurité d’un service public d’éclairage de qualité et en réduisant les pollutions lumineuses.

 

40 % de la facture électrique

 

Le syndicat de l’éclairage, qui regroupe une cinquantaine de membres fabricants de lampes et de matériels d’éclairage, estime que les deux tiers du parc ont plus de trente ans et qu’il est possible de diviser rapidement d’au moins la moitié les coûts d’énergie et d’entretien (voir les fiches de retours d’expérience) sans pour autant adopter des solutions radicales en éteignant l’éclairage des communes. Même son de cloche à l’Association française de l’éclairage (AFE) qui rappelle que l’éclairage public représente  plus de  40 % de la facture électrique des collectivités locales et qui œuvre pour « éclairer juste », de la manière la plus adaptée possible, sans privation ni abus. Le Cluster Lumière, créé en 2008 à Lyon et fort de 170 adhérents, coordonne de son côté des projets de recherche sur l’éclairage public et est à l’origine du mastère « éclairage urbain »ouvert en septembre dernier à l’INSA Lyon. Autant dire que l’éclairage public mobilise les énergies.

 

Faire la chasse au sur-éclairement

 

Exposant sur le Salon des maires, BH Technologies a présenté au cours d’une conférence le retour d’expérience de la ville de Troyes (Aube) qui a fait appel à son expertise pour mettre en œuvre une politique volontariste visant à réduire massivement ses consommations d’éclairage public. Philippe Badaroux, président de cette société grenobloise, assure que l’on peut rapidement diviser par deux la consommation de l’éclairage urbain sans remplacer tout le matériel dont le taux de renouvellement «naturel » n’est que de 3 % par an. Ce qu’il préconise, c’est la chasse au sur-éclairement, à la surconsommation. « Il y a généralement trop de points lumineux et une durée de fonctionnement élevée (4000 à 4500 heures par an). Il faut donc adapter le service au besoin, éclairer fort en début de soirée puis réduire la puissance d’éclairement après 20 h ». Les villes seraient en effet sur-éclairées 75 % du temps : sur 4100 heures d’éclairage par an, 3050 heures correspondent à la plage horaire de 22 h 30 à 6 h 30, a calculé BH Technologies. C’est donc sur ce créneau qu’il faut porter les efforts d’économie.

 

Détecteurs de présence

 

A Troyes, ville de 62 000 habitants équipée de 8 726 points lumineux et 205 km de réseau, le plan lumière lancé en 2005 visait à concilier visibilité, esthétique, sécurité, économie d’énergie et réduction de la pollution lumineuse.

La première mesure a consisté à abaisser le niveau d’éclairement entre 22 h et 6 h grâce à l’installation d’horloges astronomiques sur les quelque 200 armoires électriques. Les nouvelles technologies LED ont également permis de gagner en qualité d’éclairement tout en économisant de l’électricité pour la mise en valeur des édifices. Ainsi, note Jean-Pierre Gyejacquot, directeur général de la ville de Troyes, « la puissance installée pour éclairer le musée d’art moderne a été divisée par seize grâce à l’emploi de LED ». La ville a poursuivi son effort en programmant sur trois ansle renouvellement des sources lumineuses anciennes. Enfin, la ville a expérimenté en 2014 des détecteurs de présence sur un quartier pour moduler le niveau d’éclairement.

Bilan : malgré une hausse des tarifs d’électricité de 21 % entre avril 2011 et avril 2014, la commune a réduit ses coûts d’éclairage de 24 % sur cette période. La diminution de consommation atteint 58 %.

« Si la démarche de Troyes est particulièrement exemplaire, admet Philippe Badaroux, d’autres villes parviennent très facilement à une réduction de 30 à 40 % de leurs dépenses d’éclairage urbain ».

 

Vous souhaitez réagir

Pour commenter l'article, vous devez être identifié ou vous inscrire
S'identifier

Pour accéder aux contenus et services en accès libre, identifiez-vous

Mot de passe oublié
S'inscrire

Vous souhaitez vous inscrire aux services proposés en accès libre.

Newsletter quotidienne et thématiques, alertes e-mail, commentaires sur les articles...

S'inscrire
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X