Aménagement

Saint-Nazaire s’adapte aux carnets de commande des chantiers navals STX

Alors que le débat s’enflamme autour d’une éventuelle prise de contrôle par l’Etat français des chantiers STX, Saint-Nazaire reste sereine et prépare l’avenir quel que soit le scénario. Pour garantir la compétitivité industrielle du site, la zone industrialo-portuaire va connaître une profonde requalification à partir de 2017.

Qui prendra le contrôle des chantiers navals de Saint-Nazaire, aujourd’hui détenus par STX Offshore & Shipbuilding, principal actionnaire qui a été placé en redressement judiciaire au début de septembre ? La question agite le monde politique, la construction navale étant une des industries stratégiques pour un pays comme la France.

Deux candidats étrangers, l’italien Fincantieri et le néerlandais Damen, se disputent la reprise de la dernière grande entreprise française du secteur. Un temps pressenti, l’Etat français ne devrait finalement se contenter de «peser dans le choix du repreneur» selon le secrétaire d’Etat à l’Industrie, Christophe Sirugue. L’objectif du gouvernement est que «les chantiers de Saint-Nazaire puissent disposer d’un actionnariat industriel solide capable d’accompagner leur développement sur le long terme».

«Accompagner le développement des chantiers sur le long terme», c’est aussi l’objectif de la ville de Saint-Nazaire qui lance un vaste programme d’aménagement et de requalification du site. Fin 2018 ou début 2019, la zone industrialo-portuaire de Saint-Nazaire/Montoir-de-Bretagne – où sont construits les plus gros paquebots au monde – devrait être largement requalifiée pour faire face aux besoins de la cinquantaine d’entreprises qui occupent ce site de 200 hectares. «Le projet était dans les cartons dès 2010 mais l’accélérateur majeur a été les récentes commandes de nos chantiers navals» explique David Samzun, maire (PS) de Saint-Nazaire et président de la communauté d’agglomération de la région nazairienne et de l’estuaire (Carène). «Si nous n’avions pas pu le lancer, STX aurait été contraint de recourir en grande partie à de la sous-traitance externe. Or, ma priorité, c’est l’emploi» ajoute l’élu.

 

Consensus autour d’un projet en trois grandes étapes

 

Les études d’avant-projet ont été réalisées en 2014. En moins de deux ans – un record pour ce type d’investissement – plus de 30 millions d’euros ont donc été mobilisés pour financer l’opération. De fait, le projet était largement partagé par tous les partenaires: le Grand Port Maritime de Nantes Saint-Nazaire, les collectivités (département de Loire-Atlantique, ville et agglomération de Saint-Nazaire, région des Pays de la Loire), l’Etat et les entreprises STX et Sides. «Il y a un consensus autour de ce projet, mais je me dois aussi de mettre en avant le travail remarquable de nos services à la ville, la Carène et à l’Agence d’urbanisme de la région de Saint-Nazaire (ADDRN)» insiste David Samzun.

L’opération comprend trois grandes étapes: les travaux du hub portuaire dédié aux énergies marines renouvelables (jusqu’en 2018); le dévoiement du boulevard des Apprentis, sorte de colonne vertébrale de la zone industrialo-portuaire, et la modernisation des ouvrages maritimes comme les écluses Sud et Est, le pont du Pertuis et la forme Joubert (2017-2019); et la réalisation d’une voie routière au cœur des sites industriels, la pénétrante Sud (2019-2021). L’essentiel des opérations sera réalisé par le Grand Port Maritime, à l’exception de l’aménagement du boulevard des Apprentis, cédé à la Carène qui assurera la maîtrise d’ouvrage des travaux qui la concerne. «L’objectif est bien sûr le développement économique en adaptant les dessertes de la zone, mais aussi de créer un boulevard urbain pour le quartier du Méan Penhoet installé en lisière du site et de développer le tourisme industriel» résume David Samzun.

Doté d’un budget de 14,8 millions d’euros, le chantier à venir sur le boulevard des Apprentis résume bien ces objectifs multiples. L’actuelle route – où se croisent convois exceptionnels, habitants et touristes curieux en camping-car – sera déplacée vers le nord. L’idée est de créer, sur 1 km, un boulevard urbain (avec piste cyclable) de 22 m de large et pouvant s’élargir jusqu’à 40 m pour les transports de colis volumineux (comme des éléments d’éoliennes). Un merlon paysagé matérialisera la frontière entre le site industriel et les habitations du quartier de Méan-Penhouet. Et parce que Saint-Nazaire se rêve aussi en site touristique, un belvédère donnera sur le panorama inédit du portique géant d’assemblage des paquebots, ce colosse de 5 000 tonnes et 66 mètres de haut qui aura été déplacé pour permettre à STX d’accroître de 30% sa surface de prémontage.

 

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